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5c — QQ
H y a là deux questions : Vxihe relative aux soui'ces de la fécondité, l'autre au mode d'après lequel la fécondité se manifeste; toutes deux importent également à la pratique. Nous serions heureux d'attirer sur elles l'attention des observateurs compétents.
Examinant de près la grappe, il nous a paru que les granulations dont elle est formée ne se distinguent pas toujours d'une manière très-nette des ovules qui en naissent. Moins hardi que M. Mariot-Didieux, nous n'avons pas osé chiffrer ceux-ci : au delà d'im certain volume, nous n'avons plus eu assez de certitude, ovules et granulations se confondant sous la même forme et sous la même couleur. Cela tient peut-être à ce que nous ne sommes pas très-familiarisé avec l'usage des verres grossissants. Toutefois, nous pensons que la grappe des oiseaux a, comme l'ovaire des femelles de nos autres animaux un tissu propre ayant pour fonction de produire ses ovule? ou tout au moins de fournir à ceux-ci tous les matériaux de leur développement ; nous ne croyons pas, conséquemment, que la grappe soit exclusivement composée d'ovules, car elle ne disparaît pas, elle ne diminue même pas de volume avec l'âge, si abondante.qu'ait été la ponte pendant la vie.
Nous ne croyons pas davantage que la poule rapporte en naissant tous les ovules qu'elle pourra plus tard transformer en œufe parfaits. Notre pensée est celle-ci : la grappe est ^pelée à sécréter les ovules en nombre variable et dans un temps plus ou moins court, jusqu'à épuisement plus ou moins complet du degré d'activité fonctionnelle qu'elle tient de l'hérédité d'une part, et d'autre part des conditions hygiéniques dans lesquelles vit la poule ; nous sommes bien plus près de l'opinion de Prangé que de celle de M. Mariot-Didieux.
Cela étant, et la fécondité dans son ensemble se mesurant par un chiffre moyen déterminé, nous pensons encore qu'( n peut accroître la vitalité fonctionnelle de la grappe au profit
d'une production plus abondante dans un temps moins éloigné, et épuiser complètement, en trois ou quatre années par exemple, une fécondité plus lente, dont les manifestations peuvent s'étendre pendant huit ou neuf ans. Le problème à résoudre serait alors celui-ci : — Récolter en trois ou quatre années d'une fécondité très-active, forcée si l'on veut, les 600 — 700 ou 800 œufs qu'une poule est susceptible de pondre pendant une existence deux ou trois fois plus longue.
C'est le principe et le fait de la précocité appliqués à l'éducation perfectionnée de l'espèce galline.
Dans cet ordre d'idées rien n'a encore été essayé, l'ignorance est grande et tout reste à faire, à apprendre.
La vie moyenne de tous les oiseaux, prétend M. Mariot-Didieux, peut être calculée sur la moyenne du nombre des ovules, en le comparant au nombre d'œufs que leurs femelles pondent par an; tablant sm* ces données, il trouve qu'une canne peut pondre pendant douze ans 30 œufs par an, et en vivre de 18 à 20 ; mais les faits n'appuient pas la théorie d'une manière absolue. S'il y a des races de canards dont la ponte annuelle s'arrête au nombre 30, il en est aussi d'une fécondité plus active. Au surplus, la question est la même pour les diverses espèces d'oiseaux qui peuplent nos basses-cours. Cherchant et trouvant la solution pratique du problème dont nous venons de poser les termes en nous occupant de la poule, le problème sera également résolu pour ses compagnes de domesticité.
En se détachant de la graj^ ovarienne, l'œuf n'est encore composé que du jaune. Il reste à former le blanc, puis à entourer le tout de la coquille. Ce double travail organique est la tâche de l'oviducte, dans lequel nous constaterons un nouvel et très-remarquàble exemple de la division du travail.
L'œuf se produit de dedans en dehors, du centre, à la circonférence, et un organe différent a mission de former toujours la même partie.
Sur la grappe ovarienne, nous l'avons dit, s'organise le jaune^ mais rien que le jaune; voyons maintenant où et comment se forme le resÉe.
« Au fur et à mesure que l'œuf descend dans l'oviducte, dit M. A Gobin, il se trouve recouvert de substances sécrétées par les parois de ce conduit, en sorte que, arrivé à la moitié du
trajet eiiTiron, le vitellus (le jaune) se trouve enveloppé par le liquide albumineux (-blanc d'œuf), et arrivé au dernier quarts ce liquide lui-même est englobé par une coquille calcaire. C'est alors qu'a lieu la ponte. 3 (Traité de V économie du bétail.)
En effet, bien qu'il n'ait que de 0",08 à 0",10 de longueur, l'oviducte ne présente pas la même organisation dans toute son étendue. Son extrémité antérieure ovarienne a les parois très-minces et très-transparentes. Elle reçoit la partie de l'œuf formée sur la grappe au moment où eUe s'en sépare, et le garde tout le temps nécessaire à la sécrétion des matières albumineuses qui composeront le blanc; puis elle le laisse aller, et tandis qu'il chemine dans le reste de l'étendue du canal, se forment ; V la pellicule assez solide qui revêt la surface interne de la coquille; 2^ la coquille elle-même.
La structure de l'oviducte se modifie pour répondre aux diverses exigences de cette élaboration complexe. Les parois minces et transparentes dont nous venons de parler ne se remarquent qu'à l'entrée ovarienne ; bientôt elles vont s'épaississant de plus en plus, si bien qu'à l'autre extrémité on les voit fortes et assez résistantes pour contenir sans effort l'œuf complet, revêtu de son test et ayant tout son poids.
