‹ Poulot en ItalieChapitre 10 sur 35 · LA TERRE I · texte numérisé non relu

LA TERRE I

manger. Puis il est revenu voir. Il ne peut se détacher de là.

Vers le soir, dans la vallée large, on a passé un autre fleuve qui coule lentement entre des bancs de sable.

Et des châteaux se dressent, magnifiques et vieux comme des églises.

La nuit venue, Tentant, émerveillé, regarde encore.

Il ne savait pas, quand il souffrait, dans la tranchée, que la terre de France était si vaste, ni qu'elle était si belle.

Et voilà que maintenant, malgré la nuit, il reconnaît, derrière les vitres assombries, ses champs, des champs larges et plats, semblables aux siens. Ils sont venus tout d'un coup : rien ne les sépare de ces pays splendides qu'il a vus. Ses champs et ces pays, c'est un même pays.

Quand le train s'arrête, chez lui, un orgueil, une joie, une tendresse inconnus gonflent son jeune cœur.

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