MORT D UN AMI
Chacun aidait T autre autant qu'il le pouvait. Et ils se parlaient de chez eux.
L'homilie est mort loin de Tenfant, pendant une corvée. L'enfant pense que pour cette triste mort, son ami ne recevra pas la Croix de guerre. Mais ce n'est pas ce qui le tourmente le plus, il pense encore : « L'a.t-on bien enterré » ? Et surtout : « A-t-il souffert ? »
Au premier repos, il se met en route pour savoir. Souvent ceux qu'il dérange se moquent de lui. Mais s'il dit : « Je cherche un tel, qui est mort», aussitôt chacun devient doux et tâche de le renseigner.
C'est ainsi qu'il a pu savoir que son ami était mort sans souffrir, sur le coup. Alors, il ne faut pas trop le plaindre.
Et à force d'aller de l'une à l'autre des petites tombes qui sont là, n'importe où dans les champs, ou rangées toutes semblables, dans des cimetières, il a pu rencontrer celle qu'il cherchait. Il est satisfait et note l'emplacement.
L'enfant reprend sa route. Il est étonné
lorsqu'il pense à sa joie d'avant, quand il avait un ami. Alors, il ne se rendait pas compte de ce grand bien qu'il possédait. Maintenant, il se sent plus faible, plus seul. Plus résolu, aussi. Dans trois j ours il remonte en ligne : il va se battre.