La tâ<3he de l'organe est triple, on le voit. D'abord il sécrète et arrange les matières albumineuses dont est formé le blanc liquide de l'^uf ; plus loin il sécrète et organise la membrane fibreuse qui tapisse l'intérieur de la coque, et dans sa dernière partie, qui contient une sorte de tissu d'apparence calcaire, il fournit à la sécrétion de l'enveloppe extérieure, de la coquille.
C'est ainsi que, recevant seulement le jaune de l'œuf, l'oviducte achève et complète son organisation avant de le laisser sortir.
L'œuf traverse l'oviducte en douze ou quinze heures. La grappe emploie beaucoup plus de temps à la formation et au développement du jaune, mais elle opère sur un certain nombre à la fois, et l'organisation qui lui est confiée est bien autrement compliquée.
Quelquefois (c'est l'exception) l'œuf s'échappe sans coquille ; il prend alors le nom d'œuf ?uirdé.
On explique de deux manières la ponte des œufe hardés : par le défaut de la matière propre à la composition de la coque, ou par une sorte d'avortement qui détermine la sortie avant terme.
Cependant à l'œuf hardé il ne manque absolument, en apparence du moins, que Tenveloppe solide et crétacée. Dans toutes ses autres parties constitutives il est complet, et c'est alors qu'on voit le mieux la pellicule de l'œuf, qu'on nomme aussi membrane de la coque, parce qu'elle demeure adhérente àcelle-ci lorsqu'on ouvre la coquille pour en utiliser le contenu.
L'œuf hardé, privé de son test protecteur, est mou, n'a pas la solidité nécessaire au transport. Il se conserverait sans aucun doute moiijs longtemps que l'œuf entouré de sa coque, enfin il ne saurait être couvé. Il y a donc à empêcher,» faire se peut, que l'œuf soit pondu en cet état.
On attribue l'absence de la coquille à ce fait que, dans la recherche qu'elles font ici et là, dans leurs courses vagabondes, les poules ne trouveraient pas à avaler en suffisance de petits cailloux, de petites pierres, à ingérer certames substances terreuses desquelles les organes sauraient extraire les matériaux propres à la formation de la coquille, composée pour la plus grande partie de carbonate.de chaux, puis de carbonate de magnésie, d'un peu de phosphate de chaux et d'oxyde de fer, liés entre eux par une matière animale. Connu dans sa cause, l'inconvénient est, dit-on, facile à prévenir. Il suffirait de mettre à la portée des poules sédentaires pierres et cailloux de petites dimensions, voii'e des coques d'œufe brisées.
M* cil. Jacque conseille un autre moyen quand on ne veut pas <L couper le cou » aux poules qui pondent des œufs de cette sorte ou des œufs dont la coquille manque dé solidité, « c'est de leur faire avaler, tous les deux jours, une boulette grosse comme le pouce,^ composée d'oseille hachée, dont on relie les parties avec un peu de beurre, » Nous ignorons et le mode d'action et l'efficacité de ce remède, mais, en lui donnant ce nom, nous voulons dire que son administration fait naître la pensée d'un traitement médical, ou simplement hygiénique : or, cette pensée concorde assez avec nos observations. Selon toute apparence, la poule qui pond des œufs incomplets, privés de leur coque, a dans l'oviducte
Il ' POULES ET ŒUFS
um altération organique, une maladie toute locale, sans retentiasement sur les fonctions essentielles de la vie, mais ^tant à la partie de l'organe chargée de la sécrétion ou de la formation de la matière première de la coque, la force ou les moyens de la préparer. A l'ouyerture de deux poules affectées de ce mal ou de cette impuissance, nous avons trouvé des productions pathologiques que nous regrettons aujourd'hui de n'avoir pas étudiées de plus près. Aussi pensonsnous avec M. Jacque que le premier moyen à employer contre la poule qui pond ces œufs mous est « de lui couper le cou ». Elle vit au milieu de nombreuses compagnes dont les œufe sont complets, et cette circonstance témoigne encore que la disposition, tout individuelle à pondre des œufs bardés, a une cause autre que celle qu'on lui attribue généralement.
Les organes producteurs de l'œuf ont peu de développement chez la poulette. C'est la loi commune. L'appareil des organes de la génération ne prend d'importance, dans toutes les espèces, qu'à l'âge de la puberté. Il se flétrit ensuite à mesure que la fécondité diminue ou s'éteint.
L'oviducte en particulier présente ce double phénomène au commencement et à la fin de chaque ponte.
La nature ne donne d'activité aux organes qu'en raison des besoins de l'économie,
L'oviducte est au repos pendant les intervalles de la ponte, alors il n'a plus aucune sécrétion et se rétrécit notablement comme canal : son activité est subordonnée, elle s^éveille ou sommeille suivant les sollicitations qui lui viennent ou qui ne lui viennent pas du côté de la grappe ovarienne. Il n'a que faire lorsque celle-ci ne lui donne aucun travail.
Mais la grappe, elle, connaît-elle le repos ? En quel état la trouve-t-on après la ponte annuelle ou semestrielle ? Eéparet-elle ses forces, ou bien, le vœu de la nature étant satisfait pour le moment, la reproduction de l'année se trouvant assurée, s'endort-elle simplement ou paresseusement tandis qu'elle n'est encore ni fatiguée ni épuisée, attendant, pour se réveiller, l'époque fixée pour de nouveaux efforts, pour une nouvelle production ?
