EE ARCHIPRÊTRÉ DE ROQUEFORT
ARROUILLE (1) La nativité de N. D. M. L'Evéque : de dono episcopi.
Le curé paye 30 sols morlans pour le droit de visite. | Item recipit a clavigeris ecclesiæ d’'Arrolhe pro decima quindecim solidos morlanorum.
Item recipit episcopus a Domino de Malovicino pro decima d’Arrolhe, . quam tenet in feudum, septem solidos et sex denarios morlanorum et
. chefs, Thoras, emporta à Perquie « une cape, deux diacres de damas blanc avec leur étole, un pavillon et un pluvial en filet d’or et un calice d'argent. » Le capitaine Lacroix s’attribua plus tard une partie de ces dépouilles sacrées.
Ce n’était pas assez. Il fallait du sang à ces fanatiques révoltés. Les soldats du capitaine Commarque, après avoir rançonné Vital d'Erlephen, prêtre et vicaire de Villeneuve le massacrèrent sans pitié. Pour Arnaud Guillem de Meillan, prêtre aussi, il ne put sauver de l’incendie sa maison de Villeneuve qu’en payant une lourde rançon. Mais ce sacrifice ne sauva pas ses autres biens. Les huguenots, en effet, lui prirent daus la maison de Bernard de... où il les avait cachés (dans la paroisse de Pujo) « un coffre
lein de papiers, cédules et documents, un pourpoint de satin, deux paires de landiers, Eos broches de fer, un quintal et demi d’étain et plusieurs accoutrements, 10 charrettes seigle, trois pipes de vin et plusieurs autres choses. » Le Procès-verbal de Charles IX, cite parmi ces brigands audacieux Pierre Sauboa, Arnaud-Guillem et Menjean, de Lasserre, Barthélemy Menjon de Vincens et Pés de Joannès de la ville de Grenade, tous protestants.
Au lendemain des troubles religieux, Menaud de Lagarde, prêtre, administrait la paroisse de Villeneuve où se trouvait sa résidence. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
L'église de Villeneuve, très remarquable par son architecture offre un nouvel intérêt au visiteur depuis la découverte des peintures murales si curieuses qui décorent les murs de sa belle nef. Après l’église paroissiale, l’archéologue visite avec autant de joie que de fruit le riche dépôt d’archives conservées à la mairie de Villeneuve-de-Marsan. Il serait à désirer pour le bien de notre histoire d'Aquitaine que les précieux documents de ce chartrier fussent mis en œuvre pour servir aux annales du pays,
ARCHIPRÊTRÉ DE ROQUEFORT
(1) Arouille, jolie commune du canton de Roquefort, se recommande surtout par le superbe château de Fondat flanqué d’élégantes tourelles. Il est la résidence de M. de Malartic, de la noble famille de ce nom. C’est un baron de Malartic, dit Dorgan citant l'Histoire du Dauphiné, qui reçut mission, en 1353, de défendre La-Tour-du-Pin, assiégée par le comte de Savoie. Malartic demeura vainqueur des assaillants. Un
-monument élevé à l’entrée de la chapelle de La Tour-du-Pin, rappela le souvenir de ce glorieux fait d'armes.
Le capitaine Thoras traita Arouille et ses annexes en pays conquis, au mois de septembre 1569. Les trois églises furent brûlées par son ordre et leurs biens entièrement pillés. Les procureurs protestants de Gabarret s’'emparèrent des cloches d’Estigardes. Le service religieux rétabli dans la paroisse en 1571 eut à souffrir de tant de malheurs. Un vicaire en fut chargé par les soins de M. de Lalanne, président à la cour du parlement de Bordeaux qui percevait les fruits de ce bénéfice et des annexes. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.) D de
SR OPA quartam cum dimidia totius decimæ. Item recipit episcopus à Bajulo regio d’Arrolhe pro parte decimæ quam tenet in feudum septem solidos et sex denarios morlanorum et quartam partem totius decimæ et ultra hoc totam aliam deciman præter illam quam recipit ecclesia.
Ses annexes sont Estigarde et Souboire.
Le prieur de Gabarret paye l’archif de cinq sols morlans pour Estigarde outre la quarte.
Estigardes est aux dames de Ste-Claire du Mont-de-Marsan. On n'y paye que le fief et la dixme, point de taille, capitation ni manœuvre, ni milices, ce ne sont que des métairies.
ARUE (1) Notre-Dame. M. L’Evéque.
Arvum.
C'est le bénéfice de l’archiprêtré de Roquefort. ;
Item recipit episcopus totam decimam in parochia d'Aruë.
La visite est à quarante sols morlans.
Il y a une chapelle dédiée à S. Savin, mais qui n’est point dotée. L’annexe est S. Jean de Guinas.
