‹ Poste restante: romanChapitre 3 sur 12 · LE PAS DECISIF · texte numérisé non relu

LE PAS DECISIF

Fiancé à mademoiselle Tavers et le mariage ayant été fixé à six semaines de là, Montagny venait la voir tous les jours et même plusieurs fois par jour, lorsque ses occupations le lui permettaient.

Jamais elles ne lui avaient semblé plus absorbantes ni plus lourdes. S'il se fût écouté, il eût

dontié sa démission dès le lendemain des fiançailles. Mais, les prières de sa mère, la crainte d'offa* roucher par une décision trop prompte, celui qu'il n'appelait plus que « papa Tavers » l'avaient retenu. Il s'était contenté d'annoncer. l'événement à son chef immédiat, le receveur du bureau, en lui demandant d'être son témoin et de solliciter officiellement un congé d'un mois, lequel devait commencer dans la huitaine qui précéderait son mariage.

Grâce à ses démarches, à la bienveillance du receveur, à la complaisance de ses camarades, il s'était assuré quelques sorties de faveur, qui se renouvelaient assez fréquemment. Tous ses loisirs, il les consacrait à Léonide. Il avait gagné sa confiance et comprenait la nécessité de la conserver jusqu'au moment où, maître de la femme et de la dot, il pourrait, sans risquer de les voir s'échap* per, agir à sa guise.

Séduite, dès le premier jour, par ses belles ma* nières et ses paroles dorées, la petite fiancée était de plus en plus sous le charme. Elle aimait de toute son âme. D'heure en heure, elle s'attachait davantage à cet heureux vainqueur qui, si vite, l'avait prise et dont elle croyait l'amour égal au sien. Il avait promis de la chérir toujours, appuyé de serments solennels ses promesses, enveloppé ses dires des formes les plus éloquentes. Pourquoi eût-elle douté de lui? Elle y croyait et répondait à ses déclarations amoureuses avec toute l'ardeur

de sa jeunesse, convaincue qu'elle ne paierait jamais assez cher le tendre dévouement dont elle recueillait à toute heure les témoignages.

Du reste, dans la maison, tout le monde était conquis, le père et la mère comme la fille. Après s'être d'abord effrayés d'avoir donné si vite leur consentement, ils étaient maintenant rassurés par îa jovialité et l'heureux caractère de ce beaugarçon qui semblait s'être proposé de prévenir tons leurs désirs.

— Il adore sa fiancée, cela se voit, disait le papa Ta vers.

— Et il nous la laisse, reprenait la mère. Il n'y aura rien de changé ici après qu'il l'aura épousée, sinon que nous aurons un fils.

Ainsi se manifestait leur joie. Elle se traduisit même par une promesse à laquelle Montagny ne s'était pas attendu. Un jour, au moment où il partait après une longue visite, ramené jusqu'à la porte par Léonide et par ses parents, le papa Tavers,dan8 l'excès de son contentement, déclara tout net qu'au jour du contrat, il y aurait des surprises. Le lendemain, Montagny apprit par sa fiancée que son futur beau-père avait spontanément résolu dégrossir le chiffre de la dot.

-r- Pauvre père, ajouta Léonide, il ne sait comment vous prouver sa reconnaissance pour tout le bonheur que vous apportez dans notre maison.

— Mais ce bonheur est votre œuvre, s'écria

Montagny, et j'en ai recule prix quand vous avez consenti à devenir ma femme !

Cette réponse jeta Léonide dans un ravissement inexprimable. D'avoir trouvé un tel mari^, elle se considérait comme la plus heureuse des femmes. Elle bénissait le ciel qui avait mis sur son chemin cet homme incomparable et voulu que leurs existences furent associées.

Il y avait alors quinze jours qu'elle portait sa bague de fiançailles. Pendant ce temps, elle n'avait cessé de se féliciter de son choix. Son fiancé se révélait à elle si doux, si docile, si tendre, consentant à tout ce qu'elle désirait, n'opposant jamais à ses projets ni contradiction ni critiques, disant toujours amen! Elle en était encore à chercher en vain ses défauts. Elle ne lui en découvrait pas. Elle ne découvrait en lui que des qualités. Aussi la voyait-on, du matin au soir, rayonnante, et Tentendait-on emplir de chansons le logis où l'amour était entré avec toutes ses félicités et toutes ses ivresses.

