‹ Pour bien tenir sa maisonChapitre 42 sur 78 · ECONOMIE DOMESTIQUE LES ACHATS. LE MARCHÉ LES DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

ECONOMIE DOMESTIQUE LES ACHATS. LE MARCHÉ LES DOMESTIQUES

LA maison dans laquelle l'ordre et l'économie ne régnent point est exposée à des désastres ; tandis que la maison intelligemment dirigée, prospère méthodiquement et presque sans effort, sinon sans souci, pour la femme qui veut s'acquitte consciencieusement de sa tâche.

Dès le début d'une installation, il est nécessaire de fixer le budget et sa répartition, et il serait prudent de ne songer à aucune organisation avant que cette question de budget ne soit étudiée et établie sur des bases sûres.

Ceci fait, la m,aîtresse de maison n'a plus qu'à diriger. Si ses ressources sont restreintes, son train de vie tout simple, elle dirige elle-même son petit ro5^aume, surveille tout, se rend compte de tout; elle prend à cela quelque peine, mais au m.oins elle sait exactement ce qu'elle dépense. La femme qui dirige une maison plus importante, où la vie est très large, est forcée de s'en remettre à des auxiliaires plus ou moins dévoués, dont elle devra étudier les comptes et les rapports. Elle devra se rappeler que toute négligence, tout défaut de surveillance encouragent les désordres.

Une maison bien dirigée est celle où chacun a sa besogne déterminée, où l'emploi du temps est fixé d'avance; pour cela, chaque jour de la semaine, certaines heures sont affectées à un travail spécial qui revient régulièrement de huit jours en

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huit jours; ainsi, l'après-midi du lundi peut être réservé au savonnage, le mardi au raccommodage, le mercredi au repassage, le jeudi toute l'argenterie est faite à fond, le vendredi est consacré aux glaces et le samedi aux cuivres, à des travaux imprévus ou des netto5'ages divers.

Une femme économe et ordonnée ne permet pas à ses domestiques de faire, pour la maison, des acquisitions qu'elle n'a pas commandées ou ratifiées.

La maîtresse de maison reçoit les comptes de chacun, les examine, et fait les observations qu'elle juge nécessaires.

Les factures remises en retard sont plus difficiles à vérifier ; aussi est-ce un excellent principe d'exiger qu'elles soient apportées au moment de la livraison, ou sitôt après l'exécution d'un travail. On évite ainsi les erreurs réciproques et les contestations.

Il n'y a pas de maison, fût-ce la plus modeste, où les comptes ne doivent être en règle chaque soir.

On inscrit les dépenses, on vérifie l'exactitude de celles qui ont été faites — sur ses propres ordres — par les domestiques et l'on s'assure que l'on a pas dépassé les limites tracées pour le budget journalier.

Le plan de direction d'une maîtresse de maison pourrait être tracé comme il suit, en tenant compte évidemment des différences d'habitudes et d'existence.

La matinée toujours trop courte lorsque son emploi n'est pas fixé d'avance, est bien vite remplie par la distribution du travail de chacun, la préparation des menus de la journée, la surveillance du nettoyage et l'arrangement de la maison. Ce sont les faits.

La soirée appartient aux comptes, aux vérifications. Ce sont les chiffres.

Le budget. — Un budget bien établi ne doit pas seulement comprendre les dépenses nécessaires à l'existence de la famille; il doit encore réserver une part à l'épargne, à l'économie en vue des cas imprévus, ou de l'accroissement du capital.

Le budget une fois établi, il est indispensable de le diviser en autant de rubriques qu'il est nécessaire pour les besoins divers

de la famille. Le revenu, ou le gain d'une année étant connu, on arrête la somme qu'il convient d'attribuer par mois et par jour à chaque catégorie de dépenses.

La répartition des dépenses peut s'établir de la façon suivante : nourriture, loyer, divers. Ce sont les trois divisions principales, autour desquelles viennent se grouper les dépenses qui s'y rattachent.

Les économistes évaluent généralement au cinquième du budget annuel, la dépense qu'il convient de prévoir pour le loyer ; les dépenses diverses et l'entretien, à un autre cinquième et à la moitié du budget les dépenses concernant la nourriture ; ce qui laisse une somme de 10 p. 100 pour les économies.

Dans certaines villes le loyer n'exige pas une part aussi importante du budget, mais certains approvisionnements moins faciles rendent la vie plus coûteuse.

Voici un tableau donnant, de façon plus précise que n'importe quelle démonstration, la division de plusieurs budgets de 3.600 à 10.000 francs, et la part attribuée à chaque dépense, par mois et par jour.

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