(l) Arue est une commune du canton de Roquefort. Guëmas n’est plus son annexe, ce titre appartient à Cachen. Nous aurions peu de chose à dire sur cette paroisse si le Procès-verbal de Charles IX ne nous révélait quelques traits de son histoire. Arue était le siége d’un archiprètré, mais il paraît que les fidèles ne savaient pas toujours le nom du titulaire de ce bénéfice. C’est ce que nous lisons dans l'enquête de 1572. A cette date un nommé Ricard Badie percevait les fraits de la cure où il faisait exercer le saint ministère, mais le service était loin d’être régulier. Cependant les choses paraissent avoir changé depuis la fête de La Saint-Jean : un prêtre fait les offices le mieux qu’il peut, c’est-à-dire péniblement et assez mal car tout fait défaut depuis l'invasion protestante. Les soldats du capitaine Thoras s'étant jetés sur Arue et Guimaux son annexe brülèrent et ruinèrent entièrement ces églises qui furent pillées au préalable. Les cloches elles-mêmes devinrent la proie des calvinistes. |
Jean Duffourc, protestant de Roquefort, prit pour sa part 28 brebis appartenant à l’église d’Arue et les fit conduire dans une de ses métairies. 40 brebis et moutons de l’annexe de Guimaux furent enlevés par un autre huguenot de Roquefort, nommé Vital Fougère qui prit en même temps 8 ruches de mouches à miel. Pour que la ruine fût complète, Jean Dagos et Despontels de Prebenderon se présentant à Arue au nom du capitaine catholique Barthélemy Roux, s’emparèrent de 25 ruches d’abeilles appartenant à cette église ainsi que de la dime du blé et du millet. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
081 | BAUSTEM ou (4) L’assomption de N. D. L'apsé de S. Sever.. BAUSTENS.
La scolanie est de 60 fr. de rente.
BELIS (2) L'assomption de N. D. M. L'EvèQue.
BERGONCE (3) S. Jean Porte latine. M. L'Evéque. Les annexes sont Burriot, Lugaut et Vielotte (Villa lutosa).
(1) Boustens, actuellement dans le canton de Mont-de-Marsan, était « à la présentation de l’abbé de S. Sever et à la collation de l’évêque d’Aire. » Le capitaine Thoras ne manqua pas de saccager cette paroisse et de livrer les ornements de son église au pillage des bandes calvinistes qui le suivaient. Le titre curial en 1571, appartenait à Jean de Serres, prêtre, qui avait pour Escolain, Jean Dutartet, clerc. Celui-ci ne résidant Lo RS la localité avait confié son office à un autre. (Archives du Grand Séminaire
"Auch.
2) Bélis, dans le canton de Labrit, est une oasis délicieuse providentellement établie par Dieu au milieu des steppes sauvages des Landes. On y retrouve la plantureuse végétation des pays les plus fertiles après avoir traversé un pays désert sans culture et sans habitants. En 1569, le capitaine Thoras poussa ses bandes calvinistes vers cette paroisse écartée que son éloignement semblait devoir proteger. Rien ne fut respecté. L'église perdit ses ornements, livres, joyaux, une custade et deux calices en argent que les soldats se partagèrent. Un jour, certains personnages, mumis, disaientils, des pleins pouvoirs d’Artigues, de Sarrauson et de Perrucon, de Mont-de-Marsan, vinrent s'emparer de 100 têtes de bétail, de deux charrettes de blé et de seigle appartenant à l’église de Bélis et emportèrent ce butin à Mont-de-Marsan.
Jean Desponteils, dit Prébanderon, venant-à la rescousse, s’empara de trente mesures de millet et de 20 ruches de mouches à miel, au nom de Barthélemy, capitaine catholique de Roquefort. Faut-il s'étonner, après cela, si Mathieu de la Noelle, curé de Bélis en 1572, remplit péniblement ses fonctions pastorales dans son église ruinée ? (Archives du Grand Séminaire d’Auch).
(3) Bergonce fait partie de la commune de Lugaut dans le canton de Roquefort. Cette commune comprend deux paroisses succursales : l° Lugaut avec Retgeons et Vraloite pour annexe ; 2 Bourriot avec Bergonse, pour aunexe. La population du groupe de ces diverses localités s’élève à 2,000 habitants environ. |
La paroisse de Bergonce eut un apostat pendant les guerres de religion. Il était prêtre de Bourriot et se nommait Guirons d'Auba. Il entra dans les rangs des calvimistes. Ce malheureux enleva une couronne et un calice en argent dans l’église de Lugaut. Des gens inconnus s’emparèrent, pendant les troubles, d’un calice en argent et des ornements appartenant à l’église de Bergonce. Vidau de Fougère, de Roquefort, dépouilla l’église de Lugaut de 22 brebis, 2 chèvres et 16 ruches d’abeiïlles. Jean Duffourc, agissant au nom de Barthélemy, capitaine catholique de Roquefort, acheva de ruiner l’annexe de Lugaut, en lui prenant 60 brebis et 40 chèvres. Pour l’église de Bouriot, elle perdit tous ses joyaux et ornemeuts, même les portes que les calvinistes emportèrent. « Aujourd'hui, dit le Procès-verbal de Charles IX, les pasteurs en font une étable à bétail. »
Tout faisait défaut dans cette infortunée paroisse, tout, jusqu’au service divin qui n'y fut pas célébré pendant bien longtemps. Un prêtre du Béarn l’y avait repris en 1572, mais les fruits de la cure étaient perçus par Bernard Labarchède, de Roquefort, qui se disait fermier du recteur. (Archives du Grand Séminaire d'Auch.)
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Le droit de visite pour Bergonce était à 35 sols morlans, et à 25 pour Burriot et Vielote. |
L'évêque prend l’archif de douze sols morlans sur la fabrique et en outre le quart de la dixme.