Chaque fois qu'arrivait son Roger, elle se précipitait pour le recevoir; elle lui offrait le plus radieux visage. Elle s'emparait de lui, en femme qui ne voulait déjà plus d'autre compagnon pour ses promenades. N'ayant rien à lui taire, elle lui disait tout, ardemment soucieuse de lui prouver qu'il était le maître de son cœur et toujours disposé à craindre de ne le lui avoir pas assez prouvé.

Tant de confiance aurait touché Têtre le plus insensible^ et si peu préparé qu'il fût à saisir toute la beauté de ces sentiments délicats et puissants, Roger ne se dissimulait pas la valeur du trésor sur lequel il avait mis la main. Pressé de le posséder, il ne méconnaissait pas combien sa vie pourrait être belle, quand il le posséderait, s'il savait l'apprécier et s'en rendre digne, et les bonnes résolutions auxquelles, pendant trop longtemps, son âme avait été rebelle, s'imposaient plus fréquemment à lui sans qu'il se révoltât contre la pensée de les exécuter.

Puisque rien qu'à suivre la route droite, il pouvait être heureux, il la suivrait. Sans doute, il ne resterait pas commis des postes ; l'emploi était trop dur, trop improductif. Mais dans la carrière nouvelle qu'il rêvait d'embrasser, il se conduirait en honnête homme. C'était bien assez d'avoir cessé de l'être un moment, d'avoir violé le secret d'une correspondance privée. Mais, cela, il ne le recommencerait pas. Il le jugeait inutile et dangereux. Demander la fortune à des procédés clairs et loyaux lui semblait la suprême habileté.

On peut voir à ces traits qu'à cette heure, l'influence d'une femme opérait en lui des métamorphoses. De plus en plus, la mauvaise action qu'il avait commise s'enfonçait dans la brume de ses souvenirs. 11 n'y pensait plus, elle ne l'absorbait plus et s'il se rappelait encore les lettres de l'inconnue, c'était pour se reprocher de les avoir lues,

pour se promettre de n'eu jamais faire usage.

Ses regrets et sa résolution prirent bientôt assez de consistance pour l'inciter à se délivrer dans l'avenir de la tentation à laquelle il avait une fois succombé, en détruisant les papiers mystérieux d'où elle était sortie entraînante et irrésistible.

— Eh bieu:, je les détruirai, je les brûlerai, sa promit-il un soir où^ dans les yeux caressants de Léonide, il avait lu la certitude d'un bonheur qu'il ne devrait qu'à lui-même et qui n'engendrerait pas de remords.

Le malheur fut que ce bon mouvement ne dura pas; ce qu'il avait décidé de faire, il l'ajourna au lieu de le faire sur-le-champ. Il l'avait remis au lendemain, bien loin de se douter que le lendemain un incident inattendu rouvrirait brutalement son âme aux espoirs malsains et aux calculs coupables dont il avait secoué le joug.

Ce jour-là était un dimanche^. Il avait conduit sa mère au bois, où Léonide devait les rejoindre avec ses parents. Dans l'allée de Longcharop, théâtre de leur première rencontre, il s'était assis en l'attendant. Tout au désir de la voir paraître, il regardait distraitement le banal défilé des voitures et des promeneurs^ spectacle familier pour lui, qui ne pouvait plus, il le croyait, lui apporter des surprises.

Mais, voilà qu'à travers la procession monotone qui circulait sur la chaussée, se fit jour un équipage dont l'élégance raffinée tranchait vivement

sur la vulgarité des voitures^ fiacres, tapissières, landaus de louage, ordinaire mode de transport du public des dimanches. C'était une Victoria attelée de deux chevaux noirs, dont avait quelque peine à maîtriser la fougue un cocher en livrée sombre^, à côté duquel se tenait, vêtu comme lui, un valet de pied à la figure impassible et les bras croisés.

