I. — liM premiers soins
Nous venons de composer des familles : la mèïe adopte avec amour tous les petits qu'on lui apporte, aveuglément, indistinctement, au même titre, ceux qu'elle a couvés et ceux qui- vierii^eiit d'une autre. Tous seront égaux devant sa tendresse, et sa sollicitude. Ils vont demeurer ainsi pendant vingt-quatre heures, mais c'est- par eux que coromencera le service le lendemain.
Avant l'heure d'entrer au couvoir, Soeurette a ftit la cuisine
IW POUIiES ET (F,UFS
)X)iif 1h petite. Elles' attend à les TOir preesés de manger, miunïenant qaê la seconde incnbation 4 complété l'œaTre' ilutdievée'; son attente ne èera pas trompée. : Âprèa bien des esesi« et bien des tâtonnements, elle s'est arrêtée, ponr les trois premiers jonre, à la distribotion d'nnè p^;ée dont H. Jocqae s donné la formule. Elle la fait avec beaacoirp de soin , comme tout ce qu'elle entreprend du reste, et la compose de mie de pain rassia, émiettée très-fin d'œufc; diucis par la cnissoQ , hachée très-meno, et de feuilles vertes
de sidade, oa d'oseille nouvelle, ou de navet, de chou, de bet- Jierave ,. etc., hachées très-fin également. Lm propottiona in- .diqoées sont, cellea-ci : mie de pain, trois parties, œufs (jatine et blaocy cela va de soi) et verdure , de chaque, une pwrtïe. Où mélange le tout sans pétrir, sans former pâte , mais de façon que les anbstanceB restent désanies et puispent étiè prises sans difficulté par les poussins.' La verdure a porâ effet de conserver une certaiue fratcheur et d'ranpécber que la .miedepain devienne trop dure en se desséchant. On ne fut cette, pâtée que pôiir' ûa jour & la fois, tin 'peu d'habitude ,
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nj^rend bieB vite combien on dojt en préparer pour les/be» soins de chaque jour. Les poussins e^m montrent très-Mand& Dans la pensée de fortifier dayant^ les derniers, nés , Sœur rette remplace ordinairement la verdure par un peu de.Tin, et les petits ne s'entrouyent pas plus ïnaL JBnfin, et djès le second ou le troisième repas^ die domiQ un pea de.miUet blanc de bonne qualité. Le grain formera toujours la base de l'alimentation du poulet.
Pâtée et millet préparés, comme on a préparé devant la mue le repas des poules qui sont encore sur les oeufs, on arrive au cçuvoir. On prend des anses en fer qui s'adaptent aux paniers (grav. 27) et Ton ^nporte les petites familles au terrain d'élevée où les boîtes sont elles-mânes toutes prêtes.
Arrivé là, on commence par lever la mère avec toutes les précautions voulues et on l'introduit aussitôt 4fkQ8 lecompeartiment qui lui est réservé, puis on glisse doucement, un par un, les poussins sous son plastron. Cela &it, on étale de* Tant la poule et tout à sa portée, une certaine quautité dé la bienheureuse pâtée qu'elle atteindra sans se levw, Qn se retira alors pour aller en faire autant à la boîte voisine..