Item recipit episcopus a clavigeris ecclesiæ de Lutosa villa pro decima XI solidos morlanorum et tertiam partem totius decimæ. Item recipit episcopus à Geraldo parochiano de Lutosa villa quinque solidos morlanorum pro feudo.
BETBEDÉ (1) S. Pierre-aux-liens. M. L'EVÊQUE. de Bello videre.
Il y a une grande dévotion les jours de $. Orens et de Ste Radegonde.
Les vicomtes de Juillac entretiennent dans cette église une lampe qui brûle jour et nuit devant le S. Sacrement. Geu était autrefois annexe de Betbedé, mais à cause de l'éloignement et des mauvais chemins on à désuni ces églises.
CACHEN (9) S. Martin. M. L'EvÊque.
Il y a une prébende de N. D. du Mont-Carmel du revenu de 4,000 fr. et de patronage laïc.
Le Gins est la principale cure et Cachen n’est que son annexe. Le
(1) Betbédé qui s'écrit Betbezer, aujourd'hui, est une superbe paroisse du canton de Gabarret. Sa grande richesse consiste en vignobles plantés dans la délicieuse plaine qui s'étend sur les bords de la Douze, dans la direction de Labastide-d’Armagnac.
Le château de l’antique famille de Juliac, restauré conformément au goût de notre époque, se trouve sur le territoire de Betbézer. Le touriste ne passera jamais dans ces parages sans visiter: ce manoir que le dernier des Juliac, de turbulente mémoire, rendit fàmeux par sa mort tragique. Le seigneur de Losse, fatigué de ses attaques incessantes le tua dans un moment où lui-même se trouvait attiré dans un dangereux guet-à-pens.
Les églises de Betbédé et de Geu son annexe, tombées au pouvoir du capitaine Thoras, au mois de septembre 1569, virent disparaître en un clin d’œil tous leurs ornements, cloches et Joyaüx. Jean Duviau, prêtre, avait repris le service de cette paroisse en l’année 1571. (Archives du Grand Sèminaire d'Auch.)
(2) Le sol de Cachen fournit du minerai de fer. Les seigneurs de ce nom habitaient un château féodal qu’on aperçoit encore près de la route de S. Justin à Mimizan. L'église de Cachen et celle de son annexe Le Gins furent brûlées par les gens de guerre du capitaine Thoras en 1569. Tous les ornements, livres, etc., devinrent la proie des huguenots dont un, Barthélemy Landrieu, de S. Justin, enleva un calice en argent dans la maison d’un marguillier. Jean Desponteuil s’empara de son côté au nom du capitaine Barthélemy Roux, des biens dépendants de l'annexe de Gins. — Jean Chary possédait le titre curial de Cachen en 1572, mais il ne résidait pas dans la paroisse dont le service était confié à Jean Dutrinte, prêtre.
procès-verbal envoyé à Charles IX fait encore mention de $. Etienne en qualité d’autre annexe de Geinx. | Les huguenots pillèrent et brülèrent ces églises et la maison d curé. | " La fabrique paye à l’évêque l’archif de dix sols morlans, indépendamment de quoi l’évêque perçoit la huitième partie de la dixme.
CORLUC, CORDLUC (1) S. Laurent. M. L'Evéque. ou CORPLUC.
Le seigneur de Mauvesin payait l’archif de huit sols six deniers morlans.
DOUZEVIELLE (2) S. Sernin. M. L'Evêque.
Dulcis villa. | SENGO (3) | S. Gor. Le Seigneur du lieu.
Stus (rortius.
Lugasaut et Vielle-Soubiran sont les annexes.
La scolonie de Sengo'est de 2,000 fr. de revenu.
La fabrique de Lugasaut doit l’archif de six sols morlans et le quart de la dîme.
(1) L'église de Corbluc ainsi que la maison du curé disparurent dans les flammes allumées par les gens du capitaine Thoras en 1569. Livres, joyaux, ornements, tout fut emporté par les Religionnaires. Le service avait repris cependant dans la paroisse en 1572. Jean de Fitta, prêtre, en était curé et Joseph Castets, escolain, lui servait de clerc. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
(2) Le curé de cette paroisse, Jean Dartigue, prêtre, tomba au pouvoir des Religion naires commandés par le capitaine Mesmes, le jour dé la fête de la Magdeleine, 1570, dans la juridiction de Fruchon. Conduit en Béarn comme prisonnier, il y fut capüf jusqu’à la fin d'août et paya une rançon de 300 écus sol. Son église avait été brûlée par les Protestants qui mirent aussi le feu à sa maison, prirent ou fondirent la plupart des cloches, emportèrent tous les ornements, entre autres des chapes, dalmatiques, etc., deux calices en argent, une custode et une croix de même métal. Le tout valait plus de 1,509 livres tournoises: Jean Dartigues avait repris la direction de Douzeville en 1572, avec le concours de plusieurs vicaires. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
Douzeville est actuellement l’une des trois annexes de S. Justin.
(3) Saint-Gor, dans le canton de Roquefort payait au XVI siècle une taxe de 248 livres pour le ban et pour l’arrière-ban. Cette paroisse avait à cette époque, deux annexes, savoir : Vieille-Soubiran et Laguzaut. Le capitaine Thoras s'étant emparé de l'église de St-Gor en 1569-70, l’abandonna au pillage des soldats et la fivra ensuite aux flammes. Messire Manaut de Galibert, prêtre, y reprit l'exercice de ses fonctions après le passage des huguenots. {Archives du Grand Séminaire d’Auch.) Léa,
L'église de Vieille-Soubiran porte encore le caractère de sa destination militaire au moyen—âge. On sait qu'au temps de la féodalité l’église devint souvent le boulevard assuré d’une population sans défense. Quoique aride en apparence, le sol de cette localité, maintenant paroisse du canton de Roquefort, produit une vigoureuse végétation et n’est pas trop rebelle à la culture de la vigne.
