PUISSANCE PUBLIQUE
documentation. Sur l'Université, sur la Magistrature, sur la Criminalité, sur l'Assistance, sur le Foyer, l'auteur n'a qu'à ouvrir la main pour laisser pleuvoir de fâcheuses perles. Et il est impossible de récuser le joaillier ; M. Henri Joly est. ancien doyen d'une Faculté de province et l'un de nos criminalistes et philanthropes les plus justement connus. Le triste, c'est que ce qu'il sait et dit n'est qu'une bien faible partie de tout ce qui est. L'existence en France commence à être, partout ailleurs qu'à Paris, insupportable, sauf pour les étrangers qui, eux, sont à l'abri de la polititianocratie. C'est l'avis de Bodley. II n'est pas flatteur pour nous.
Puissance publique.
Ce qui est intéressant dans les transformations de la puissance publique, ce sont ses limitations. Car quand il s'agit de puissance, la forme importe moins que l'intensité. Celui qui reçoit des tuiles sur la tête s'inquiète peu si elles sont rondes ou carrées, alors que leur nombre et leur pesanteur le préoccupent légitimement. Sans doute limiter la puissance publique n'est qu'une partie du problème politique, organiser et utiliser cette force étant autrement important, mais c'est une partie qui a bien sa gravité aussi; que de grands événements historiques qui se réduisent à la lutte de la liberté et de 1 autorité 1 Tour à tour on a vu les pauvres humains recourir à de petits chefs locaux contre les brigands et les pirates, à de grands chefs et à l'Église contre ces petits seigneurs, à la royauté contre la féodalité et l'Église, à la représentation nationale contre la royauté, et maintenant
c'est contre la représentation nationale qu'on cherche des points d'appui. Tout pouvoir est souverain par nature, donc absolu, arbitraire et tyrannique, celui d'un parlement comme celui d'un autocrate ; et on n'a pas contre une assemblée les armes qu'on a contre un individu; le plus féroce des monarques a fait couler moins de sang que notre Convention. Il est vrai, nous avons tissé quelques fines ligatures souples et résistantes; le recours pour excès de pouvoir et le recours pour détournement de pouvoir rendent des services indiscutables, mais comme tout cela casserait à la première occasion I La critique qu'on a faite de ces ressorts fragiles est pénétrante et désolante. Oui, il est facile à un gouvernant un peu habile de mettre à l'abri son arbitraire; qui respecte les formes peut faire à peu près tout ce qu'il veut en France. 11 faudrait donc des freins nouveaux, et justement on nous en propose un, les syndicats de fonctionnaires. Voyons ce qu'il vaut. 11 limite incontestablement la puissance publique au regard de ses agents; mais au regard des simples contribuables? Le fait que les commissaires de police, par exemple, seront protégés contre l'inquisition des politiciens n'implique pas forcément que ces magistrats auront pour les droits du simple citoyen tout le respect qu'il faudrait. Et qui nous garantit que ces associations de fonctionnaires qu'on voit naître de partout ne vont pas avoir pour visée unique d'augmenter les places et les traitements ? Jusqu'ici il n'en est rien, je le reconnais, mais peut-être ce beau zèle pour le service dont brûlent les syndicats nouveaux n'est-il que feu de paille. Il serait surprenant que, sur ce point, les salariés