‹ Poules et œufsChapitre 13 sur 34 · C. — RACE DE LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

C. — RACE DE LA FLÈCHE

Celle-ci est assurément la plus élevée de toutes les races françaises ; on lui trouve de la ressemblance avec la race espagnole, avec la rajce de Bréda, voire avec celle de Crèvecœur. On la suppose issue de très-anciens croisements. — Toutes les origines sont obscures ; nous ne deviserons pas sur celle-ci , à quoi bon ?

La race de la Flèche (grav. 18 et 19) est connue depuis longtemps. Les excellente chapons du Maine, les savoureuses poulardes du Mans, lui ont valu"bonne et juste renommée ; et il y a bien cinq ou six cepts ans que cela dure. D'ailleurs elle se reproduit par elle-même, et nous n'avons à l'apprécier que pour ses mérites propres.

Elle dépasse de 0™ ,10 en hauteur la race de Houdan, un peu plus grande, elle aussi, que la race de Crèvecœur. Mais cette différence de taille est tout entière dans la plus grande longueur du membre abdominal , — jambe et canon surtout. La jambe se détache très-nettement du tronc, et apparaît bien différente de celle de Crèvecœur, à peine visible, presque entièrement cachée dans l'ensemble des plumes et se confondant tout à fait avec le corps quand l'animal est au repos. Cette élongation des membres est généralement prise aux dépens des dimensions du corps , et il en résulte d'ordinaire une infériorité marquée. Ce n'est pas le cas ici. Effectivement le corps n'y a rien perdu, car ses proportions sont tout aussi développées que dans les deux races normandes, si basses par suite de la brièveté des membres abdominaux ; mais il n'y a paa sensiblement gagné non plus, car à l'âge adulte les bêtes n'ont pas beaucoup plus de poids.

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Il n'en est pas de même des chapons vierges et des poulardes qn'on poasee à l'état de graisse le plus complet, et qni, de neuf à onze mois, époqae où la croissance est achevée, pèsent — ceUes-cide ià 4 kilog. 1/2, — ceuï-là 5 kil. et plus. L'â^ qne nous venons de dire est Ini-méme une indication ; il ne témoigne p»a en fovenr d'une grande précocité. Malgré cela.

Grav. IS. — Coq de la Flèche,

l'aptitude à prendre la graisse est extrêmement développée , car on la voit active pendant nn mois ou sis semaines, durée ordinaire du régime spécial qni Ini est le plus favorable et sons les effets duquel le squelette, peu voluminenx du reste , s'efface très-notablement.

La race de la Flèche est de bonne nature, d'an tempérament

robuste, peu sujette ans maladies ; elle s'acclimate assez facilement partont où on la tran^potle, et se maintient à an hauteur si on renouvelle le s^g de temps en temps. Comme à toute race pure, la promiscuité lui devient &tale. Â l'état adulte , elle n'est pas plus difficile qu'une autre pour la noui-ritnre, mais dans' son premier élevage elle veut être nourrie au Bon et à la farine de blé. En son pajs^ elle rit à l'ordinaire

Orav. IB. — Foute de la Flèche.

de blé encore enveloppé de la balle. Elle est trèe-vorace et tonmerait trop à la graisse si on ne la rationnait pa», ce qa'oii fait avec soin. On lai donne à manger trois fois par jour.

Le caractère le plus saillant de cette race est, sans contredit-, la finesse de la chair ; son goût, exceptionnellement délicat, trètr sensible déjà il l'état qu'on appelle maigre, est plus compW-

tement déterminé encore par le régime de l'engraissement. Il n'y a pas lieu de s'en étonner assurément , quand on se reporte au mode d'alimentation habituel, et nous avons déjà noté cette particularité au passage, à l'occasion de la variété landaise. Nous avons dit aussi que cet effet d'une nourriture choisie a son pendant ou plutôt son opposition dans les résultats physiologiques d'une nourriture pauvre sous le double rapport de la quantité et de la qualité.

La race est belle et d'une fierté tout aristocratique , mais nous laissons à l'écart les détails de réXtérieur pour nous attacher eeulement à ce qu'on a appelé les caractères moraux, et nous revenons à ceux-ci.

La race est tardive, avons-nous dit. Eh bien, elle tire avantage même de ce fait, dont on se loue si peu habituellememt ; elle en tire avantage en ce que ses produits arrivent sur le marché quand ceux des autres races ont cessé d'y paraître. Ils viennent tout à la fin de l'hiver et au' printemps, « saison où l'on trouve- très-difficilement à couvrir une table de mets variés et délica,te, et où tout le monde ne consent pas- à vivre d'amour et d'eau claire d.

La poule est pondeuse convenable, tant qu'elle n'engraisse pas trop, et commence sa ponté de bonne heure ; mais c'est presque la plus mauvaise couveuse qu'on puisse rencontrer. Elle ne s'écarte pas trop de l'habitation, surtout si elle trouve de la verdure à sa portée. Celle-ci lui devient une nécessité à raison de sa nourriture à peu près exclusive au grain.

Il y a plusieurs variétés à taille moins haute et moins lourde; mais elles rachètent largement ceci par une plus grande précocité.

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