JUILLAC (4) ŸS. Pierre. L'agsé de La Castelle. Juiliacum.
Cette cure est possédée par un Religieux. La visite est à 50 sols morlans. Créon, S. Julien, S. Jeannet en sont les annexes. Créon est sous l’invocation de $S. Barthélemi.
S. JUSTIN (2) S. André. Le commandeur de Luc, diocèse de Tarbes, commandeur de Corbin, que le livre rouge appelle Domus hospitalariorum.
S. Martin de Gontaut que le livre rouge dit être de dono Episcopi est annexe de $. Justin.
Le commandeur paye 40 sols d’archif pour la dixme de $. Justin et la quarte de la dixme de Gontaut et l’évêque prend la moitié de la dixme
(1) Juillac n’a plus les mêmes annexes. Créon est devenu paroisse et $S. Julien est annexé pour le spirituel à Mauvesin, dans le canton de Gabarret.
Créon posséda autrefois un château fort dont le touriste visite encore les vestiges, avec intérêt. La vigne constitue l’une des principales richesses de cette paroisse qui compte aujourd’hui une population de 749 habitants. — Une construction moderne dérobe au regard du visiteur les restes de l’ancien manoir seigneurial de S. Julien.
Les églises de Juillac, S. Julien et Créon tombées en 1569-70 au pouvoir des soldats des capitaines Thoras et Beaudignan perdirent tous leurs biens, ornements, livres et joyaux pour être ensuite livrées aux flammes. La maison du Granger fut. elle-même pillée et saccagée. Les voleurs se disaient, les uns huguenots etles autres catholiques. Toujours est-il qu'au rétablissement du culte, en 1572, le service se faisait difficilement dans cette paroisse confiée aux soins de frère Marie de La Saubaigne, religieux de l'abbaye de La Castelle.
La Grange de Pitié, voisine de Créon et dont l'apanage ecclésiastique comprenait l’église de S. Julien fut elle-même pillée et ruinée par les huguenots maitres de Montde-Marsan. Le capitaine Colonge tua d’un coup de pistolet Pierre Tastet, granger de Bordères, dans cette abbaye au mois d'août 1559. Quelques jours plus tard, un autre religieux, frère Elias d’Aubin, fut tué et brûlé au même endroit par les soldats de Montgommery (septembre 1559). — (Archives du Grand Séminaire d’Auch.) — Lagrange de Pitié possédait autrefois un riche et vaste monastère devenu propriété privée. — Martin de Supersanctis, écolier à Bordeaux et séculier était titulaire de cette maison en 1572. |
(2) S. Justin, belle paroisse de 2,793 âmes, dans le canton de Roquefort, emprunte encore un petit air guerrier aux restes de remparts et de fossés qui l’environnent. S'il fallait en croire certains auteurs, S. Justin aurait une origine très ancienne, et les Romains en auraient fait un de leurs postes que les Goths auraient détruit plus tard. Ce qu'il y a de sûr, c’est que S. Justin a sa place marquée dans l’histoire. Jean, comte de Poitiers, fils de Philippe-de-Valois fournit en 1359, mille florins d’or pour le ravitaillement de cette place, disent les Grands Officiers de la Couronne.
Les huguenots conduits par Montgommery s’acharnèrent contre elle et la livrèrent au pillage et à l’incendie. Les ornements de l’église devinrent la proie des Religionnaires
de Gontaut, au lieu que dans $. Justin, il en a la moitié, mais distraction
faite de la quarte selon le livre rouge.
I y avait en 1577, une prébende dite de $. Pau dans l’église de
S. Justin. ;
Le temple de S. Justin fit bien faire des pas à Gilles de Boutaut, évêque d’Aire pour en obtenir la démolition. Lors de la révocation de l'édit de Nantes, le premier consul de S. Justin, qui était médecin, proposa l’ordre du roi pour changer de religion et opina d'obéir à Sa Majesté purement et simplement. Les habitants de $S. Justin sont presque tous calvinistes.
LENCOAC (1) S. Jean l'Evangéliste. M. L'Evéque.
Le curé payait 35 sols morlans pour la visite. M. l'Evêque a la quarte
dès les premiers troubles au XVI" siècle. Plus tard, les protestants de S. Julien . volèrent à Gontaut un calice en argent dont cette église s’était pourvue.
Le commandenr de Noye de Malte, patron de S. Justin, faisait saisir tous les dimes, fruits et revenus de cette paroisse par ses procureurs fort indifférents au sort du curé Jean de Gaube, qui, se voyant privé de toute ressource abandonna son poste à l’époque des premiers troubles. Aucun service ne se faisait encore dans la paroisse en 1572, au grand scandale et dommage des pauvres catholiques. (Archives du Grand Sémimaire d’Auch.) Le résultat d’un si lamentable état de choses fut l’apostasie de la plupart des paroissiens. C’est avec raison que le pouillé déclare que les habitants de S. Justin élaient presque tous calvinistes, au milieu du XVILF siècle.
