‹ Pour bien se porterChapitre 34 sur 42 · Voir Initiation a la médecine. (Librairie Hachette · texte numérisé non relu

Voir Initiation a la médecine. (Librairie Hachette

La santé et la maladie demeurent affaire individuelle et il n’est de science que du général.

Il résulte de cette distinction fondamentale que les recherches de laboratoire ne sauraient à elles seules fournir une solution au problème diagnostique envisagé. Il faut, pour tirer d’elles les enseignements qu’elles comportent, que leurs résultats soient interprétés. Le jugement du médecin doit entrer en ligne de compte aussi bien que l’avis du spécialiste de laboratoire. Il doit apprécier les réactions en les rapportant non à une loi générale applicable à tous, mais en fonction du sujet et de la façon dont cette loi peut le concerner. La réponse du laboratoire est un élément de diagnostic, elle n’est pas le diagnostic lui-même.

Les médecins, dis-je, ne s’y trompent pas. Ils savent qu’une radiographie, par exemple, c’est encore un problème, souvent, à résoudre. Ils savent combien il est facile de se laisser abuser par cette image en apparence si démonstrative, avec quel soin il faut l’interroger. Ils savent que la présence d’un microbe en tel point du corps ne signifie pas qu’il soit la cause — et surtout la cause unique — du mal dont souffre le patient. Ils savent que telle modification dans la composition du sang ou du sérum est plus sérieuse chez celui-ci que chez celuilà et que l’indication pronostique et thérapeutique ne dépend pas exclusivement du chiffre noté sur la feuille d’analyse. Le public, à son tour, doit ne pas se laisser impressionner par l’apparence de précis et de définitif que prennent à ses yeux le nombre et la mesure. Ce qui serait la vérité sans dis- , cussion possible s’il s’agissait de substances inertes n’est plus que du probable ou du possible quand il est question de l’être vivant.

Page 1