L'activité physiologique de la grappe n'est pas, croyons-nous,
resserrée en des limites aussi étroites. La fécondité peut s'étendre au delà du degré de déyeloppemènt qui suffit aux oiseaux dont Texistence est tout à fait libre, à ceux qui ne subissent pas les effets de la domesticité. Et encore, diez Foiseau libre, la ponte n'est-elle pas si rigoureusement mesurée, puisqu'on voit les femelles auxquelles on a enlevé les œufe se remettre à pondre et couver des œufs qu'elles n'auraient certainement pas produits sans la perte des premiers. Ceci est une autre indication qu'il faut savoir interpréter à notre profit. En effet, c'est en enlevant à la poule domestique ses œufs, à mesure qu'elle les donne, qu'on excite sa faculté d'çn produire, quîon accroît son utilité. La fécondité de l'oiseau, cela est évident, peut être augmentée dans une proportion' très-notable, à la condition pourtant que la pondeuse sera placée dans des éonditions favorables à une production abondante, à la condition aussi qu'on ne la détournera pas du but spécial vers lequel on est parvenu à diriger ses aptitudes. H y a, nous le pensons, quelque analogie entre l'activité fonctionnelle de la grappe ovarienne et celle des mamelles, entre l'acte physiologique de la sécrétion des ovules et l'acte physiologique de la sécrétion du lait. La lactation abondante et prolongée est une conquête de la civilisation des races sur l'état de sauvagerie de l'espèce. Il en est de même de la ponte active et prolongée de la poule domestique chez laquelle on sait élever à sa plus haute puissance l'élaboration particulière àr la grappe ovarienne, sa faculté de produire plus vite et plus abondamment,
La fécondité de la poule n'est certainement pas arrivée à son apogée. Son extension ou son accroissement, doublen^ent désirable, car les œu& ne sont produits ni assez gros ni assez nombreux, doit être poursuivie par deux moyens à la fois : le choix, sinon le perfectionnement des races, et l'amélioration de l'hygiène qui leur est propre.
Dans le langage ordinaire, la fécondité de la poule se mesure seulement paj* le nombre d'œufs obtenus dans l'année. Ce mode d'appréciation manque d'exactitude. Il serait plus vrai s'il portait sur le poids de la production. Il n'aura de précision que lorsque les deux éléments iront de pair.
L'œuf de la poule commune, disent les auteurs, pèse en moyenne 50 grammes; celui de la poule de Crèvecœur arrive à
iOO POULES ET ŒUFS
80 grammes. La première, donnant des œufs plus nombreux, est réputée pondeuse plus abondante, plus productive. Serrons les faits de plus près.
Admettons que, placées toutes deux dans de bonnes conditions. Tune donne 100 œufs et l'autre seulement 70, quelle aura été la production réelle de celle-ci et de celle-là ?
100 œufe, du poids de 50 grammes, pèsent 5,000 grammes, c'est-à-dire 5 kilog.; 70 œufs, du poids de 80 grammes, donnent 5 kilog. 600.
Xa différence est notable. Elle renverse un langage de convention et prouve sans réplique que, dans ce cas, la bonne pondeuse n'aura pas été celle qui a produit le nombre d'œuîs le plus élevé, mais le poids le plus fort.
A ce compte, plusieurs races, considérées dans le passé et encore aujourd'hui comme d'une fécondité médiocre, seraient vite réhabilitées dans l'opinion.
En pesant des œufs de poules ordinaires, triés, nous avons compté au kilo 15 de ceux qu'on vendait conime gros : 18 de ceux vendus comme petits n'ont donné que 990 grammes. C'est déjà une différence de plus de 1/16 entre ceux-ci et ceux-là.
Prenant ensuite au hasard 3 œufe de chacune des deux catégories, nous avons constaté les pesées ^vantes : ,
Gram. Grain.
Poids brut des gros 213 ou 71 l'un en moyenne.
— — petits 159 53 ^
Différence en faveur des gros. . 64 et 18 Moyenne générale, 62 grammes.
Le poids des petits est supérieur ici au poids moyen indiqué par les auteurs. Cela peut tenir à un commencement d'amélioration de notre population galline^ Il est incontestable, en ef-
* Celte opinion est partagée par M. Rufz de Lavison, directeur du Jardin zoologique d'acclimatation du bois de Boulogne. De nombreuses pesées d'œufs de diverses espèces de poules lui ont donné pour résultat le poids moyen de 60 grammes environ pour les œufs de l'époque actuelle. C'est 4 grammes de plus que nous n'avons trouvé nous-même, mais nous n'avons pesé que des œufs du commerce. Cependant le poids moyen indiqué^ une époque antérieure par Bu ffon n'était que de 44 grammes, « ce
LES ŒUFS lOI
fet, que nos poules sont plus productives aujourd'hui qu'elles ne Tétaient dans le passé, et l'augmentation se remarque de même dans le nombre des œufe qu'on disait être beaucoup moindre qu'il ne l'est maintenant. Cependant, il y aurait bien à dire sur un pareil sujet. Pour arriver à des conclusions rigoureuses, il y aurait à tenir compte de bien des choses, de bien des faits qu'il faudrait suivre de près et d'une manière toute spéciale dans des basses-cours bien aménagées. On sait, par exemple, que les premiers œufs d'une jeune poule n'ont ni la grosseur ni le volume de ceux qui viendront à un an de distance ; il en doit être de même de ceux que la vieille poule donne lorsque sa fécondité perd de son intensité. Ceci aurait son intérêt pour le choix à faire des œufe qui doivent subir l'incubation.