Les chevaliers du Temple avaient leur couvent près de l’église de S. Justin qui a conservé jusqu'à nos Jours les traits caractéristiques de l'architecture du XHF siècle à laquelle elle appartient. S. Justin eut la visite du roi Henri IV en 1585 et la cousine de Louis XIV, M de Montpensier y logea en 1660. Ce ne fut pas sans crainte, car un tremblement de terre violent jeta la consternation dans le pays au moment où la princesse allait prendre son sommeil. Louis XIV, logé avec sa suite à Captieux, fut lui-même effrayé. (Revue d'Aquitaine.)
S. Justin est justement renommé dans tout le midi de la France par ses magnifiques foires où se donnent rendez-vous les négociants de la Gascogne éntière et des provinces environnantes.
(1) Lencouac, dans le canton de Roquefort, compte une population de 1,173 habitants. Les protestants brûlèrent l’église de cette paroisse ainsi que la maison du curé dont ils emportèrent tous les fivres, tous les ornements et les cloches. Les gens du capitaine Tho'a;, auteurs de ces brigadages enlevèrent en outre une croix en argent d’une valeur de 209 livres, un calice et se livrèrent à des voies de fait si violentes sur la personne de la femme du marguillier qu’elle mourut des suites de leurs coups. Deux mdividus de S. Justin, nommés Escanebaque de Boldi s’emparèrent de 100 ruches de mouches à miel appartenant à l’église de Lencouac tandis que Bernard de Labarchède, notaire royal et catholique, ne craignit pas de son côté de dérober une cloche qu'il fit remettre au capitaine Barthélemy, à Roquefort. Jean Dagos et Jean Desponteils enlevèrent àla même église pour le capitaine catholique onze mesures de millet qu'ils emportèrent à Roquefort. Après tant de malheurs, le service paroissial ne pouvait que souffrir. Arnaud de Colom, prêtre, faisait cependant sa résidence à Lencouac en 1572 et y admainistrail les sacrements au mieux qu'il pouvait comme avant les troubles. (Archives du Grand Séminaire d'Auch.
Me fEtas
de la dixme et la fabrique lui paye douze sols morlans d'archif pour les trois autres parties. |
Il y a dans cette paroisse une chapelle dédiée à S. Loup qui n’est ni bénéfice ni paroissiale.
LUCBARDÉS (1) S. Martin. M. L'Evèque.
Le droit de visite montait à 50 sols morlans. |
La fabrique doit l’archif de huit sols morlans et M. l'Evêque perçoit la quarte de la dixme.
La scolonie est de 160 fr. de rente.
Barguez etS. Jean de Loubagnan sont les annexes.
J'ai lu un acte du 8 mai 1281, qui fait mention de l’église Ste-Quitterie de Lucbardez. |
Le droit de visite de Barguez était fixé à 20 sols morlans et la fabrique payait l’archif de deux sols morlans à l’évêque qui indépendamment percevait la quarte.
MAILLÈRES (2) Ste Quitterie. L'aBsé de la Castelle. Malherie.
Le Religieux curé ou granger de Malhères payait 50 sols morlans pour le droit de visite.
S. Remi de Malabat appelé dans le livre rouge Grangia St Remiqü et Caro ou Careau sont les annexes. Carron est dédié à S. Martin.
(1) Luchardès, dans le canton de Mont-de-Marsan, n’a plus que Bargues pour annexe. — Ces deux églises furent pillées durant les guerres de Religion par les gens des capitaines Thoras et Lavère qui emportèrent tous les livres, ornements et joyaux. Des vicaires administraient cette paroisse en 1571, pour le compte de messire Bernard Fontanier, prêtre qui n’y allait que de temps en temps. Un fils de Bordenave de Montde-Marsan, pourvu du titre d’Escolain, percevait les fruits de son bénéfice dont les obligations étaient remplies par un délégué. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
(2; Maillères dans le canton de Labrit, est une paroisse très étendue, peu populeuse (459 habitants environ) et riche en produits agricoles. L'église de Maillères perdit ses ornements et une croix en argent pendant les guerres de Religion. Jean de Lucbardès, dit Jean Blaise de Roquefort, protestant, lui enleva une custode et un calice. Les gens du capitaine Thoras dévalisèrent l’église de Carro dont ils emportèrent les ornements et un calice et brülèrent ensuite l’église de S. Remy, fondirent les cloches et emportèrent la custode et divers calices. Les autres ornements de Maillères et de ses deux annexes devinrent la proie des soldats catholiques commandés par Roquelaure et Roquepine. La grange de Maillères dépendait de l’abbaye de La Castelle, le service en était confié à un Religieux. Le titulaire de la paroisse en 1571, se nomme Jean de Prucüs. Il est docteur en théologie de la faculté de Paris. Ne résidant pas dans la paroisse, il La fait administrer par ses vicaires. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
AE de OP PUR UE
MAUVESIN (1) S. Loup. M. L'Evéque à qui il Malum vicinum. Stus Lupus. est dû 15 sols morlans pour la visite.
Saumont est annexe de Mauvesin.
NOET (2) S. Martin. M. L'EvÊque.
RETGEONS (3) S. Pierre M L'Evéour.
