ÉTUDE DE L'AMMONIAQUE SANGUINE AU COURS DE LA PERFUSION PULMONAIRE
Perfusant un poumon avec du sang -citraté sans aucune autre addition, nous avons dosé l’ammoniaque sanguine avant et après une durée variable de perfusion.
Pour tenir compte de l’ammoniogénèse in vitro qui, pour des expériences de quelque durée prend une valeur non négligeable, nous avons parallèlement étudié les variations du taux de l’ammoniaque dans le sang perfusé et dans un échantillon témoin du même sang laissé à l’étuve à 39° pendant la durée de l’expérience.
Comme le sang perfusé, le témoin est conservé sous huile de vaseline et son volume est du même ordre de grandeur.
Nos expériences de perfusion ont duré de une heure à trois heures, les variations du taux de l’ammoniaque sanguine sont rapportées dans le tableau n°6.
Une augmentation nette de l’ammoniaque sanguine s’observe au cours de la perfusion pulmonaire, augmentation allant de 100 p. 100 à 180 p. 100 alors que dans le témoin elle reste inférieure à 33 p. 100.
Le taux de l’ammoniaque sanguine augmente donc manifestement plus dans le sang perfusé que dans le
é moin gardé à l’étuve. Dans cette augmentation, il
(Copjreury oxoydsouye uo JOITJUOA ®R JUEAIOS SUO98F XN9P SO J0SodE uQ) ‘oprquoa Jo osnjaod ‘ojosr uowunod op uoreredorq — ‘#5 ‘Sy
eme AU
(ourj991 939 e uowumod 9] JUEIANO9I9I 9PIUNU 98 UT, 97 "OUCU-UIPT UR SUPP NU9JUO9 9J841)19 -Q
Sues o7 oyones € ‘inosnjiod o7 oq1o4p © ued aormoid ny) ‘ojquoa Jo ssnjaod ‘ojosr uowunod op uoreiedorg — ‘ce ‘814
le
007 ‘d ga sud 4108 08°}
007 ‘d gg snjd 9108 09°‘F
007 ‘d a snjd q10$ 92°}
007 ‘d ge snyd Jos 992
NIONHL
007 ‘d #9r sad 108 OL‘£
007 ‘d ggr sad q10s 40 ‘€
007 ‘d 087 snyd q10s 70 ‘€
00F ‘à 007 sad 3108 09‘€
‘uorsnjiod SAV
‘uorsnyaod INVAV
O0F urotu97 00€ 00% 9snj1od sues 00€ urowu97 00L 00% 9sny1od Sues 00€ UIO9} 002 00% 9Snj1od sues 00€ uIowu97 002 00% 9snjaod sues
HSNAUHA INVS
‘uorsnpod op ogm( TVNINV/T HA SGIOd
a OR ER te ni
"Oxit 28d jeoeruomuume N op sommes ue eumSues HN — 9 oN AVATAVL
DE
semble bien que le poumon intervienne directement ; en effet rien de semblable n’est observé si l’on opère sur le mème dispositif de perfusion dont le poumon a été exclu de manière à seulement agiter et aérer le sang.
Après deux heures et demie de perfusion dans de telles conditions, le taux de l’'ammoniaque passe de 0,83 à 1,09 dans le sang perfusé et à 1,1,13 dans le témoin, l'écart entre ces deux chiffres est à peine supérieur à l’ordre de grandeur des erreurs de mesure.
Au cours de nos expériences de perfusion l’augmentation du taux de l’ammoniaque sanguine est donc indiscutablement attribuable à l’action du poumon. Par contre, rien dans nos constatations ne permet de considérer cette action comme une fonction physiologique de l’organe plutôt que comme un processus d’autolyse.
Sans doute, l’origine exclusivement autolytique de l’ammoniaque formée dans ces conditions semble-t-elle peu vraisemblable si l’on considère que nos perfusions n'ont jamais duré plus de trois heures et qu’un résultat net était déjà obtenu après une heure.
L'origine autolytique de l’ammoniaque formée serait infirmée par la mise en évidence d’une ammoniogénèse pulmonaire aux dépens d’une substance introduite dans le sang de perfusion.
Nous avons donc recherché si au cours de la perfusion pulmonaire une formation supplémentaire d’ammoniaque était observée après addition d’une substance ammonio-
gène ou présumée telle.
LR
Inîluence de l'addition d’une substance ammoniogène Sur la production d'ammoniaque au cours de la perfusion pulmonaire.
Parmi les auteurs qui ont étudié l’ammoniogénèse sanguine, une opinion généralement admise attribue, pour une partie tout au moins, l’ammoniaque formée à des réactions de désamination.
Nous avons donc recherché si le poumon était capable de former de l’ammoniaque aux dépens de diverses substances aminées, polypeptides, dipeptides et acide aminés.
Nous ne croyons pas que leur addition au sang de perfusion constitue un acte anti-physiologique, ces corps constituent en effet les termes intermédiaires du métabolisme des protides et se trouvent normalement dans le sang circulant. Nous en avons seulement élevé la concen-
tration pour mettre en évidence leur rôle ammoniogène.