TECHNIQUE DE LA PERFUSION DE POUMON ISOLÉ ET VENTILÉ
(Léon Biner et Ch. Mayer)
Un chien chloralosé est tué par saignée et son sang recueilli sur citrate de sodium va servir à perfuser le poumon du même animal.
Après ablation du plastron sternocostal, une canule est placée dans l'artère pulmonaire une autre dans l’orifice auriculo-ventriculaire gauche.
Un perfuseur de Ch. Mayer est substitué au cœur et refoule dans l’artère pulmonaire le sang citraté qui est repris par la canule drainant les veines pulmonaires par l’orifice auriculo-ventriculaire gauche. Le poumon est donc intercalé dans un circuit sanguin formé par le perfuseur, la canalisation et un récipient contenant le sang. L'ensemble du circuit a été soigneusement purgé d’air et le sang est protégé du contact de l’atmosphère par une couche d'huile de vaseline, un bain-marie chauffé par une résistance électrique le maintient à la température de 39°.
Après trachéotomie, une canule est placée dans la trachée et mise en communication avec une soufflerie fournissant de l’air tiédi par une résistance électrique. Enfin un linge humide est mis à la place du plastron sternocostal, il est chauffé par un radiateur électrique, le refroi-
dissement et la dessiccation du poumon sont ainsi évités.
POV er
I suffit de très peu de temps pour réaliser cette préparation, et les poumons sont misen perfusion quelques minutes seulement après la mort de l’animal.
Laissé en place dans la cage thoracique, protégé contre le refroidissement et la dessiccation, correctement ventilé et perfusé par le sang même qui l’irrigait durant la vie, le poumon se trouve dans des conditions aussi physiologiques que possible. Pendant plusieurs heures il va se comporter comme un poumon in vivo, ainsi que le démontrent son intégrité histologique (J. Vernes) et l'étude de son état fonctionnel : échange respiratoire, action sur
le sucre et les graisses (Léon Binet et ses collaborateurs.)