‹ Pour bien se porterChapitre 31 sur 42 · CHAPITRE PREMIER LA CLINIQUE ET LE LABORATOIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER LA CLINIQUE ET LE LABORATOIRE

e mot « clinique » vient, comme on sait, du

grec xXi'vï|, qui veut dire lit. Par conséquent

la clinique est, en principe, l’ensemble des renseignements que peut fournir l’examen du malade couché. C’est, à n’en pas douter, sa position la plus logique, mais il convient de reconnaître que, lorsqu’on l’examine debout, c’est encore, en dépit de l’étymologie, de la clinique. Celle-ci comporte donc, en réalité, tous les^signes que l’on peut recueillir directement par l’examen du patient.

C’était jadis la seule méthode dont disposassent les médecins pour s’enquérir du mal dont souffrait celui qui avait recours à eux. Ils en usaient donc, mais je vous prie de croire que pendant longtemps ils n’en abusèrent pas. Au xvn e siècle, Thomas Diafoirus se fût cru déshonoré s’il avait

bouquet. — Pour bien se porter. il

porté la main sur son client dans un autre dessein que de lui tâter le pouls. Il l’interrogeait, lui faisait tirer la langue, s’inquiétait de savoir si ses excrétions étaient... louables, puis il rédigeait en latin une savante ordonnance et attendait que ses remèdes et la nature fissent leur besogne.

Peu à peu cette façon sommaire de procéder se modifia en se compliquant. Le médecin daigna y regarder de plus près, inspecter le patient et le palper pour se rendre compte des changements survenus dans son anatomie et localiser plus exactement ses souffrances. A la fin du xvm° siècle, Avenbrugger apprit à ses confrères en Esculape les avantages de la percussion et qu’elle permettait de déceler des sonorités anormales dont on pouvait tirer d’utiles conclusions. Au début du siècle suivant, un formidable pas en avant fut accompli quand le grand Laennec découvrit l’auscultation, grâce à laquelle on parvint à débrouiller le chaos dés maladies qui ont pour siège les poumons et le cœur. Puis le laboratoire vint.

La clinique groupant tout ce que l’on est à même de constater sur le malade, le laboratoire, en face d’elle, revendique d’abord, pour sa part, les renseignements que l’on peut acquérir en dehors du sujet lui-même. Je ne veux ni ne peux insister sur l’extraordinaire complexité de ses recherches, d’autant que je risquerais d’être fort incomplet puisque ce champ d’exploration s’accroît de jour en jour. J’ai déjà parlé 1 de l’examen des urines, par exemple, et tenté de montrer comment la pratique fantaisiste des « uromantes » de jadis s’était muée en une série d’analyses des plus positives, mettant

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