Dans ma notice, p
maison patricienne, — là, dans ce palais aujourd'hui dévasté, — les deux plus grandes formes de la religion du Christ, Tune plus expansiveet plus rayonnante, Tautre plus intérieure et plus retirée, s*étaient associées dans un respect commun de la source d*où elles sont sorties. L esprit libéral de notre époque se reconnaissait dans cette alliance. La plus difficile conquête de l'esprit moderne sur Fancien régime, la liberté de conscience, y triomphait, dans ces hauteurs, avec un incomparable éclat. C*était moins que la libre pensée telle que Doudan la cultivait au fond de son âme. C'était plus que l'étroit horizon où la foi s'abime pieusement dans une ignorance volontaire.
. Croire c'est penser.
Si la croyance d'un chrétien au xix^ siècle n'avait pas plus de valeur, au regard de l'esprit, que l'idolâtrie d'un peau-rouge ; si dans la sujétion de l'âme au surnaturel et dans sa croyance aux miracles consacrés (la vraie foi n'en connaît pas d'autres), il n'y avait que l'acte machinal d'une intelligence hallucinée, comment saint Louis, Gerson, l'Hôpital, saint François de Sales, Bossuet, Fénelon, et, de nos jours, un Chateaubriand; un Montalembert, unBroglie, un Guizot, commentions ces hommes auraient-ils été des croyants, étant de* si grands esprits? Qui les eût fait descendre des sommets lumineux de la science humaine dans ces ténèbres sacrées où l'esprit est un luxe dangereux, la philosophie un piège, le raisonnement une révolte ? A ceux qui prétendent « que la philosophie n'est plus qu'une ruine célèbre, je pourrais répondre, disait le père Lacordaire, que l'Église catholique n'a jamais tenu compte de celte objection, et qu'elle a constamment philosophé par l'organe de ses plus grands docteurs ^.. »