MORT D'UN AMI
On dit à Tenfant que son ami est mort.
Il est mort. Et c'est tout : il n'y a pas de quoi s'étonner.
La mort, à la guerre, souvent on la voit venir, ou on l'entend et elle s'éloigne; d'autres fois, quelqu'un dit un nom, et cela suffit : il y a un camarade qu'on ne reverra plus.
C'est triste, quand c'est un camarade : un de ceux près de qui on vivait, avec qui on partageait toutes choses, de qui on se souvient. C'est triste. On ne comprend pas, d'abord, que cela durera...
Mais quand c'est un ami, quel plus grand mal la guerre a-t-elle encore? Celuici était l'homme qui avait soigné l'enfant blessé. Ils ne se demandaient jamais rien.