Retiones ou Regiones. |
César de Bellegarde, seigneur de Pujols, précepteur laïc de Bessaut, était patron en 1578. (Voyez Mont-de-Marsan). Bessaut est encore annexe de Reigeons.
(1) Mauvezin est une paroisse du canton de Gabarret. Henri IV aima beaucoup la résidence du château de Briac situé dans cette localité. On raconte qu'il y prenait ses repas d'été près d’un large bassin alimenté par une belle et abondante fontame qu'on voit encore au fond de la charmille. Les seigneurs de Mauvezin brillent pendant tout le moyen—àge, dans les rangs des plus braves chevaliers d'Aquitaine.
En 1572, Pierre Posta, prêtre, faisait le service de Mauvezin et de Saumon son annexe avec difficulté car les protestants avaient totalement pillé ces églises peu de temps avant. Les gens des capitaines Molet, Piolan et Baudignan prirent deux calices, une custode en argent, un pluvial, une chape avec les dalnatiques en damas rouge, irois chapes dont deux en velours et une en satin vert, un pluvial, une chape en satin rouge, plusieurs autres ornements et joyaux et, enfin, une cloche qu'ils avaient brisée au préalable. Ce ne fut pas assez. Il fallait un martyr à ces cruels apostats. Les soldats de Thoras massacrèrent indignement Pierre Gaillère, prêtre de Mauvezin. (Archives du Grand Séminaire d'Auch.)
(2) S. Martin de Noet, annexe de S. Justin, dans le canton de Roqueïort, forme une paroisse de 940 habitants environ. Son château féodal domine la rianté vallée de la Douze riche en produits agricoles de toute espèce. Les protestants brülèrent en 1559-70, l’église S. Martin-de-Noet ainsi que la maison du curé et une autre habitation attenantes à l'église. Ils étaient commandés par le capitaine Thoras. Ornements, livres, joyaux, revenus de la fabrique, tout tomba au pouvoir de ces bandits. |
Guillaume Malet, prêtre, résidait à Noet en 1571 et y administrait les sacrements ainsi qu'avant les troubles. [Archives du Grand Séminaire d'Auch.)
(3) Retjons n’est plus qu'une annexe de Lugaut, dans le canton de Roquefort. Lugauts commune de 1930 habitants, se compose de deux succursales : 1° Lugaut avec Retjon, et Vialotte pour annexes ; 2° Bouriot avec Bergonse pour annexe. Personne ne connais- - sait le titulaire de cette paroisse en 1571 bien que le service en eût été confié à un prêtre depuis Noël par Prugue, trésorier de la Reine de Navarre. Avant ce temps, il ny avait point de pasteur. Les soldats de Thoras pillèrent l’église de Retjons en 1569-70 et y prirent une croix, un calice en argent et divers ornements. (Archives du Grand Séminaire d'Auch.)
ROQUEFORT (1) Notre Dame. M. L'Evèque.
Rupes fortis.
Le 16 novembre 1601, les jurats de Roquefort firent verbal de la visite du château de Foix au dit lieu.
Il y à plusieurs prébendes à Roquefort.
L'état dressé en 1577 fait mention des prébendes de la Porte, de Na Philippe, de $. Nicolas, de Maillans, des trois prébendes de Guirautets, des huit de Ste-Catherine, de celles d'Emperès, de Béarn, de Cartin, de la seconde et Malartic, de Moncario, de Casautets.
La prébende d’Espontels et celle de Maillans étaient du patronat des personnes de ce nom en 1578.
La même année la prébende de Saubion, était à la nomination d'Annibal de Golard, seigneur de Roquefort.
M. l'Evêque nomme à la chapellenie de $. Nicolas.
(1) Roquefort, petit canton des Landes d’environ 1,800 habitants, s’élève au confluent de la Douze et de l’Estampon. Le vieux château qui protégea longtemps cette place a presque entièrement disparu. Il fut successivement la résidence des vicomtes de Marsan, de Gabardan, des comtes de Foix et des vicomtes de Béarn. Les seigneurs de. : Roquefort méritent une mention spéciale pour leur ardent amour envers la France lorsque l'Angleterre gouvernait en maitresse en Gascogne. Grâce à eux, le château de Roquefort est enlevé à la domination anglaise en 1281. (Montlezun, Histoire de la Gascogne, T. IL, p. 407.
Les Anglais sont-ils maîtres de Tartas en 1337 ? Guillaume Bernard de Roquefort s’enrôle sous la bannière de Gaston de Foix et la place est emportée après quelques jours de tranchée,
Plusieurs souverains ont visité cette ville éminemment française. En 1526, c’est François [”, en 1565 c’est Charles IX. Louis XIV y vient en 1660, Napoléon [° s'y can N 1808 ; les princes d'Orléans y passent en 1839 et Napoléon IIT ÿ séjourne
us tard.
: Le chœur et la sacristie de l’église de Roquefort méritent plus particulièrement l'attention du touriste et de l’archéologue. Roquefort avait un prieuré dépendant de l'abbaye de S. Sever. De temps immémorial, les paroissiens trouvaient une messe matinale le dimanche et le lundi dans ce prieuré qui devait encore fournir deux prêtres pour répondre au chœur aux messes chantées et à vêpres. Ces traditions antiques furent méconnues au lendemain des troubles religieux du XVE siècle par frère Cosme de Laffitte, religieux de l’abbaye de St-Sever devenu prieur de Roquefort.
