‹ Post-hypophyse et délivranceChapitre 7 sur 24 · ID · texte numérisé non relu

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cornet ; cette méthode ne s’est pas répandue en France.

PouLIOT recommande d’utiliser une seringue refroidie, d’éviter les traces d’alcool sur la peau et dans la seringue : chaleur et alcool altèrent le principe actif de lhypophyse.

Pour ce qui est de la posologie, nous sommes partisans des petites doses au cours du travail, de façon à tâter la susceptibilité utérine, quitte à refaire une injection quelque temps après, si la première n’a pas donné satisfaction. En 1922, dans la « Gazette des Hôpitaux », DELESTRE conseillait d'attendre une demiheure avant de pratiquer une seconde piqûre lorsque l'effet de la première a été nul. Il est sur ce point en désaccord avec POULIOT qui, dans sa première édition réclame un intervalle de 3 heures, et 2 heures seulement dans sa deuxième édition, par crainte des effets cumulatifs. En effet, AUDEBERT cite le cas d’un accouchement en avalanche avec éclatement de l’orifice vulvaire après deux injections de 1 cc. d’hypophysine pratiquées à une heure d’intervalle, chez une femme dont l’utérus s'était montré particulièrement inerte pendant presque une journée. Maïs AUDEBERT ajoute : « J’ai bien souvent pratiqué deux injections à une heure d'intervalle et quelquefois moins, et je n’ai constaté qu’une fois de tels phénomènes de suractivité. >» Nous n’en resterons pas moins très prudents pour éviter le renouvellement de tels phénomènes.

Disons maintenant quelques mots au sujet des contre-indications. Elles sont de plusieurs ordres : utérines, pelvienne, maternelles et fœtales,

Lorsqu'il y a cicatrice utérine, en particulier à la suite de césariennes antérieures, il vaut mieux s’abstenir. Lorsque le col est rigide, on pourra tout au plus faire des doses prudentes et on exercera une surveillance attentive.

Malgré quelques bons résultats, trouvés dans la littérature, d'injection alors que la tête est au-dessus du détroit supérieur, il est bon d’être très prudent. De même lorsqu'il y a disproportion exagérée entre le bassin et la tête de l’enfant.

Les contre-indications maternelles sont : les cardiopathies, les affections aortiques, l’artério-sclérose. Dans les cas de nervosisme et d’hystérie, il est bon de n’utiliser que la voie sous-cutanée, et prudemment. On a également fait une contre-indication de l’albuminurie prononcée et permanente.

En ce qui concerne le fœtus, il faut, en cas d'urgence, préférer les moyens chirurgicaux ou mécaniques pour sauver l’enfant qui donne des signes de souffrance graves pendant le travail ou pendant

l’expulsion.

Les observations que nous rapportons ont été recueillies dans le service de notre maître M. le D' DEVRAIGNE à la maternité de l’hôpital Lariboisière. Nous avons pratiqué les recherches sur les cinq dernières années, c’est-à-dire que nous avons parcouru un peu plus de 15.000 comptes rendus d’accouchements, et avons relevé 192 observations. Nous n’en

publions qu’une partie en prenant les plus intéressantes, sans hésiter à faire paraître quelques cas malheureux, nous proposant surtout de publier des observations qui, dans chaque chapitre, ont été l’objet d’une technique différente d'injection de lextrait posthypophysaire. Ainsi, nous ne présentons que 51 observations nous permettant la discussion des différents cas. La conclusion à laquelle nous arrivons ne se déduit pas seulement de ce petit nombre d’accouchements. Nous insistons sur le fait que nous avons entrepris ce travail sans idée préconçue ; il ne faudrait donc pas nous accuser de ne parler que des observations susceptibles de servir cette idée. D’autre part, il est bien évident qu’une statistique pour être rigoureusement exacte ne devra pas s’appuyer uniquement sur cette publication, mais sur un total de 40 pour les injections faites pendant le travail et 151 pour les hémorragies de la délivrance. Nous n’avons qu’un seul cas d’injection faite aussitôt après la sortie de l’enfant. Soit au total 192 observations.

Ceci étant mis au point, il nous reste, avant d’entrer de plein pied dans le sujet, à exposer le plan que nous allons suivre pour étudier l’action de l'extrait post-hypophysaire sur la délivrance. Nous avons divisé ce travail en quatre chapitres, dans lesquels nous verrons successivement l’action de l’extrait posthypophysaire injecté :

1° Au cours de l’accouchement :

a) Pendant la période de dilatation, b) Pendant la période d'expulsion.

2° Pour hâter la délivrance.

3° Pour hémorragie utérine précédant la délivrance.

4° Pour hémorragie utérine après la délivrance.

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