‹ Poulot en ItalieChapitre 2 sur 35 · L'ARMISTICE · texte numérisé non relu

L'ARMISTICE

J'ai gardé pour la: fin le jour de Tarmistice. C'est par un radio que nous; L- avons connu. Le soir, les camarades italiens sont venus avec des torches; devant la maison du colonel. On leur a prêté la. musique, et ils se sont promenés avec elle dans tout le village. Je les ai laissés partir. Je n'avais pas envie de faire du bruit.

Cependant, j'étais bienheureux. Je suis sorti un instant dans la campagne. J'étais surpris- de ne plus entendre un' coup de canon, même, lointain. Et de tous côtés, vers l'ancien front comme à L'arrière, on lançait des fusées pareilles à celles qui nous servaient pour le combat : lés blanches; pour éclairer; les vertes,. qui annonçaient les gaz ; et les rouges, qui servaient le plus

POULOT EX ITALE

souvent pour demander le barrage de l'artillerie. Et de les voir monter sur ce pays tranquille, vers toutes les directions, toutes mélangées, pour le plaisir, sans qu'on ait à s'afïoler en les voyant, c'était ime chose extraordinaire.

Ça m'a fait bien comprendre que la guerre était finie, et que des choses qui avaient de l'importance allaient soudain ne plus en avoir.

J'étais content, le soir, en allant me coucher ; mais, je ne sais pas pourquoi, au lieu de dormir, j'ai passé une moitié de la nuit à faire l'appel des camarades qui ne sont plus là.

Le lendemain matin, j'ai été réveiUé par le bruit des cloches. Ah ! les belles cloches ! Elles sonnaient partout, dans la campagne autour de moi, qui me semblait être ma campagne, et derrière le Piave, et sur les sommets, et au flanc des collines, dans les villages délivrés où depuis si longtemps elles ne sonnaient plus. J'entendais ce beau bruit-là qui voulait dire que l'Austro était parti, que tout le monde

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