La grosseur des œufs, leur poids considérable, semblent être particulièrement le fait, jusqu'ici du mo^fs, des races de poules dont l'aptitude est surtout la production de la viande : elles en donnent moins, elles les donnent plus gros, plus lourds. Dans ce cas, il ne faut pas s'y tromper, la grosseur tient à la riche alimentation qui pousse au développement des chairs, à l'active accumulation de la graisse dans les tissus, et le nombre moindre à la faculté d'engraisser qui, dans son exagération, est incompatible avec la production abondante des œufs. D'autre part, diez les variétés plus spécialement pondeuses, la petitesse et le peu de pesanteur des œufs sont dus à un régime insuffisant, circonstance qui influe également sur le nombre, car la poule ne peut élaborer ou mettre en œuvre que la quantité de matière première laissée à sa disposition. Seulement Tune applique à la fabrication des œufs des matériaux que l'autre emploie à la fabrication de la viande et de la graisse. Il en résulte que les œufs de la pondeuse sont gros ou petits suivant qu'on la nourrit bien ou mal, copieusement ou avec parcimonie. La différence constatée entre 44 — 50 et 62 grammes doit être tout entière attribuée à une amélioration du régime alimentaire, tandis que la différence
qui autoriserait à croire, dit M. Rufz, que led œufs, comme le grain de blé aujourd'hui, sont plus gros qu'autrefois, » et il attribue ramélioralion aux meilleurs soins qu'on donne actuellement aui volailles.
entre ces poids et celui de 80 grammes, concordant avec un nombre nécessairement limité, est un effet de Taptitude particulière aux races qui les donnent.
La poule dé Crèvecœur, race à viande, s'est élevée successivement à son degré de perfection actuelle sans que, chez eUe, la production des œufs se soit modifiée ni quant au nombre ni quant au poids, tandis que la faculté -de pondre, spécialité tout autre, conséquence naturelle de l'activité vitale de la grappe toujours excitée, ne cessera pas de s'accroître tant que l'aptitude à produire des œufs n'aura point atteint, chez la pondeuse, son maximum de développement.
Que si nous refaisions le même compte que plus haut avec des chiffres différents, nous arriverions à d'autres conclusions. Celles-ci portant avec elles un enseignement exact, nous ne devons pas craindre de placer dans ce travail quelques chiffi:es instructifs. ^
La pondeuse dont a parlé Buffon ne donnait pas, au temps de sa fécondité plus active, 100 œufs dans l'année. Admettant néanmoins ce nombre, c'était, sur la balance, une production de 4 Idlog. 400 , mince résultat en comparaison de celui de la poule de Crèvecœur, laquelle donne en œufs 5 kilog. 600, et en chair, une volaille très-estimée, de grand prix, contre une bête sans nom, osseuse, décharnée, dure, sans valeur et point recherchée.
Nous avons dit ce qu'a valu celle qui, par suite d'une première amélioration, est arrivée à produire des œufs un peu plus lourds. Elle est encore inférieure, mais ses produits actuels montrent qu'elle pourra davantage. On commence à le comprendre. On la nourrit mieux pour tirer meilleur parti et plus grand profit de son aptitude.
Elle est remplacée de nos jours par une poule plus féconde et plus productive dont on obtient des œufs et plus gros et plus nombreux. Écrivons : 120 œufe du poids moyen xle 62 grammes. Alors la production totale offre un intérêt sérieux; elle s'élève à 7 kilog. 440 et, lorsqu'elle cesse, la volaille, jeune encore, est susceptible d'acquérir une bonne condition et de fournir à la consommation un aliment d'une valeur appréciable et appréciée.
Mais ceci n'est pas le dernier mot du progrès. Quelques
.éducations perfectionnées disent très-nettement qu'on peut aller au delà, qu'on peut atteindre à cette hauteur, par exemple : 150 œirfs du poids moyen de 70 granmies; cela devient une production importante, car elle peut se renouveler pendant trois ou quatre années consécutives, et livrer à la consommation des volailles de bonne nature, âgées de quatre à cinq ans, et qu'un régime engraissant transforme assez vite et sans trop de frais.
A ce degré de perfectionnement, notre population gaUinè tiendra à juste titre une placé, considérable et distinguée dans l'économie de la ferme. Les améliorations qu'elle a successivement reçues depuis un siècle étaient plus difficiles à réaliser que celle qu'elle est d'ailleurs en bonne voie de recevoir en notre temps.
L'œuf est un aliment pour tous : l'homme, les animaux qui le consomment , le poulet qui se développe dans sa coque en tirent profit. Mais, comme toute matière nutritive, il ne vaut que par la nature et par la quantité des matériaux d'assimilation qu'n renferme. Il peut être petit et substantiel ou pauvre, ii peut être gros et, de même, riche ou non en substance. Dans ces divers cas, ses effets alimentaires sont bien différents.
