‹ Posthumes et revenantsChapitre 2 sur 43 · VIEILLES MŒURS, VIEILLES AMOURS · texte numérisé non relu

VIEILLES MŒURS, VIEILLES AMOURS

G*est un étrange amour que celui de la comtesse de Sabrau et du chevalier de Boufflers» vers 1785 ^.

Je ne médis pas du xviii^ siècle. J*aime ses philosophes, ses écrivains, ses savants, ses philanthropes. J*aime cette société que d'excellents écrits nous ont récemment montrée, M. Camille Rousset dans le Comte de GùorSf M. de Loménie dans if"** de Rochefort^ M. Geoffroy dans Gustave III. J'aime ces femmes qui ont le cœur si honnête, Taccueil si courtois, les sentiments si humains, dans un abaissement trop général. J'admire ces patriciennes qui écrivent aux monarques du Nord des leltres si libérales. Et, malgré tout, quand le siècle commence à se faire vieux ; quand nous approchons de la

1. Correspondance inédite de la comtesse de Sabran et du chevalier de Bouffiers (1778-1788), recueillie et publiée par E.de Magnien «C Henri Prat. (Paris. Pion, 1875.)

fin trop prévue; quand les mœurs, après avoir ti^aversé la corruption qui a suivi le règne de Louis XIV et celle qui a régné avec Louis XV, arrivent à la veille de la Révolution, sans forc# pour la résistance comme pour Tadhésion; — quand Tamour n'est plus qu'un mot vide de passion, le mariage une banalité, la famille un embarras, les devoirs de la vie intime une chaîne que le plaisir ne sait plus rendre légère; — la société, honteuse du passé, ennuyée du présent, soucieuse de Tavenir, semble s'arrêter comme sur le bord de l'abîme, qui va l'engloutir sans retour. Elle s'arrête, moins effrayée que fatiguée, d*ennui presque plus que de peur. Ce luxe insolent et ces joies ruineuses d'une civilisation surfaite ne lui disent plus rien, ou plutôt ils lui pèsent comme un remords :

Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent ! Quelle importune main, en formant tous ces nœuds, A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux ? Tout m'afilige et me nuit, et conspire à me nuire...

Et que nous dit la comtesse de Sabran, d'un accent moins poétique, dans une de ses lettres au chevalier de Boufflers? « ... Je dois être bien heureuse dans la seconde moitié de ma vie, car la première a été bien orageuse. J'ai besoin de penser à cette justice distributive pour ne pas aller me pendre. . . La mort, toute hideuse qu'elle est, vaudrait encore mieux qu'une telle vie. » (Octobre, 1787.)

Us s'aimaient, malgré tout, M. de Boufflers et madame de Sabran. Un matin pourtant, au fort de cet amour, le chevalier se fait envoyer au Sénégal*

Un d'eux, s'ennuyant au logis.

Fut assez fou pour entreprendre Un voyage en lointain pays

Au Sénégal, notre voyageur, chargé du gouvernement de la colonie, a le plaisir de vivre deux ans parmi toute

sorte de tracasseries et de misères, entre les rigueurs torrides d'un climat sans pitié et les violences de TOcéan, la famine et la peste, les sauvages et les crocodiles. « Ma vie se passe à m'emiuycr, à attendre, à jurer, à désirer, à regretter, à me lever tard, à me coucher de bonne heure, à être endormi toute la journée par découragement, à être

éveillé toute la nuit par inquiétude » Pour être venu

chercher si loin une vie pareille, que laissait-il doncderrière lui?

