L'ART
VILLENEUVE (1) S. Hyppolite 2,000 fr. Le Sacristain d’Aire. Villanova.
L'église en est fort belle. Elle a autrefois servi de forteresse. L'hôpital de Villeneuve a 300 fr. de rente.
On y connaït la prébende de Bano ou de Banes de laquelle Jean de Baure était patron en 1578 ; la prébende de Gabarret, dont Jeanne de Tartas avait alors le patronage. D’autres états ajoutent les prébendes de la Biroüette de Ste-Catherine.
mystérieuses et coquéttes au-dessus des arbres avariés qui lui forment un revêtement extérieur d’un pittoresque effet. Les seigneurs du Vignau paraissent avec distinction sur la liste des chevaliers gascons du moyen-âge. Mais c’est surtout la famille de Dampierre qui brille au premier rang parmi les preux de France. Guy de Dampierre, comte de Flandre combat à côte de Saint-Louis en Orient ; un autre membre de cette famille s'illustre dans la défense de Candie, en 1669 avec les ducs de Navailles, de Beaufort, etc., et l’armée autrichienne qui menace Valenciennes en 1793 trouve une vigoureuse résistance dans les troupes commandées par Picot de Dampierre qui meurt avec héroïsme en combattant pour sa patrie. Ce généreux soldat compte parmi les vainqueurs de Jemmapes. Il fut l’idole des soldats qui le nommaient leur bienfaiteur et leur père. Lameysas n’est plus annexe du Vignau comme dans les siècles précédents. Cette église dépend, maintenant, de Bordères. Au XVI siècle, la paroisse du Vignau et Lamegsans son annexe tombèrent au pouvoir des protestants qui saccagèrent leurs églises. Barthélemy de Blause, religionnaire de Grenade fit prisonnier Pierre Saubatge, prêtre de la localité et lui imposa une rançon de 800 fr., tandis que Martin Terride, prêtre aussi et vicaire fut massacré par le capitaine Mansiet. Thibaut de Castaignet, rêtre, pourvu du titre de curé du Vignau, en 1571, ne résidait pas dans la paroisse ne manière suivie. [ls y paraissait de temps en temps, toutefois, et en confiait le service à des vicaires. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
(1) Villeneuve, chef-lieu de canton des Landes est une ville de plus de 2,000 habitants, bâtie sur les bords du Midou qui coule à ses pieds de l’est à l’ouest. Son site est admirable et la fécondité de son terroir peut rivaliser avec les plus fertiles campagnes de lArmagnac, qu’elle limite à l’occident. — Villeneuve, comme son nom l'indique, est une cité de date relativement récente. L'emplacement sur lequel elle s’éleva dut être occupé au moyen—àge par une agglomération importante probablement détruite par les Barbares. Dans tous les cas la ville nouvelle a la plupart des caractères des bastides du XIV° siècle. La régularité des rues, l’ordonnance de ses maisons permet tent de penser que sa renaissance date de cette époque. Il serait difficile d’assigner la date de fondation du bourg ou de la ville qui la précéda, mais l'inscription gravée sur la cloche de St-Hippolyte nous autorise à constater l'existence d’une église, d’une paroisse en cet endroit, au moins vers la fin du X° siècle. Le texte de cette cloche, refondue en 1766, rappelle qu’elle fut fondue en l'an 1,000. Il y avait donc là un centre de population. Les traces des vieilles défenses de la ville disparaissent peu à peu; il en reste cependant quelques vestiges apparents, en particulier à l’église qui servit autrefois de forteresse. Sa tour carrée couronnée d’un système de machicoulis rendait plus difficile l'accès de son enceinte. Lorsque les protestants vinrent, au XVI" siècle, faire le siège de cette place, l’église fut leur point de mire principal. Contraints de capituler devant des forces supérieures, les habitants ouvrirent leurs portes aux huguenots qui se ruèrent sur la ville et y commirent toutes sortes d’excès. La voûte de l’église ne put résister à leurs efforts, mais la tour du clocher défia leurs torches et toute leur rage. Les cloches furent fondues par le capitaine Commarque, du régiment du capitaine Thoras. Les Ilvres et les ornements devinrent la proie des Religionnaires dont un des