Le boulanger qui, au moyen d'un travail spécial, introduit dans la farine une proportion d'eftu exagérée ou anormale obtient un rendement plus élevé en pain, sans ajouter un atome
nutritif à la substance propre de la farine. Alors, sous le même
poids, le pain qu'il vend au consommateur fournit moins abondanmient à son alimentation. On sait combien est differente la richesse du lait suivant qu'il est plus. ou moins gras , suivant qu'il .est plus ou moins aqueux. L'eau doi^t on l'additionne en augmente le poids et le volume sans le rendre meilleur, loin de là, sans faire qu'il devienne plus profitable à l'économie. Il y a quelque chose d'analogue dans la composition de l'œuf, et nous voulons nous y arrêter un instant, car l'éducateur influe sur la valeur alimentaire de ce produit autant que le nourrisseur sur la qualité du lait des vaches, autant que le boulanger sur la nature du pain qu'il fabrique. , Les petits œufs donnent les petits poussins : telle est du moins la conviction des ménagères. Aussi choisissent-elles avec
soin les plus gros pour la couyaisoii, pour l'incubation. Le commerce est d'ayis que les plus gros doivent être vendus à un prix différent des plus petits : il les achète volontiers au tas, ou à la douzaine^ sans distinction^ mais il ne manque pas tout aussitôt d'en opérer le triage/S'il ne baisse pas le prix de vente des moindres , il élève à coup sûr celui des plus gros. Le producteur et le consommateur s'apercevront peut-être, un jour, qu'ils sont dupes de cette petite supercherie, alors ils exigeront — celui-ci qu'on lui vende, — celui-là qu'on lui achète au poids et non plus au compte. D'autre part, enfin, on a dit très-pertinermnent : ce n'est pas toujonrs'l'oeuf le plus gros qui produira le plus gros poulet, c'est celui dont le jaune est le plus développé... puis encore : le blanc des œufs de certaines races de poules est plus gras, celui de certaines autres est plus aqueux. Il en résulte que le premier est beaucoup plus nourrissant que l'autre, et que le poulet qui naît de cet œuf est plus fort, mieux doué, d'un élevage plus facile, d'une réussite plus certaine.
Ces remarques, assurément dignes d'attention, nous ont suggéré la pensée de faire quelques recherches de proportionnalité au sujet des diverses parties constituantes de l'œuf: la coquille, le blanc, le jaune. Nous avons obtenu les résultats suivants :
Œufs du poids moyen de 71 grammes :
Coquille 11,71 pour 100
Blanc 59,19 —
Jaune 29,10 —
Œufs du poids moyen de 5â grammes :
Coquille* 12,90 pour 100
Blanc 69,12 —
Jaune 27,98 —
Ainsi, presque autant de blanc dans les petits que dans les gros, car la différence entre les uns et les autres est seulement de gr. 07; proportion du jaune beaucoup plus marquée dans
* Dans le poids de la coquille se trouve nécessairement compi^ celui de la membrane qui en tapisse l'intérieur.
les gros, puisqu'elle ressort à 1 gr. 12 à leur profit, et poids notablement plus lourd de la coquille dans les petits, 1 gr. 19; tels sont les faits accusés par de premières données.
Au point de vue mercantile, on voit déjà que Tacheteur, tout en payant plus cher les gros œufe, les obtient encore à meilleur compte que les petits, à raison du développement proportionnel de la coque.
Le poids de l'enveloppe crétacée de l'œuf n'est> pourtant pas un, absolu. Il* varie beaucoup, au contraire, et dépend tout à la fois du volume du contenu et de l'épaisseur de l'enveloppe.
L'œuf doit être assez solidement entoui'é pour trouver une sérieuse protection dans la coque. Une coquille trop mince expose à de nombreuses pertes sous la poule qui couve et dans les fréquentes manipulations nécessitées par la récolte, la conservation, l'emballage, le transport, le déballage, le choix pour la vente, etc. D'autre part, une coque trop épaisse offre au poussin qui éclôt une trop rude besogne pour sortir de sa prison , et donne au produit Itii-même, k l'œuf, un poids inutile qui ne profite à personne dans les transactions au compte, qui trompe l'attente du consommateur dans les transactions au poids. Seules, les administrations de transport ont à gagner à l'inconvénient. Mais ce n'est pas en vue de cet intérêt que le producteur travaille apparemment. Ceci nous conduirait à poser la question suivante :
Le producteur peut-il exercer une influence quelconque sur le poids de la coque ? Peut-être*. Cependant, avant de devenir une question de fait à l'usage du praticien, cette thèse appartient d'abord au physiologiste. Il y aurait à établir ici une série d'expériences assez délicates, et il ne nous semble pas que ces expériences puissent être utilement installées et menées à
* « Lorsqu'on a recours à une chaleur artificielle cl à des graines échauffantes, comme celles de chènevis, de sarrasin, de miilel, d'avoine, pour obtenir des œufs pendant les froids, la coquille est moins épaisse et moins pesante. » (Ma.riot-Didiecx).
Nous avons lieu de croire que la coquille acquiert aussi plus de poids, et surtout plus de résistance, chez la poule champêtre, ainsi que la nomme M. Giot, c'est-à-dire chez la poule qui ?it constamment dehors et qu'on abrite dans un poulailler roulant.
lOÔ POULES ET ŒUFS
bonne fin aillems qu'au Jardin des Plantes ou qu'au Jardin zoologique de la Société d'acclimatation, dans un lieu très-surveillé enfin, là où les diverses races vivent séparément, où les • animaux d'âges différents peuvent être isolés et observés en leur état d'isolement.