Tout allait de mal en pis dans cette infortunée paroisse ! Dominique Trusse, titulaire de la cure en 1572 ayant été nommé chanoine de Bazas quitta Roquefort sans songer à y assurer le service, de sorte que la paroisse entièrement déshéritée n'avait que les rares secours religieux fournis par quelques prêtres étrangers appelés par des personnes
ieuses.
É Il est vrai que l’église incendiée par les gens du capitaine Thoras avait perdu ses livres, joyaux, ornements et cloches devenus la proie des Réformés. Luchardés, capitaine des huguenots, après avoir mis à mort Antoine Lavèze, prêtre de Roquefort, dans la maison de M. de Montfort, co-seigneur, se fit livrer pour sa part, par les fabriciens de l’église, plusieurs dalmatiques et pluviaux. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
EL M OB Er
On trouve dans l’état de 1680 les prébendes de Laporte, de Grautat, de Mora ou de Morario, de Garlin, de S. Nicolas, de Meillenx, de . Guirautets, de Béarn, de Lassus, de Malartic, de Ponteils, de Baradat et des prêtres du martyrologe.
La prébende de Reguie d'Emperies ou d'Empeyres fut fondée par Jean Impetis, curé de Bergonce. Il la dota de 200 écus, chacun de 16 sols bons et donna au prébendé un bréviaire et un lit garni. Il assigna cette somme sur deux maisons contiguës assises dans la ville de Roquefort et sur deux vignes. Il chargea le pourvu de célébrer une messe le lundi et le samedi de chaque semaine dans l’église de Roquefort. Le droit de présenter et nommer à cette prébende fut laissé aux parents et héritiers du fondateur Jean de $. Pé, subrogé au vicaire général du cardinal de Foix, évêque d’Aire, spiritualisa cette fondation faite depuis longtemps et qu'on assurait avoir été autrefois spiritualisée. Il en fut requis le 43 mars 1479 par les procureurs de noble Jean de Béarn seigneur de $S. Maurice, de la maison de la Porte et de Jean de Mames, alors patrons.
La prébende de Moneinx donne environ 100 fr. de rente, celle de Na Philippe dont le revenu est de 180 fr. est du patronnage de la dame Prieure du monastère de Ste-Croix de Bordeaux.
Il y a aussi à Roquefort un couvent de dames de Ste- Claire qui sortirent en 1665 de celui de Mont-de-Marsan.
Les cordeliers de la grande Observance furent fondés en 1660. M. de Sarriac, évêque d’Aire s’opposa à cet établissement, le chapitre de ces pères assemblé à Paris vers ce temps-là avait défendu d'accepter de petits couvents qui devenaient, selon eux, plutôt la retraite de mauvais religieux que de ferventes colonies. Cependant le prélat se rendit et consentit en 1661 à l'impétration des lettres patentes que le roi accorda au mois de septembre de la même année. Ils sont obligés par ces lettres de dire le Dornine salvum fac regem avec les oraisons pour la prospérité et santé du roi après la grande messe.
h — 107 — SARBAZAN (1) S. Pierre. M. L'Evéque.
Il y a une prébende appelée de Cornau.
Son annexe est Puydesaux où Poydessaux.
ARCHIPRÉTRÉ DE TURSAN
AIRE (2) M. L'EvÊque.
Adurus, Airius, Vicojulia, Sotia.
Le curé n'entre point au chœur.
(1) Sarbazan, charmante et riche paroisse du canton de Roquefort n’a plus pour annexe Pouydessaux devenue elle-même succurssale. Une population d’environ 800 habitants exploite le sol fertile de Sarbazan renommé dans le pays pour l'excellence de ses vins blanc et rouge. Cette localité possède en outre de précieux souvenirs antiques parmi lesquels il faut mentionner le clocher et les superbes fragments de mosaïques trouvées dans les ruines d’une construction fort ancienne.
Cette paroisse fut cruellement éprouvée par les huguenots qui, sous les ordres du capitaine Thoras brüûlèrent son église, une autre chapelle et une maison appartenant à la fabrique. Un prêtre du Béarn, aux gages de Tausin, avocat de Mont-de-Marsan, y faisait le service au lendemain des troubles, mais personne ne connaissait le véritable curé. André Bourgeois, vicaire-général du diocèse d'Aire — le siège étant vacant — fit cesser un tel désordre. Sans de Labat, prêtre, comparut en sa présence le 17 mars 1572 et se déclara curé de Sarbazan par la volonté de l’évêque d’Aire. Le vicaire de cette por fut massacré par les protestants en 1569. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.) à
Pouydesseaux, nous l’avons dit plus haut, est actuellement succurssale et constitue une commune très populeuse du canton de Roquefort. On n’y compte pas moins de 1,000 habitants dont les bois de pins forment la principale ressource.