Et la comtesse de Sabran? Veuve d'un vieux marin qui avait, de son vivant, cinquante ans de plus qu'elle, madame de Sabran avait donc bien besoin de donner son cœur, qu'elle le donnait à un libertin charmant, mais très mûr, n'étant plus elle-même dans l'âge des folies? Et quelle plus grande folie pouvait-elle faire que cellelà? a ... Adieu, lui écrit-elle en 1786 (elle avait trentesix ans, lui quarante-neuf), adieu ; je t'aime follement, malgré la Parque qui file mes jours, le temps qui se rit de mes malheurs et les vents qui emportent tous mes souvenirs... Mais comment feraient-ils ce que ton changement et ton abandon n'ont pu faire, et ce que ton oubli (c'est elle qui souligne) ne fait pas?... »

Ainsi un amoureux qui s'ennuyait en France, qui s'ennuie en Afrique, et une femme qui, d'ennui aussi, songe à se pendre à Paris, — telles sont donc les deux alternatives de cette liaison, que nous donne à juger !a correspondance instructive recueillie avec un si rare bonheur, et publiée récemment avec tant de soin.

Je n'y cherche pas malice ; je prends l'histoire telle qu'elle nous est racontée par ceux-là mêmes qui l'ont mise en action. Elle est étrange, peut-être devrais-je dire qu'elle est originale, si elle m'avait beaucoup atiaché. J'ai eu, tout au contraire, beaucoup de peine à m'y faire* Je dirai pliis lard par quelles qualités de style et de

formel par quels mérites de cœur et d'esprit elle ma relenu. Je ne m'occupe d'abord que de nos deux amoureux, en tant qu'amoureux.

Or imaginez l'agrément d'un amour qui, dans les lettres de la femme, a'est qu'une longue élégie, prodigue de récriminations, bourrée de reproches, souvent passionnée, mais toujours plaintive. «... Pourquoi étesvous parti? Vous ne m.'écrivez pas... Vous êtes un ambitieux! Vous m'abandonnez... Encore un courrier sans lettres. Tout le monde en reçoit du Sénégal, excepté moi... » Et dans le journal quotidien de l'amant, journal destiné à sa maîtresse, la plainte encore, mais sur un autre ton, ayant un autre objet ; j'en ai donné en commentant un spécimen, choisi parmi les plus doux. En réalité, le chevalier de Boufflers n a fait que changer d'ennui, et il n'est pas prouvé qu'il ne regrette pas amèrement le boudoir de madame de Sabran dans la hutte de la reine de Podor. Mais le singulier dialogue !

c Je ne veux pas te groader, écrit madame de Sabran, qui

vient de recevoir des nouvelles indirectes de son cher absent.... Tu sais que je fais un livre; je n'ai pu encore traiter que le chapitre de la irislesse et, j'ose dire^ avec succès... Ce qui me console, c*est que tout ce rabâchage ne passera pas les mers »

(fille se trompait.)

« Non, mon enfant, écrit-elle plus tard, je n'ai que faire de

ton illusion, notre amour n'en a pas besoin Ce n'est sûrement

pas Teffet de mes charmes, qui n'existaient plus lorsque tu m*as connue, qui t'a fixé auprès de moi ; ce n'est pas non plus tes manières de huron, ton air distrait et boumi.tes saillies piquantes et vraies, ton grand appétit et Ion profond sommeil quand on veut causer avec toi, qui t*ont fait aimer à la folie.... t

« ... J'aime, répond Boufilers, au milieu de mon inaction et de l^aszoupiisemment de toutes mes passions violentes, à tourner mes pensées vers celte nrjaison si chère, a t*y voir au milieu de tes occupations et de tes délassements, écrivant, peignant, lisant, dormant, rangeant et dérangeant tout, te démêlant des grandes affaires, t'inquiétant des petites, gâtant tes enfants, gâtée

par tes amis Adieu, ma femme, je l*aime comme jamais En-

dymion ai même Âctéon n*a aimé ]alune....Quand jenet'ai pas auprès de moi, ma pauvre tête est comme un vieux château dont le

concierge est absent J'ai laissé mon bonheur chez toi, comme

on laisse son argent chez son notaire *.... »