« Ce n'est pas toujours l'œuf le plus gros, écrit M. Mariot- Didieux, qui produira le plus gros poulet. C'est celui dont le jaune est le plus gros. Cette remarque est digne de l'attention des éleveurs. »
Sans nier l'importance de la remarque, on pourrait se demander par quel procédé on parviendrait à reconnaître le» œufe qui, ijidépen(Jamment de leuf grosseur, contiendraient le jaune le plus développé. En dehors de la question de science pure qui surgirait tout d'abord, ceci deviendrait peut-être une question de race. En effet, le même auteur continue ainsi :
« La poule cochinchinoise egt de toutes les races connues jusqu'à présent celle qui pond les plus petits œufs proportionnellement à sa taille, et cependant il en sort des poulets qui atteignant jusqu'à 1 mètre de hauteur ; ce petit œuf contient un très-gros jaune comparativement à ceux de nos poules communes, et il est plus lourd comparativement. »
Ces assertions méritaient d'être confirmées. Les pesées que nous avons faites ne les appuient pas; mais elles ne sont nî assez nombreuses, ni assez variées pour. être concluantes. Nous ne les donnons ici que pour ce qu'elles valent, pour de premières indications qui appdlent d'autres.rejeherches.
Dans les premières pesées dont nous avons inscrit les résultats, nous avons trouvé :
■ 29. 10 et 27. 98 pour 100- de jaune pour des poids bruts de 71 et 63 grammes.
Il s'agissait d'œufs produits par des poules ordinaires ou de pays.
Voici une troisième .pesée effectuée sur des œufe pondus par de poules de Nankin dites cochinchinoises.
Ensemble, ils ont marqué à la balance 180 grammes, ou 60 grammes en moyenne. Dans ce poids :
La proportion du blanc a été de. 60.00 pour 100 Celles du jaune, de. ... . . 28.42 —
£t celles de U coquille, de. • • 11.58 —
Rapprochant les résultats donnés par nos diverses pesées, nous ne voyons pas que l'avantage reste à l'œuf de la poul^ cochinchinoise. C'est en lui que s'est trouvée la plus forte proportion de blanc; le jaune le plus développé appartient aux œufe les plus lourds, et, après ceux-ci, toutes proportions gardées, nous voyons que le jaune a été plus abondant dans les petits œufs de la poule ordinaire que dans les œufs moyens.de la poule de Nankin. Mais à ce fait M.Mariot- Didieux opposera tout aussitôt une autre opinion; il dira, par exemple :
« L'œuf de la poule cochinchinoise a un blanc albumineux plus gras, moins aqueux que celui des autres races; il fournit donc plus de fibrine et contribue avec le jaune à former un plus gros poulet, »
Que valent au juste ces nouvelles assertions ? Ce serait à l'expérience à l'apprendre. Elles ne nous satisfont pas, quant à nous, et jusqu'à plus ample information, jusqu'à preuve sérieuse du contraire, nous continuerons à croire que plus le jaune est développé, plus l'œuf est parfait, plus il vaut à la fois pour la production et pour la consommation.
Voyons ks résultats d'un dernier examen. Celui-ci intéresse des œufe de poules vivajt en pleins champs et habitant un poulailler roulant. Nous les avons reçus, tout jfrais pondus de M. Oiot, qui nous écrivait, le 2 avril 1862, que les poules mises aux champs produisent abondamment, que leurs œufs ont un goût supérieur, que le jaune surtout en est recherché par les cuisiniers, qui, sous le rapport de la coloration et pour la préparation de certaines sauces, les estiment dans la proportion de 1 pour 3 ordinaires.
Nous désirions vérifier autant que possible les assertions relatives à la qualité de ces œufs ; M. Giot s'y est prêté de la meilleure grâce du monde.
Il nous a fallu 17 de ces œufs pour équilibrer sur la balance un poids de 1 kilogramme. Sous le rapport du volume, nous les avons trouvés fort divers. Ce n'étaient donc pas des œufs dioisis, mais pris au hasard de la ponte dans les paniers du poulailler roulant.
8 de cetix-ci, pesant ensemble 192 grammes et en moyenne 64 grammes l'un, nous ont donné les proportions suivantes :
108 ï>OULES ET ŒUFS
Blanc 58,85 pour 100
Jaune 28,66 —
Coquille. . . 12,49 —
La proportion du blanc est la plus faible que bous ayons constatée ; celle du jaune nous paraît être fort satisfaisante, mais celle de k coquiUe nous a paru un peu élevée.
Nous n'étions pas seul en prévention contre l'assertion relative à la couleur plus foncée - du jaune employé à donner du goût et à lier des sauces, mais le fait en nous donnant tort a pleinement justifié le dire de M. Giot, lui a donné raisdti.
Le genre de nourriture , le régime habituel, Thabitation, exercent une influence désormais incontestée sur tous les produits quelconques de la vie animale. La coloration plus foncée du jaune dans les poules champêtres nous paraît devoir être plus particulièrement attribuée aux qualités de Tair toujours pur que respirent les poules non-seulement en pleine campagne, mais aussi et surtout dans le poulailler roulant. S'il en est ainsi, il faudrait rapporter la décoloration ou la pâleur du jaune à l'air usé, peu oxygéné, que les poules respirent pendant la nuit dans les poulaillers qu'on n'ouvre presque jamais et qu'on nettoie si rarem.ent.
Mais l'influence de la nourriture ne s'exerce pas seulement sur les qualités alimentaires de l'œuf, elle se fait sentir aussi sur la proportion des matières qui le constituent. « On dit que l'orge augmente le .volume du jaune, que le seigle favorise le développement du blanc... » (Les' donnes pondeuses.)