ARCHIPRÊTRÉ DE TURSAN
(2) Comme on le voit dans le Pouillé, le ném d’Aire présente plusieurs variantes. Le rédacteur du code goth écrit Aduris, certains écrivent Atturus, Ayre, Vicus julii. L'empereur Auguste l'aurait ainsi baptisée en l’honneur de Jules-César son père adoptif dont les troupes campèrent sur les collines d’Aire. Enfin plusieurs historiens cités par Monlezun donnent à Aire le nom de Sotia avec le pouillé que nous publions. Selon ces auteurs, Aire aurait été autrefois le centre des opérations des Sotiates ou Aquitains fédérés qui luttèrent avec tant d’héroïsme contre les soldats envahisseurs de Rome. Quoi qu'il en soit, cette ville à Joué un rôle important dans l'histoire d'Aquitaine. Les Empereurs romains l’affectionnèrent et la firent jouir du droit de cité. On trouve un peu partout autour d’Aire, maintenant siège épiscopal et simple canton des Landes, des souvenirs nombreux de la domination des Césars. Ici, ce sont
MENL Fine
L'annexe est Notre Dame de Subéhargues (de Superfarguis). Le livre rouge fait mention de l'hôpital d’Aire.
des camps, là-bas des monnaies, plus loin, au-delà de Barcelonne des tombeaux. magnifiques, plus loin encore, des mosaïques superbes, comme à Gée-Rivière par exemple. On lira avec autant d'intérêt que de fruit les travaux de MM. Sorbets, Martres et Taillebois, sur les découvertes importantes faites à Aïre, il y à peu de temps. [Voir surtout les brochures : Deux autels votifs ; — Le Temple de Mars Lelhunnus, par : M. Taillebois.) |
Aire était trop dans le voisinage des Pyrénées et sur le passage des peuples pour ne pas être foulée de bonne heure sous les pieds des barbares qui, dès la seconde moitié du Il" siècle, parcourent en tout sens l’Aquitaine vaincue. Elle fut ravagée par les Vandales au IIT° siècle. Quelques siècles plus tard, en 471 ou 478, Ste-Quitterie, patronne du Mas, fut martyrisée par son père. Les visigoths ruimèrent Aïre au V°.sièele et y . mirent à mort un grand nombre de chrétiens. Alaric, fixé dans son palais du Mas,
édita dans cette ville un célèbre code qui porte encore son nom. Vers l’année 730, Aire tomba sous les coups des Sarrasins. Les Normands devaient achever de la détruire cent ans plus tard, le 20 juin 840. (Chart. de Mont-de-Marsan.)
On croit que saint Marcel est le fondateur de l’évêché d’Aire (Labbe T. IV). A peine relevée de ses ruines au XIT siècle, la ville d’Aire se trouve exposée aux malheurs qu'entrainent les guerres, à la famine et à la peste.
Les comtes de Foix surent enlever cette place aux Anglais vers le milieu du XIV° siècle. Nos archives du Grand Séminaire d'Auch possèdent le titre original de l'acte d'accord signé dans une baraque en planches à moitié chemin d’Aire et de Barcelonne entre les comtes de Foix et d’Armagnac. Les coutumes d’Aire d’abord concédées par Edouard en 1333, roi d'Angleterre, furent confirmées par Tristan d’Aure, évêque de cette ville. Son successeur, Pierre-le-Jeune fit bâtir la grande nef de la cathédralé, dit Montlezun (T. 5, p. 42.)
Des ennemis d’un nouveau genre, plus cruels que les Normands et les Vandales se
ruèrent sur cette malheureuse cité, en 1569, sous les ordres de Montgommery. Les Huguenois ne respectèrent rien. La ville fut ruinée. La cathédrale détruite en partie, perdit ses biens, ornements, croix, calices, encensoirs, archives, cloches, fonts baptismaux, autels, biens de la fabrique, etc. On cite parmi les auteurs de ces sacrilèges destructions les capitaines Mesmes, Peyrelongue, Baile et Toujouse. N'oublions pas d'ajouter que les orgues et le chœur de la cathédrale furent brisés par les Huguenots qui pillèrent aussi les maisons des chanoines, prébendiers, enlevèrent les fruits de leurs dîmes à Aire, Labarthète et Grenade. Ils prirent en outre, dix-neuf pièces de vin de 15°9 ainsi que les grains de 1569 et 1570. Le protestant Pierre de Sauboa se distingua parmi les pillards. Les biens de l’évèque ne furent pas plus épargnés que ceux du chapitre. Ses grains entassés à Mont-de-Marsan servirent à nourrir les soldats de Monluc vainqueur des Huguenots qu'il venait de déloger de cette ville. Odet de Boarte, Laborde-le-Jeune et le petit Lion de Geaune ayant jeté dans les fers Pierre Phresans, chanoine d’Aire, lui firent payer une rançon de mille livres. Il ne tarda pas à mourir à la suite de tant de mauvais traitements. Antoine Porta, prêtre, fut massacré par les gens du capitaine Capin. Ducornet aidé de quelques autres assassins tua un autre prêtre au bout du pont. : L'abbaye de la basilique du Mas, monument du XI ou du XIT siècle, où se trouve le tombeau de Ste-Quitterie reçurent les mêmes traitements que la cathédrale et l'évêché. Tout disparut dans les flammes à l’exception de deux chapelles de l’église où les Religieux logés dans la ville s’assemblaient, au milieu des ruines, pour réciter les heures canoniales et célébrer deux messes par jour. Les Huguenots avaient eu soin d’emporter les ornements, livres, cloches et revenus du monastère et de l’église avant de les détruire. Deux Religieux du Mas tombéèrent sous les coups des Protestants commandés par Montgommery : Jean Caron dans la ville d’Aire et Pierre Marceille à une distance d’une lieue. Celui-ci périt de la main de Laborde-et de Hyon.
A côté de ces martyrs, nous devons malheureusement nommer des apostats. Bernard