Je pourrais allonger ce dialogue. J*en recueille quelques traits presque au hasard. N'est-ce pas assez pour faire comprendre au lecteur qu'il y a là quelque chose qui manque et qu'un plus jeune amour eût trouvé, je ne sais quelle délicatesse à laquelle ne visent guère des amoureux d'une certaine maturité, qui n'ont plus rien à s'apprendre, mais qui ont « une date i dont ils échangent souvent le souvenir pour y puiser l'innocent courage de s'écrire des tendresses à brûle-pourpoint? L'ardeur de ces amoureux échanges, même sous la plume de la comtesses de Sabran, rappelle par moments, avec moins de finesse, le style d'Aline, reine de Golconde. Quanta Bouffi ers, dans ce genre il ne se refuse rien, et il n'a pas trop l'air de se rappeler, à certaines citations qu'il hasarde, que sa charmante correspondante comprend le latin. On n'est pas trop scandalisé, d'ailleurs, de voir briller de temps en temps ces vives étincelles sur ce fond triste et monotone, qu'on serait tenté de prendre parfois pour un commentaire du Traite' de la vieillesse, un de Senectute façon Pompadour, relevé de jolis amours sur le dos du livre et de tourterelles sur les plats. « Quand je me rappelle tes malices, tes folios, tes obstinations, tes colères, il me semble voir la Vénus d'Hésiode entourée de petits amours espiègles, méchants, mal morigénés, mais tous jolis à manger... »

La vieillesse, qui n'est encore qu'une prétention chez madame (Je Sabran et qui est déjà une menace prochaine chez Boufflers, cette maudite vieillesse est partout ; elle

t. Voir, poiir les citations qui précédent, les pages 416, 150, 147, 69|383, 391,403, 445.

6 ' POSTHUMES BT REVENANTS.

VOUS prend au collet avec ses doigts amaigris, c Ma destinée est de ne jamais vivre pour moi, écrit madame de Sabran; il est temps cependant que cela finisse, car les Jours s'avancent, la vieillesse arrive... avec tous ses charmesy la goutte, le rhumatisme, la pituite, la paralysie; et encore, te fîxera-t-elle auprès de moi?... » Boufflers lui répond avec un mélange de philosophie railleuse et de galanterie surannée :

« ... Taurai bientôt quarante-neuf ans, et, par conséquent, bientôt cinquante ; et alors, ce qu'on peut faire de mieux, c'est de vivre au jour la journée sans penser au passé ni à Tavenir... Quarante-neuf ans, ce n*est pourtant pas ordinairement Tâge des plaisirs ; mais les vrais plaisirs n'ont point d'âge. Ils ressemblent aux anges, qui sont des enfants éternels... Ne nous attristons pas... Nous n'avons perdu que le faux bonheur, le véritable nous reste; notre esprit est capable de le connaître, notre cœur est digne d'en jouir. C'est à moi que je parle, mon enfant, et non à toi qui, d'après mes exploits prématurés^ pourrais être ma fille. La morale de tout cela est qu'il nous faut une retraite pour cacher ma vieillesse prochaine et les soins assidus qu'elle attend de toi; et nous montrerons à tout ce qui voudra nous y chercher que Philémon et Baucis n'était point une fable, mais une prophétie. En attendant qu'elle s'accomplisse, je mets de côté une

bonne trentaine d'années pour comme si je n'en avais que

dix-huit... »

Grand merci pour Philémon et Baucis; a pu dire la comtesse de Sabran en recevant ce billet doux, daté du pays des nègres. Grand merci ! Elle ne se fait pas faute, il est vrai, de se livrer par moments à ces souvenirs mythologiques; mais c'est pure coquetterie. On se dit ces choses-là, on n'aime pas qu'elles vous viennent d'un autre, d'un amant surtout, même avec promesse de rajeunissement à volonté...