Ces faits mériteraient une attention particulière et compoi*teraient une série d'expériences que nous ne sommes pas à même d'établir. Nous les mentionnons au passage comme dignes d'intérêt de la part des expérimentateurs. Augmenter le volume du jaune, diminuer la proportion du blanc, ne donner à la coquille que son poids le plus strictement nécessaire, ce sont là les termes d'un intéressant problème à résoudre.
La fécondité ordinaire des poules consiste, dans nos climats, à pondre presque tous les jours un certain nombre d'œufs, une vingtaine, que le vœu de la nature sollicite ensuite la pondeuse à couver la fécondité. La plus active n'a paa
encore été mesurée d'une manière certaine ; ce qu'on pourrait appeler la fécondité moyenne n'est même pas déterminée d'une façon plus précise. En haut et en bas de l'échelle, l'exagération a peut-être été la même. Nous ne saurions admettre le minimum de 52 œufs par an, chiffre déjà ancien, mais donné comine sérieux; nous n'admettrions pas non plus, quant à présent, le maximum de 300 imputé à la poule nankin par ses propagateurs les plus enthousiastes. Il a fallu en rabattre. Ceux qui comptent le mieux n'accusent pas au delà de 150 à 180. !&icore n'arrivent à ce nombre que les meilleures pondeuses, celles qui se trouvent dans la plénitude de leurs forces, dans la période la plus active de leur productivité.
CeUe-ci est mieux connue. On est d'accord pour la fixer de l'âge de un an à l'âge de quatre ans révolus. Il serait difficile de la développer plus tôt. La croissance de l'animal a ses lois, ses exigences. Avant de produire, l'économie se complète et se prépare. Or, toute {Réparation demande du temps. Passé •quatre ans, l'activité vitale diminue ; l'économie tend au repos, les produits deviendront de moins en moins abondants. Le point essentiel est de faire que, pendant cette période de puissance et d'énergie fonctionnelles, l'exubérance de la vie soit tout entière concentrée chez la pondeuse sur ôon aptitude à fabriquer des œufs, qu'on ne la détourne pas de sa destination, que le régime au contraire exalte ses facultés, en avive le plein accomplissement. C'est ce qu'on fait pour l'animal producteur de viande et de graisse : on le voue exclusivement, on le laisse entier au travail d'élaboration organique par suite duquel se développera dans le plus court délai possible l'augmentation utile de son poids, et on lui donne en suffisance les matériaux nécessaires à la production dont il est chargé, à la masse de produits qu'on attend de lui.
* « A l'exception du temps de la mue et du mois qui la suit écrit M. Mariot-Didieux *, c'est-à-dire depuis environ la mi-
* Contrairement à bien des croyances, dit M. Rufz deLavison, il a été constaté au Jardin d'acclimatation que la ponte est presque aussi abondante pendant la mue que pendant la période précédente; mais ceci peut être une question d'alimentation sur laquelle on ne s'est point expliqué.
octobre jusqu'à la mi-janvier, les poules pondent presque tous les jours, et d'autant plus régulièrement qu'elles sont mieux nourries et plus garanties du froid. Il y a néanmoins des poules qui ne pondent que de deux jours l'un, ou même tous les trois jours; mais d'un autre côté, si l'on en croit Ryaczynski et Bôutelkoc, il y a, en Samogitie et à Malacca, des poules qui pondent deux fois par jour. Aristote parle même de certaines poules d'IUyrie qui pondaient jusqu'à trois fois. »
Si yagues que soient ces renseignements, il ne faut pas les mettre complètement en oublia Parmi nos poules communes, il en est aussi qui, au fort de l'âge et de l'activité fonctionnelle, donnent deux œufs^ par jour. C'est tout au moins une indication, car elles vivent de la vie des autres et ne reçoi vent aucun soin particulier. Par ailleurs, ajouterons-nous sans plus attendre, ces œufs ne sont ni moins, beaux, ni moins gros, ni moins lourds que les meilleurs parmi ceux qui viennent à intervalles plus éloignés. Nous dirions volontiers, ^u contraire, qu'ils se classent comme œufs de choix, et cela se comprend, puisqu'ils sont la conséquence d'une activité surabondante en quelque sorte, le produit d*une vitalité accrue, le résultat d'une fonction parvenue à son apogée. Et ceci n'est pas une curiosité physiologique, un simple jeu de nature. C'est un témoignage de puissance; il ne s'agirait que de l'étendre au grand nombre.
Étudiée dans nos diverses espèces domestiques la fécondité n'a certainement pas dit son dernier mot. C'est une faculté encore ignorée dans sa plénitude, l'une de celles dont l'éducateur s'est le moins occupé. Jusqu'ici, nous nous sommes contentés de voir naître un seul agneau de la brebis. Seules quelques mères du troupeau, plus fécondes, en donnent accidentellement deux. Mais voici venir une famille de récente création, dont les femelles produisent généralement deux petits au lieu d'un à chaque portée. Le fait s'est renversé dans la nouvelle race, l'exception est devenue la règle au profit de l'éleveur.
La production de deux œufs par jour n'est pas , en certaines circonstances, au-dessus des forces de la poule ordinaire. Nous serons satisfaits à moins sans doute, mais nous avons le tort de nous en tenir à un minimum beaucoup trop
faible ; nous avons le tort de ne pas chercher à accroître la fécondité de nos poules, très-inférieure en général à ce qu'elle pourrait être.
