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I. — Organes producteurs et production des œufs

L'œuf est le produit fonctionnel de la grappe ovarienne et de l'oviducte.

La grappe ovarienne n'est ^autre que l'ovaire, c'est-à-dire l'organe principal de l'appareil génital de la femelle, celui où se forment les œufe.

Dans le tout jeune âge, la poulette a deux ovaires comme les femelles d'un ordre supérieur, et ils occupent à la suite des poumons, sous les os du dos, la même jdace que les principaux organes générateurs du coq. Mais bientôt, soit qu'ils se réunissent, ainsi que le suppose Prangé, soit que l'un d'eux (le gauche) disparaisse, ainsi que le croit M. Chauveau, on ne trouve plus qu'un organe unique, c'est la grappe ovarienne, corps charnu, glanduleux, d'uii brun rougeâtre rappelant assez la couleur du foie, de forme quelque peu irrégulière, plus ou, moins aplatie, plus ou moins large, et soutenue par les replis d'une membrane qui enveloppe de même tous les viscères contenus dans la cavité du ventre.

« Quand le développement de la poule est à peu près parfeit, l'ovaire commence à jouir d'uiîe propriété qui lui est particulière; c'est-à-dire qu'il se produit et se fabrique dans son

intérieur des petits corps dont le nombre est yariable, mais qni paraissent presque tous formés en même temps sous Tinfluence des mêmes conditions. Ils sont disposés en grappes. Les grains de la grappe sont nommés ovules par les anatomistes. Leur formation a lieu pendant les premiers moments de l'excitation générale qu'on nomme rut chez les femelles mammifères... »

Tel est le sentiment exprimé par Prangé dans le petit volume qu'il a publié sous ce titre : Les bonnes pondeuses.

Dans son Traité d'anatomie comparée, M. Chauveau dit textuellement ou à peu près :

« Chez les oiseaux, l'ovaire constitue une grappe plus ou moins volumineuse, composée d'un nombre variable d'ovules en voie de développement : les uns très-jeunes, petits et blanchâtres; les autres plus avancés en âge, oiïrant un volume plus considérable et la couleur jaune. Ces ovules sont enveloppés d'une membrane celluleuse très-vasculaire qui, à l'é-' poque de leur maturité, se fend circulairement suivant une ligne équatoriale, et laisse échapper son contenu, partie essentielle de l'œuf désigné sous le nom ie Jaune ou vitellus, »

Nous nous trouverons tout à l'heure en présence d'une troisième opinion ; disons sans plus tarder que, en arrière de la grappe ovarienne, apparaît l'oviducte, canal membraneux, long de 0'°,08 à 0"*,10, qui s'étend à la suite et vient s'ouvrir à la partie supérieure du cloaque ou réservoir aux urines et aux excréments.

A sa naissance, l'ovule n'est pas encore à proprement parler un petit œuf; mais simplement le point de départ, le rudiment de l'œuf fatur.

Sous l'influence de la vie, à l'âge déterminé par la nature, certains de ces ovules, en nombre variable, deviennent le centre d'une organisation plus active qui les développe, et, l'un après l'autre, les grossit jusqu'au volume du jaune d'œuf. La croissance n'a donc pas le même degré d'activité dans tous à la fois; elle a lieu suivant un ordre particulier qui mûrit chaque ovule à son tour ; elle les prejid par séries, et les phénomènes vitaux qui la déterminent se répartissent inégalement entre tous, -de manière à ce que la maturité n'amve que suc- C3ssivement dans chacun. Ce que nous expliquons là de notre mieux frappe chez la poule que l'on sacrifie peu de jours avant

le commencement de la ponte, ou même pendant la plus grande durée de celle-ci. Des jaunes d'œuf plus ou moins nombreux, masses globuleuses enveloppées dans leur membrane propre et de grosseur échelonnée, si l'on veut bien nous permettre le mot, se présentent à la surface de la grappe ovarienne en leur état de développement gradué : une multitude d'autres, en voie de formation et* plus ou moins visibles, se pressent plus ou moins entre les premières, qui les recouvrent en partie. Ceux-ci, considérables par le nombre chez la jeune poule, sont moins abondants chez celle dont la fécondité s'épuise.

D'abord très-adhérents à la grappe qui les porte, à la surface de laquelle on les voit et on les compte, de laquelle ils poussent, on le dirait', les jaunes ne tiennent plus tard à elle que par un pédoncule principalement formé de vaisseaux qui s'irradient sur l'enveloppe pelliculaire. Ce pédoncule lui-même s'allonge à mesure que la masse grossie pèse davantage. Nous venons de dire, d'après M. Chauveau, comment le jaune abandonne la grappe pour pénétrer dans l'oviducte où nous le retrouverons bientôt.

Chaque poule en naissant, dit M. Mariot-Didieuï, porte à sa grappe ovarienne le nombre d'ovules qu'elle est susceptible de mener -à bien pendant sa vie. On peut, ajoute-t-il, lescompter en employant une forte loupe, et il estime que ce nombre peut s'élever en moyenne à 600 chez une bonne pondeuse. D'après M. Chauveau, au contraire, la grappe n'est qu'un composé d'ovules en voie de développement.

M. Maript-Didieux va plus loin; il répartit entre les années de la fécondité de la poule la transformation des ovules en çDufs parfaits, et, comme moyenne, il établit le décompte Buivétnt :

V* année de la naissance printanière 20

l'e — portant le nom de poule 120

* Quand la poule se prépare à la ponte, rien ne représente mieux une couche de champignons que la grappe ovarienne v car on y voit de petits, de moyens et de gros jaunes d'œufs pédoncules, qui surgissent de sa surface. (MABioT-DiDifiux, Éducalion lucrative des poules.)

3' année portant le nom de poule no

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