Il ne faudrait pourtant pas croire que la température de cet amour, qui se fait si malencontreusement sénile, soit toujours aussi basse II éclate par moments, à travers les brumes de l'océan ; et de la rencontre de ces deux passions

dans les nuages sortent d'ardentes effusions qui ressemblent à des tempêtes. Madame de Sabran a volontiers de ces crises enflammées quand elle a reçu une letfTC qu'elle n'attendait pas ou qu'elle Ta trop longtemps attentlue. Qu on lise, par exemple (p. 220), un long extrait du Journal de la comtesse. Il est daté du 28 avril 1787. « Écoute ma tragique histoire, écrit-elle à son amant, et si tu ne dis pas après que ta pauvre femme est la plus folle et la plus sage, la plus vive et la plus modérée, la plus soupçonneuse et la plus confiante de toutes les femmes, tu seras le plus injuste des hommes... » L'histoire a quatre pages. Ah ! quelle tragédie peut donc se jouer dans le cœur d'une femme, dans le silence du désespoir ou dans la contrainte mortelle d'un salon rempli d'importuns, — entre le dépit terrible de s'être crue oubliée au profit d'une autre, et la joie violente et soudaine de son erreur ! « Et alors, dit-elle, j\^i senti une espèce de béatitude telle que TamoMr dmVi pourrait la sentir... »

Cet « amour divin » nous introduit dans une autre des singularités de cette correspondance : l'emploi intermittent du langage séraphique, et une certaine pratique d'idolâtrie mise au service des deux amants l'un vis-à-vis de l'autre ; — contraste étrange avec ce terre-à-terre et cette trivialité parfois inexplicables de gens si qualifiés, qui, à de certains jours, se parlent l'un des « lavements » qu'il a pris, l'autre « du foie et de la rate » dont elle souffre. Madame de Sabran était-elle un cœur religieux? Elle raconte un jour au chevalier qu'elle s'est confessée k l'église et qu'elle n'a pris aucun plaisir à la chose. En revanche, , elle a des adorations pour le soleil dont elle surprend un matin l'éblouissant lever en haut du Ballon dAlçace, c En vérité, je crois que c est le Dieu du monde! ... » Elle a encore un autre Dieu, c'est Boufflers, qui, lui, n'en a qu'un, c'est madame de Sabran. «... Cette fatalité,

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à laquelle je crois plus qu'à rÉvangile, dit l'aimable femme, me tranquillise un peu sur Ion compte, au n^ilieu de tous l«»s dangers qui l'environnent... vanité des vanitéSy tout n'est que vanité, hors t* aimer et te servir ! (Elle souligne ces mots.) Tu es mon Dieu, je n'en connais point d'autre. » — De son côté, le galant Boufflers, qui n'abuse pas des livres saints, ne se refuse pas, quand il est en joie, une apothéose de sa maîtresse. Un jour, son imagination aidant, il se la représente comme une figure céleste , placée ds»is un éloignement énorme que la pensée seule peut franchir...

N'abusons pas de ces confidences; échappons une bonne fois au côté triste, fataliste, lestement impie et volontairement envieilli de ce dialogue amoureux, — sorte de drame larmoyant ou de comédie moqueuse à deux personnages, dont la décoration pourrait être figurée par des saules pleureurs à droite et à gauche, une prairie- Trianon sur la scène avec une toile de fond réprésentant le temple qui remplace, dans la métamorphose d'Ovide» la cabane de Philémon et Baucis. On y mettrait au frontispice la date du 2 mai, si complaisamment rappelée...

J^ai déjà indiqué par où se relève cette singulière correspondance et par où se rachètent ces deux amoureux. Par l'esprit d'abord, puis par la bonté : « La bonté, humble mot, grande chose, » disait Michelet. Ils sont spirituels et vifs, très attentifs aux choses de ce monde, observateurs sagaces et conteurs naturels ; ils ont, de plus, l'âme ouverte à toute inspiration bienfaisante, une ' générosité prodigue, et un cœur d'or. Ce sont de braves ^ens, nullement égoïstes, quoique amoureux.