Cet équipage révélait si visiblement l'opulence de ses maîtres que tout le monde se retournait pour voir ceux-ci, un homme de haute mine, grisonnant et décoré, une femme blonde — sa femme assurément — à physionomie mélancolique et rêveuse, belle encore, quoiqu'elle ne parût pas toute jeune, et, en face d'eux, une jolie jeune fille, leur fille on n'en pouvait douter, quinze ans au plus, vêtue de blanc comme sa mère et comme elle, couronnée d'une opulente chevelure blonde, dont les boucles débordant d'un chapeau en paille, fleuri de marguerites, s'étalaient en manteau sur ses épaules.

— Regarde, dit vivement madame Montagny à son fils. Voilà qui nous change.

Il suivit le regard de sa mère et demeura saisi, hors d'état de répondre, tant le serrait à la gorge l'émotion qui s'emparaît de lui. Ces riches, ces heureux du monde, qui excitaient l'envie de la foule dont les rangs pressés s'ouvraient devant eux, il les reconnaissait.

La femme était celle qu'assis à son guichet, il

avait vue à deux reprises trembler devant lui. Comment s'y serait-il trompé, alors qu'il gardait dans l'oreille le son de sa voix et dans sa mémoire où elle était empreinte l'image de sa beauté charmante, de ses yeux de rêve, ces yeux énigmatiques, troublants comme l'eau qui dort ? Oui, c'était bien elle, et s'il avait pu en douter, la présence du mari, qu'il reconnaissait aussi, aurait dissipé ses doutes.

Tout arrive, et le hasard ramenait à d'improviste devant lui les acteurs du drame, non pas seuls, mais avec eux, l'innocente enfant qui portait un nom auquel elle n'avait pas droit^ cette Alberte, fruit de la faute, dont la naissance avait entraîné la séparation des amants à qui elle devait le jour.

— En voilà trois sur quatre, se dit Montagny ; trois dont je tiens la destinée dans mes mains, puisque leur secret n'en est plus un pour moi. Si je voulais pourtant...

Un sourire de raillerie et de menace compléta sa pensée. Cette apparition^ venait de ressusciter en lui l'homme ancien, celui sur qui les suggestions mauvaises avaient tant d'empire, de réveiller ses ambitions et de lui montrer de nouveau dans ces personnages d'une histoire d'amour, ignorée, les artisans de sa fortune future, s'il était assez habile et assez audacieux pour les contraindre à le servir.

En cette minute, la jolie Léonide perdit la pres-

que totalité du terrain qu'elle avait conquis en quinze jours. D'autres influences reprenaient Montagny, l'enveloppaient et rallumaient en lui le désir de savoir enfin qui étaient ces gens-là.

-^ Je fais quelques pas et je reviens^, dit-il soudain à sa mère en se levant.

Et sans attendre qu'elle lui répondît, il se jeta d'un pas précipité dans la foule des promeneurs. Jouant des coudes à travers cette foule, il suivait à distance le brillant équipage. Il lui était aisé de ne pas le perdre de vue, les chevaux n'avançant qu'avec lenteur. Son unique préoccupation consistait à ne pas se laisser prendre en flagrant délit de surveillance par ceux qu'il surveillait.

Comment il parviendrait à connaître leur nom, alors qu'il ne pouvait le leur demander à euxmèmeSj il ne savait. Mais il était bien résolu à le connaître. Le hasard venait de le servir en les mettant sur sa route. C'est sur ce même hasard qu'il comptait encore pour arriver à ses fins.

Il y avait à peine cinq minutes qu'il cheminait à la suite de la voiture, lorsqu'il vit venir de son côté un promeneur que ses allures de vieux militaire, sa prestance et comme un parfum d'aristocratie répandu sur toute sa personne distinguaient des gens qu'il croisait. Assurément, il n'appartenait pas au même monde que la plupart d'entre eux. Au milieu d'eux, il avait l'air dépaysé et quelque peu surprix de s'y trouver. IJ marchait la této

haute, le regard fixé sur la file des voitures où il semblait chercher quelqu'un.

L'attention de Montagny, attirée Un instant par ce promeneur, ne se fût pas attardée à l'observer s'il ne l'avait vu, au passage de la voiture^, que lui-même suivait, se découvrir et envoyer un grand salut auquel un coup de chapeau répondit, s'arrêter après qu'elle eut passé et se retourner pour l'accompagner des yeux, preuve qu'il connaissait cet homme et cette femme. Cette circonstance fit de lui, sur l'heure, aux yeux de Montagîiy, un seigneur d'importance et le dispensateur des renseignements qu^il cherchait. Mais comment les obtenir de lui, si ce n'est en payant d'audace?

