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RÉVOLUTION FRANÇAISE

mis ce document humain d'une saveur presque contemporaine.)

Révolution française.

Cherchant à expliquer la Révolution (le point d'interrogation inévitable) les historiens indiquent tantôt l'esprit classique, tantôt les circonstances économiques. Je me demande si on ne peut pas, plus simplement, l'expliquer par la police; je ne parle pas de la Révolution-évolution, qui se serait toujours faite, et après laquelle, suivant le mot de M. Charles Richet, la France de 1825 aurait forcément été ce qu'elle était en 1825, mais de la Révolution-cyclone, de la Terreur, de celle, à dire vrai, sur laquelle seule on discute et qui seule est énigmatique, ensorcelante et affolante. Eh bien, je me demande si la Terreur n'a pas eu lieu, tout bêtement, parce qu'on l'a laissée avoir lieu ; les chahuteurs ont avancé parce que les sergots n'ont pas bougé et ceux-ci n'ont pas bougé parce que le sergot en chef n'a pas voulu qu'ils bougent. Pourquoi ? Parce que ce gros sac à soupe, aussi ignorant que pleutre, n'avait lu qu'une histoire dans sa vie, la Révolution d'Angleterre, et n'en avait retenu qu'une chose, c'est qu'on avait coupé le cou à son cousin d'alors parce qu'il avait tiré sur son peuple. D'où sa résolution (la seule qu'on reconnaît, inébranlable, dans l'amas d'indécisions, de sottises et de mensonges que fut sa conduite) de ne jamais exposer un de ses sergots à la dure nécessité de dire : Circulez ! Quant aux chahuteurs c'étaient des potaches, ne voulant de mal à personne au fond, mais qui, ayant cassé leurs premières vitres

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aux cris de « Mort aux sergots ! » et aussi « Mort aux faux- frères ! » ont été forcés plus tard, pour faire honneur à leur cri de guerre, de massacrer les sergots et de se massacrer eux-mêmes en se traitant de faux-frères. Et voilà toute l'énigme du Sphinx.

Les haines nationales datent, en somme, de la Révolution. C'est à la guerre déchaînée par les Girondins que nous devons l'antipathie de tous nos voisins, la rancune tenace de l'Angleterre et la vengeance encore insatisfaite de l'Allemagne. Et nous ne sommes pas les seuls à souffrir de cette funeste époque. C'est elle qui est la cause réelle du partage de la Pologne ; c'est à elle que la Hollande doit d'avoir perdu Ceylan et le Cap; c'est son contre-coup plus lointain, mais non moins certain, qui a coûté leur indépendance à la Finlande et à la Norvège, qui a fait longtemps le malheur de la Belgique et de l'Italie ; c'est à son influence persistante enfin que nous devons la fureur de nos discordes intérieures, car si les autres peuples ont fait sortir de leur passé des trésors de haines, ce furent du moins des haines nationales préparant et décidant le triomphe de leurs patries, alors que nous n'avons fait sortir du nôtre que des haines intestines dont la férocité se ressent toujours du temps où florissaient la loi des suspects, l'arrogance des délateurs, la chasse aux insermentés, et les fournées de la guillotine.

Richesse et religions.

M. Yves Guyot,dans son Bilan politique et social de l'Église, insiste sur la comparaison des valeurs mobilières dans les pays catholiques d'Europe, 122 mil-

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