Toute bouffie et boursouflée, dit M. Jacque, partagée entre' la joie de couvrir sa nombreuse famille et la cramte de se la voir ravir, la mère parle aux petits une langue qu'ils comprennent, car on les voit bientôt mettre le nez à l'air et s'échapper en courant, trottant, sautant^ voire en flageolant sur leurs peâtes jambes, quand elles n'ont pas enc(»re eu le temps de s*afifermir complètement. La mère continue son intéressant racontage, sa fremike leçon et, joignant l'exemple au précepte, eUe fait seiigi^ilt de manger pour apprendre plus vite à ses ignorants poussins à manger tout de bon. Elle brise en [dus menus les {dus gros n^ceaUX et présente les frt^^ments à ceux-ci, jiuis à ceux-là. Chacun s'apaise et eh quelques instants tous ont réellemeiMi appris à vivre. Jls y. vont gaiement i dès la première fois, il font honneur à la cuisine.- Bepus, ils feviehhent sans ^ faire prier 0ous la mère ; la sieste leur sera bonne, car ils ^ront . chaudement enveloppés^ mais la digestion est prompte et deux ou trois fois encore, ce même jour, il fendra renouveler la distribution de la pâtée. D'ailleurs^ après les petits, la mère. Celle-ci a des besoins. Si eUe office aux pe-
tits, si elle les Ben qaand ils aHnmracent àmanger, bbiib b'ogmper d'elle-même, elle ne s'oublie pas tandis qu'ils domietit et Uit vite 1» place nette dèa qu'ils sont fourrés aona ses ailes.
Le lendemain, on distrilme la même p&t4e qnatre on cinq fois dons bt joomée et, nous arons en tort de ne pas le dire
Qnw. IS. — Auge CD lerre euEie. Gra», ». — AUEclw en ilnr,
1^08 hant, on a soin de tenir nne petite ange & boire, pleine d'e&n pnre et frotclie, à la portée de la mère qui est g^éralement altérée. Les poôlets anssi apprennent k boire, les uns par imitation, les aatrea par rencontre fortuite en tombant le bec dans rean,snÎTaiit l'espresBion pittoresque de Ht, Jacqne. Alors
Grav. SI. — ^IMuTDlr i^dtiMe
ils relèvent brusquement la tête et avalent une goutte. Sutt pris de la bonne aubaine, ils recommencent et les voilà aussi savants, aussi espérimentés que père et mère."' " Ije troisième jour apporte une modification qu'il est nécessaire d'indiquer. Les poussins ont de la force, et le libre ar- ,bitre doit leur pousser assez vite. Il est bon que la psule reprenne son régime habituel et que les petits puissent vivre &
leur coBYenance. On place donc la pâtée dans leur compartimenty mais tout près ^ grillage de séparation, de manière que la mère la leur montre, et peu à peu on l'éloigné davantage jnJsqn'à ce qne, senls, ils puissent s'en repaître. Cette petite rose deman(k bien nne quinzaine pour aboutir, car attentiâ et dociles, à son cri d'appel, incessamment répété, les petits demeureraient auprès d'elle au lieu d'aller manger et pâtiraient. L'auge à boire (les quatre gravures ci-contre présentent divers modèles) se met aussi dans le compartiment des poussins, assez près de la cloison pour que la mère, allongeant le cou à travers les barreaux, puisse se désaltérer, et assez loin aussi pour que les petits, en allant de l'une à l'autre chambre, n'aient pas à piétiner dans Teliu, à souiller celle-ci, à se mouiller... Une poule mouillée, c'est déjà triste;^ elle s'en tire néanmoins; son poussin n'en serait pas toujours quitte, au même prix*
Une fois accoutumés à aller boire et manger chez eux,^ lep poulets ne s'en font pas fEiute, ils vont et viennent à leur guise et ce premier essai de leur liberté est bientôt suivi d'excursions plus ou moins renoavelées, plus ou moins éloignées.
Pendant le^ jour, le compartiment de la mère n'est, fermé que par un panneau grillagé (grav, 13), mais pour la nuit on remplace celui-ci par un panneau plein. Les cases sont éclairées par la vitre supérieure. I)ès que le besoin de courir vient aux poussins, ils s'échappent à travers le griU^e, s'éloignent peu d'abord, restent à la portée de la voix de la mèrequ'ik rejoignent fréquemment, mais ils s'aguerrissent vite, et font successivement de plus lointaines reconnaissances.
On ferme la boîte, ou t)1us tôt ou plus tard, le soir;^on rouvre de même, le matin, à raison de. la température extérieure et smvant la force des poulets.