En fait d'audace, le fiancé de mademoiselle Tavers n'avait rien à apprendre. On l'a déjà jugé comme un homme entreprenant, à qui les obstacles ne font pas peur et tel on l'a vu déjà, tel il se montra, sous l'empire de l'idée fixe qui le dominait. Aussi inventif qu'audacieux, il s'était, sur-lechamp, armé de tous les motifs propres à justifier la démarche anormale à laquelle il venait de se décider. Il se rapprocha du promeneur.

— Vous admirez ces chevaux, monsieur, dit-il avec désinvolture et comme si c'eût été chose naturelle d'adresser la parole à un inconnu. Pourriezvous me dire le nom de leur propriétaire ?

Un regard où l'impertinence le disputait à la surprise tomba sur lui et une voix gouailleuse lui répondit :

— Voulez-vous les acheter?

Cette question dictée par le dédain ne le déconcerta pas. Elle fournissait un bon prétexte à la sienne.

— Oh 1 pas pour moi, fît-il. Je n'ai pas les moyens. Mais je m'occupe de chevaux. Un riche Anglais m'a chargé de lui procurer un bel attelage et si le propriétaire de celui-ci était disposé à le vendre...

— Allez-le lui demander, interrompit le promeneur. C'est M. Jacques Rivais, banquier à Paris.

Sans rien ajouter, il tourna les talons, marquant ainsi combien il avait hâte de se délivrer de cet importun. Montagny ne se sentit pas humilié par ces marques visibles de dédain. Il savait ce qu'il voulait savoir. Il y eut de la reconnaissance dans le salut par lequel il formula ses remerciements.

Il revint alors sur ses pas, laissant son interlocuteur prendre de l'avance et tout joyeux de ce qu'il avait appris. A d'autres que lui, le nom qu'il venait d'entendre n'eût peut-être rien dit. Mais il était assez au courant des choses de la finance pour ne pas ignorer ce que ce nom représentait de richesses, d'influence, de crédit sur la place. La maison Rivais existait depuis plus d'un siècle. Elle figurait au premier rang parmi les banques de Paris, mêlée à toutes les grandes affaires, ayant des relations dans le monde entier, toute-puissante sur les divers marchés de l'Europe. Ses opérations se chiffraient par un nombre respectable de millions. A la Bourse, toute valeur montait quand on

savait que Jacques Rivais en était acheteur; elle baissait quand on le savait vendeur..

Entrer dans les bonnes grâces d*un homme tel que celui-là, c'était la fortune à brève échéance. Et c'était cet homme que Montagny pouvait faire marcher^ non directement, mais par l'entremise de sa femme, sa femme dont il possédait le secret. Il n'avait qu'un geste à faire, qu'un mot à dire pour qu'elle se montrât docile à ses désirs et se dévouât à l'effet de les réaliser. Que ne pouvait-il attendre d'elle, alors que de son propre aveu il l'avait sauvée? En le lui disant, ne s'était-elle pas engagée à le servir? Et si la reconnaissance ne suffisait pas à la rendre souple et docile, la menace n'y réussirait-elle pas ?

Ces considérations assaillirent toutes à la fois resprit de Montagny, ranimant les espoirs auxquels il avait renoncé, réveillant ses mauvais instincts, faisant briller à ses yeux, dans un avenir prochain, la perspective d'une opulence qui serait promptement acquise s'il savait utiliser le levier qu'il avait en mains.

Cette fois, l'effet de ses réflexions fut décisif, aussi décisif que rapide. Son parti était pris. Il irait de l'avant à tous risques. Il y était résolu lorsqu'il rejoignit sa mère, moins d'une demi-heure après l'avoir quittée. Il s'était composé un visage de calme et de sérénité. Elle n'y put surprendre aucun vestige des résolutions qui venaient de faire définitivement de son fils un coquin. Il n'y a que

les coupe-jarrets, en effet, pour se résoudre à ce qu'il se proposait d'accomplir.