On connaissait l'esprit de Boufflers. Il n'en a presque

^pasjaissé de trace pour la postérité; son nom pourtant

reluit dans une auréole dont les rayons sont faits de vers

charmants et de fines railleries, de tours imprévus dans

la langue et dans la pensée, de contes qui se lisent au dessert, qui semUent écrits pour une décadence et, comme ceux de Pétrone, dénotent un goût excellent. Les « erotiques » du dernier siècle ont ce danger, ils se font lire comme des classiques ; ils citent les anciens en gens de goût; ils risquent beaucoup sans trop se perdre. Les grossièretés burlesques qu'on nous donne aujourd'hui pour de la comédie auraient paru, à nos aïeux littéraires du xYiiï* siècle, la pire des corruptions, celle qui manque d'esprit. Voltaire, dans un tribut poétique qu'il paie à Boufflers (1768), 'après un séjour que le chevalier avait fait chez le vieux patriarche, Voltaire lui dit : « La Suisse est émerveillée de vous, Ferney pleure votre absence ; le bonhomme vous regrette, vous aime, vous respecte infiniment!.... » Le respect de ce vieillard pour ce jeune homme^ cela n'étaif peut-être pas très sérieux. Voici ce qui Tétait davantage. Voltaire écrit à la marquise de Boufflers, la mère du chevalier, la brillante maîtresse du roi Stanislas : <c Je ne sais sur quel horizon est actuelleoient M. de Boufflers ; mais, quelque part où il soit, il n'y aura jamais rien de plus singulier ni de plus aimable que lui. » (Tome VI de la Correspondance générale,)

Aimable et singulier l oui, c'est bien cela ; — aimable par la gentillesse qui en lui ne vieillit jamais ; — singulier par l'inconsistance de ses goûts, de ses aptitudes, de sa vocation multiple et changeante ; abbé de cour, soldat, chevalier de Halte, lettré classique, traducteur en toute langue, peintre de portraits (et « exploitant ses modèles j» , dit crûment Voltaire) ; administrateur sérieux tant que cela dure, mais rompant volontiers son bail ; général et gouverneur d'une colonie où il prend six mois de congé pai* an, député aux États-Généraux de 89 et n'y restant que le temps de s'en dégoûter; — émigré . méiancaliqiie, étranger à toute intrigue, finissant sa vie dans les paî-

sibles douceurs de rAcadémie française et de la société parisienne, non sans leur avoir préféré pendant ces deux dernières années la science agronomique et la récolte des pommes de terre. Singulier! Voltaire a raison, et il n*avait vi^ qu*à son début cette destinée singulière. Cest alors que le Père Porquet, son ancien précepteur, signalant son goût effréné pour l'équitation : « Boufflers passera sa vie à cheval, disait-il, et n'arrivera jamais... i.

On est étonné de la quantité de joli» mots qu'a dits BouHlers ou qu'il a écrits, avec la prodigalité d'un Crésus d'esprit plus que d'écus ; mais tout cela coule de source. Nul esprit n'est plus simple dans la plus délicate finesse. Nulle plume, après des chefs-d'œuvre de style artistement ciselé, ne ressemble moins à un instrument de travail. H.Arsène Houssaye, dans son charmant livre^, a recueillis quelques unes des lettres du-chevalier de Boufflers à sa mère : elles sont vives, naturelles, d'un relief piquant; on n'écrivait pas, en ce temps-là, même à sa mère, sans se piquer d'esprit. 11 était à Genève ; il y faisait avec grand succès et grand profit des portraits au pastel. Il s'amusait beaucoup à ce métier : a Mais j'ai beau m'amuse'r, écrit-H à la marquise sa mère, vous me manquez partout; il me semble presque que tous mes plaisirs ont besoin de vous... » A propos de ces portraits, Bouffiers disait : « Je demande un petit écu pour peindre un mari ; pour la femme rien, i» Quelques bons Suisses trouvaient cela trop cher

Si je voulais maintenant, ^la correspondance de nos deux amoureux à la main, chercher des traces de cet esprit queBoufflers prodiguait partout ailleurs, je n'aurais quel'embarras du choix. J'ai dit que l'esprit était la rançon de ce singulier échange de deux cœurs qui se vieillissent à

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