A la fin de sa carrière, comme pondeuse utile, c'est-à-dire à quatre ans et demi environ, la poule devrait avoir produit de 500 à 600 œufs. On pourrait selon toute apparence aller au delà ; il faudrait néanmoins ccâisidér^ comme un progrès très-marqué cette grande ét^pe veaœ un t^me plus élevé. Ce dernier deviendrait sans doute le partage des races les plus perfectiannées, mais le gros de la population se tiendra toujours et. forcément un peu au-dessous, en raison des soins spéciaux que réclament les races supérieures et qu'on ne saurait jamais donner à la multitude avec une égale attention.
Ainsi des œufs plus nombreux et plus lourds , tels sont aujourd'hui les desiderata de l'éducation des poules dirigée dans le sens de la production intensive des œufs.
Comme sur tout autre produit des animaux, le genre et la qualité des aliments, l'hygiène en général et certaines particularités de la pratique exercent une influence marquée sur la précipitation de la ponte, sur le nombre et sur la grosseur des œufs. La température influe notamment d'une manière extrêmement remarquable, d'ailleurs très-remarquée, sur l'activité de la ponte et conséquemment sur la productivité ellemême, que le froid retarde ou enraye. Dans les conditions ordinaires de la mauvaise saison, la ponte est suspendue; elle est à peine ralentie quand on place les poules dans une atmosphère chaude, et ce point va nous occuper spécialement. Nous voulons auparavant redire ceci afin qu'on s'y arrête et qu'on vérifie ; il en est, croyons-nous, de la production des œufe comme -de la sécrétion du lait; il dépend beaucoup, de réducaieur d'accroître l'importance du produit. L'activité physiologique des mamelles est presque nulle ou indéfinie, suivant les circonstances ; l'organe producteur des œufs , la grappe ovarienne , fonctionne lentement ou activement, suivant qu'on le sollicite ou qu'on lui permet de sommeiller. On a érigé la fécondité des poules en caractère de race ; nous la croyons beaucoup plus dépendante de l'hygiène à laquelle les individus sont soumis. Malgré cela pourtant, nous nous empressons de le reconnaître, l'hérédité, ici comme en tout ce qui
tient à la Vie, a nécessairement sa part, mais rien qne sa part.
Le froid , ceci est simplement de notoriété publique, arrête ou retarde la ponte et en diminue le produit. Ce n'est pas le temps d'arrêt qui nous préoccupe, mais la diminution de produit qui en est la conséquence. Déjà nous l'avons dit, la ponte ne cesse que lorsque la grappe ovarienne ne fonctionne pas. Or celle-ci ne fonctionne avec énergie que sous l'influence d'une température de + 18® à -h 20® centigrade. Dans les pays chauds, les poules n'éprouvent pas d'interruption dans leur productivité. C'est de ce résultat qu'il faut se rapprocher le plus possible. Deux voies y conduisent : une nourriture dite échauffante, un logement en bonne exposition et dont la température constante ne s'abaisse pas au-dessous de celle que nous venons d'indiquer. La poule est sensible au froid; on la voit, en hiver, rechercher les fumiers chauds sur lesquels elle se réchauffe les pattes. La connaissance de ce fait a suggéré à la pratique d'établir des poulaillers d'hiver dans les écuries et dans les étables. Les poules qu'on y loge payent libéralement cette petite' attention en continuant à pondre.
« On est dans l'usage, et depuis un temps immémorial, dit M. Lariot-Didieux, de chauffer l'intérieur des poulaillers, dans les environs de Strasbourg, au moyen de simples poêles. Il devient indispensable alors d'y placer des thermomètres afin d'atteindre, sans le dépasser, le degré de chauffage voulu. En hiver, les poules aiment à rentrer au poulailler quand il est chauffé, mais elles préfèrent pendant le jour rester à terre que de se percher sur les juchoirs. Dans ce cas, on répand sur le sable des balles d'avoine ou de blé, »
L'échauffement des poulaillers commande quelques attentions d'hygiène et des soins de propreté bien entendus* Pour être chaud , l'air n'y doit pas moins être pur, sous peine de nuire à la santé et de provoquer la maladie. On estime à 30 œufs par poule « le surcroît de ponte qu'on obtient annuellement par l'emploi de la chaleur artificielle ». C'est quelque chose sans doute , mais -nous pensons qu'on peut arriver en somme à des résultats encore plus satisfaisants.
La chaleur artificielle n'est que l'un des moyens de l'hygiène; la race, une nourriture appropriée, sont des causes premières.
A côté des poulaillers artificieUement chauffés, il y a encore ce que les éducateurs appellent les poulaillers d'hiver, installations passagères de quelques pondeuses dans les habitations de nos grands animaux. Ceci est une pratique utile à la continuation de la ponte pendant les froids , mais non tout è, fait saps inconvénients pour les chevaux et les vaches. Il naît dans la fiente des poules, lorsqu'elle fermente, un acare qui n'est pas sans analogie avec le sarcopte de la gale. Cet insecte ne s'attache pas seulement à la poule, il s*empare de certaines régions du corps &e la vache et du cheval, et y détermine une affection qui simule en tout la gale la plus rebelle. Il y aurait donc lieir, quand on installe passagèrement un poulailler d'hiver dans une écurie, à le tenir dans un état de propreté extrême et à ne pas prolonger le séjour des pondeuses au delà du terme de l'hiver, après quoi il faudrait détruire l'installation faite à claire-voie , afin d'enlever aux insectes tout refuge et tout moyen de se multiplier.