Durant sa courte absence, les Tavers étaient arrivés. Léonide attendait impatiemment son retour. Il n'eut pas de peine à justifier son éloignement momentané. Elle crut au banal prétexte qu'il invoqua et pas plus que ses parents, pas plus que madame Montagny, elle ne soupçonna les desseins de son fiancé. Il s'appliqua, du reste, à la tromper. A cette heure encore, il ne renonçait pas à l'épouser. Les écus du papa Tavers exerçaient sur lui le même attrait. Quelle que dut être sa fortune un jour, ils ne la dépareraient pas et il les trouvait bons à prendre.

Il n'y eut donc aucun changement dans son attitude envers Léonide. Jusqu'au soir, il l'entretint de son amour ; il la charma de ses propos. Lorsque, à la fin de la journée, ils revinrent chez les Tavers, où tout le monde devait dîner, elle goûta dans sa plénitude le bonheur de marcher librement, appuyée au bras de celui qu'on aime, et lorsque après une soirée divine, l'heure de se séparer fut venue, son cœur débordait de joie et d'ivresse, tant elle s'était sentie aimée et tant elle aimait.

Que ne pouvait-elle suivre le misérable à qui elle se donnait avec cette ardeur, l'accompagner dans sa chambre! Elle aurait vu tomber alors le masque trompeur sous lequel il avait caché, durant cette journée, ses visées, ses calculs, ses pro-

jets. Elle l'aurait vu lui-même prendre, dans le tiroir où il les tenait cachées, les lettres de madame Rivais à son amant, les relire, y puiser des arguments en vue de ce qu'il préparait. Et si elle avait pu pénétrer dans les replis de cette âme obscure, elle aurait assisté à la formation leiite et rai sonnée du plan sur lequel son Roger élevait l'échafaudage de ses démarches louches et rusées. Mais, à l'heure où il s'apprêtait au crime, elle s'endormait confiante, bercée par l'espérance d'un avenir radieux.

Montagny ne dormit pas d'un sommeil aussi paisible. Trop de pensées l'agitaient et quelles pensées ! Elles le poursuivirent jusqu'au matin. Les premières lueurs du jour blanchissaient le ciel quand ses yeux se fermèrent et le soleil se levait à peine quand ils se rouvrirent. Néanmoins, il ne s'attarda pas dans son lit. Il avait hâte de sortir pour se procurer l'adresse de madame Rivais et s'informer du moment où il pourrait se présenter Obligé d'être à son bureau à huit heures, il avait tout juste le temps de recueillir ces informations.

Sur la place des Ternes, il entra dans un café. A sa demande, un garçon qui était en train de balayer lui apporta le « Tout-Paris ». Il eut bientôt trouvé l'adresse qu'il cherchait : « Rivais (Jacques) 0. * banquier, et madame née de Brucourt, Coursla-Reine 50, et château de Bellache, par Blois (Loiret-Cher. ) » Il ne s'attarda'pas à s'enquérir de l'adresse de la banque. Pour le moment, celle du domicile

ii-ii'i lui oiiffisait. C'est là que sa première démarôtre faite et c'était justement dans le le son bureau.

.d'heure plus tard, sur le Cours- la-Reine devant un somptueux hôtel qu'un jarrasse séparait du quai. A la droite de ! trouvait l'entrée, porte monumentale, Q sommet et peinte en vert. Cette porte 'ouvrir. Du fond du haut couloir voûté )uvrit, Montagnyvit avancer un coupé ; passa devant lui assez lentement pour e temps de reconnaître madame Rivais seule et de s'assurer qu'elle ne regarson côté.

; de ne l'avoir pas reconnue, il s'approtier qui refermait la porte.

me Rivais est-elle à Paris ? lui deman-

Y est jusqu'à demain. Madame et nionnt demain pour la campagne.

îUe heure reçoit -elle ?

■eçoit quand elle est là, et elle sera reni. Mais madame ne reçoit pas tout le lutale portier.

ir l'accent, Montagny se crèta.

suis pas tout le monde. Sur le vu de elle me recevra. Voici ma carte. Je redeux heures. Votre maitre sera-t-illàî r changeait de ton et répondit empressé : ou, monsieur. A deux heures, monsieur

est à la banque et si c'est à lui que monsieur a à faire...

— C'est à madame^ répliqua Montagny très digne. Vous voudrez bien lui annoncer ma visite.

Page 1