‹ Poules et œufsChapitre 15 sur 34 · E. — RACE DE BRÉDA · texte numérisé non relu

E. — RACE DE BRÉDA

Cette race appartient originairement à la Hollande , d'où elle nous est venue comme une rareté, comme une curiosité offerte au luxe. En la prenant et en la propageant, celui-ci a eu la main îieureuse, car elle est pour le moins aussi bonne qu'elle a paru singulière. C'est en effet aux traits bizarres, au caractère étrange qui la distinguent qu'on doit de l'avoir vu accepter ; ses qualités l'ont bien servie, elles ont plaidé en faveur de sa multiplication.

En Hollande, on la nomme poule à bec de corneille.

C'est sa crête (grav. 20) qui lui donne son aspect particulier, caractéristique. Au lieu de former proéminence, cet organe est logé dans une cavité qu'on voit en^manière de petite tasse ovalaire à bords arrondis, unis et peu saillants. La couleur en est noire. Cette dépression de la région de la tête, qu'on est habitué à voir en relief, contraste avec un développement extraordinaire des barbillons chez le mâle.

Le poids du coq et de la poule de Bréda est le même que celui des animaux de Houdan. La fécondité de la poule est très-satisfaisante, et ses œufs, qu'on peut dire beaux, sont aussi d'un goût très-fin ; mais ici encore il y a peu de penchant à l'incubation. C'est le fait de toutes les poules qui, tout en pondant beaucoup, s'engraissent facilement.

Elles ne sauraient tout faire à la fois avec une égale jxîrfectîon, avec une mênie activité.

La chair est délicate et très-estimée.

Très-ancienne et très-confirmée, la race de Bréda exerce pai le croisement une grande autorité sur ses produits. On a profité de ce fait physiologique, et on s'en est servi pour créer diverses variétés qui se font remarquer. Elle commence à se propager en France. Elle mérite d'être bien accueillie , là où il n'y a pas de i-ace très-caractérisée , comme un type de reproduction supérieur aux résultats de la déplorable promis-

cuite à laquelle sont abandonnées presque tontes les espèces de nos bafises-cours. Dès aujourd'hui eÛe nons appartient, et

par son acclimatatioi] complète, qui remonte déjà à une <ipo- -quo éloignée, et par le mérite des, produits qu'élis nona donne.

F. — RACE DB DORKINO.

De toutes les poules anglaises, la Dorkiug est la meilleure : on l'a mise sur la même ligne que notre Crèvecœm\ Elle serait son égale au dire des plus chauds partisans qui la poussent et la prônent ; nul au moins ne Ta présentée comme supérieure. JTous avons voulu bien établir ce point afin de faire mieux ressortir cet autre, à savoir : que nulle part nos Crèvecœurs, en dépit de leurs bonnes qualités, nous allions dire de leurs perfections, n'ont excité Tentliousiasme qui s'est emparé de tous les amateur» et de certains éducateurs à l'apparition des races étrangères dans nos grands concours agricoles, enthousiasme irréfléchi qui tombe de tous côtés devant les preuves d'une infériorité partout reconnue.

Toutefois, cette appréciation n'atteint pas les Dorkings (grav. 21), qui sonlt réellement et très-beaui et très-bons, sans valoir mieux, entendons-nous bien, que nos races d'élite bien plus rustiques.

A un point de vue particulier même, ils ont un inconvénient immehse. Ils sont de mœurs douces et de caractère si timide qu'ils passent pour lâches. Ceci oblige à les tenir soigneusement isolés des autres races, qui les battent et les massacrent sans provoquer la moindre défense. Dans une bassecour mêlée, ils passent de la condition de souffre-douleur à l'état de victime. L'introduction de cette race demande donc déb attention^ spéciales.

Comme toutes les races anglaises, celle-ci est très-exigeante ; elle veut beaucoup et bon. D'habitude, on la nomTit de pâtées dures composées de faiines d'orges et d'avoine, de maïs et d'orge cuits. Ceux de ses produits qu'on n'alimenterait de la sorte pâtiraient et se développeraient mal ou tout au moins avec lenteur.

Enfin, comme tout animal qui nous vient d'outre-Manche, celui-ci est d'une nature moins rustique que nos indigènes ; il faut le préserver, et contre les effets des fortes gelées, et contre l'influence de l'humidité. Si on le parque, il faut que ce soit toujours sur un terrain bien sec.

A part cela, nous l'avons constaté, les Dorkings sont de pii-

cieuses volailles. Elles tiennent le premier rang en Angleterre, où elles sont l'objet d'une culture très-soignée ; où elles occupent, dans la consommation, la place prise chez nous par les produits des races de Crèvecœur et de la Flèche. Elles umt d'ailleura précoces, exquises au goût, et donnent une chair abondante, blanche, juteuse, qui retient bien la graisse en cuisant. Ce dernier trait est peut-être moins un caractère de race qu'un effet de l'alimentation au grain.

Le Dorking est magnifique en son port; il a une belle prestance et un grand air dans sa forme arrondie et corpulente. On ne l'aimerait ni svelte ni élancé, car alors il manquerait de chair. Son poids égale celui du Crèvecœur. En vieillissant, l'animal prend une physionomie patriarcale.

La poule est bonne pondeuse, et pondeuse précoce; ses œufs sont de grosseur moyenne. Elle a le mérite de ne, pas fuir les fatigues de la maternité; elle couve bien.

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