‹ Poulot en ItalieChapitre 31 sur 35 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Moins la mère Michel. François va regarder le Vieux avec précaution, s'assure qu'il dort.

François.

C'est vrai, il dort. Me voilà seul dans la maison de Francine. (7/ est venu à petits pas devant le por» trait, où il s'arrête.) Que cela, déjà, me rend heureux î Francine, Francine...

Toi que j'aime de tout mon cœur.

Ma jolie et douce Francine, Ta longue absence me lancine D'une incomparable douleur.

Las et dolent, mon cœur fidèle, Mon cœur plein d'un mortel ennui, A toutes heures, jour et nuit, Se demande : « Que devient-elle? ¥

Pense-t-elle à moi, seulement.

Qui par elle seule, respire?

Si elle y pense — crainte pire — Y pense- t-ellc tendrement?

Ainsi, dans ma triste démence, J'ai pleuré sur nous bien des fois.

J'avais tort : j'avais peu de foi.

Je devrais bénir ton absence.

Car c'est depuis que j'ai souffert Que je connais combien je t'aime.

Mon mal me révèle à moi-même Ce cœur que je t'avais offert.

Jadis, tu n'avais qu'à paraître Pour voir deux visages joyeux, Puisqu'en te penchant sur mes yeux Tes yeux pouvaient s'y reconnaître.

Les jours ne nous semblaient point longs : Ils étaient tous des jours de fête, Pourvu que j'approche ma tête Tout auprès de tes cheveux blonds.

Maintenant, je vis pour t 'attendre ; Et je suis seul, le cœur si nu, Que je n'avais jamais connu Mon amour si fort, ni si tendre.

Tu cherchais dans mes yeux heureux, Jadis, ton éphémère image ; Mais j'ai gravé ton vrai visage Au fond de mon cœur douloureux.

(// se laisse tomber à genoux.)

Francine ! O Francine, ma douce !

Je ne peux plus vivre sans toi !

Tu vois, je suis là, sous ton toit :

Ne permets pas qu'on me repousse...

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