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SÉNAT

(échevins, bourgmestres, consuls, députés d'États provinciaux, etc.) ; il y avait des « sélectes » qui ne devaient leur rôle qu'à eux-mêmes, soit qu'ils eussent acheté une charge, soit qu'ils eussent été acceptés dans une corporation ou une Université ; il y avait enfin des « fils d'archevêque » héritant du rôle social de leurs parents comme aujourd'hui nous héritons des nôtres, de leur clientèle, de leur fortune ou de leurs relations, et la combinaison de toutes ces origines donnait un produit louable.

Sénat

Actuellement le Sénat est élu comme la Chambre et par un mode d'ailleurs artificiel et compliqué. On est obligé de réunir au chef-lieu du département une foule de gens, après avoir mis en branle tous les Conseils municipaux pour leur faire élire des délégués. On introduit forcément la préoccupation politique dans des assemblées locales qui devraient y être soustraites; comment le Gouvernement se désintéresse- Irait-il des élections municipales, quand il sait que par contre-coup les élections sénatoriales doivent en (sortir? On organise un collège électoral uniquement [politique, où il n'y a que des représentant» des passions de scrutin, et où aucun organe sérieux de la vie focale ne trouve place, ni les Chambres de commerce, pi les Syndicats agricoles, ni les Sociétés savantes. 3nfin, on obtient une assemblée qui fait double emploi avec la Chambre, ayant en somme le même Personnel, issu de la même origine, et qui ne peut ■ enir qu'un emploi inférieur par rapporta l'autre qui ;ie targue d'une origine moins compliquée et d'un

personnel plus directement choisi par l'électeur.

Assurément tout moderne Lycurgue, à qui onde" manderait d'organiser un Sénat, aurait choisi un autre mode de recrutement. Dans les pays aristocratiques, une Chambre des lords est tout indiquée. Dans les monarchies, le droit du souverain ne peut être que prépondérant, d'autant que de nos jours de suffisantes précautions sont prises partout contre ses purs caprices. Dans une démocratie comme la nôtre» il faudrait que le Sénat réunit un certain nombre de conditions : qu'il eût une origine différente de la Chambre; qu'il n'eût pas, d'ailleurs, une origine hostile; qu'il réunit ce qu'il y a de plus expérimenté dans le personnel politique à ce qu'il y a de plus remarquable dans le personnel extra-politique ; enfin, qu'il représentât un élément de stabilité et de continuité dans la direction générale du pays.

On obtiendrait facilement ceci en composant le Sénat avec 100 membres désignés par le Sénat expirant, 100 désignés par la Chambre expirante et 100 choisis par les précédents moitié parmi d'anciens parlementaires, moitié parmi des citoyens sans mandat.

Un Sénat ainsi composé comprendrait 250 anciens députés ou anciens sénateurs, et 50 hommes nouveaux ; ce dernier groupe serait suffisant pour tenir un noyau de sujets remarquables, étrangers à l'esprit de parti et donnant au Sénat le haut prestige qui lui manque trop souvent; ce seraient, sans doute des personnages trop officiels, au gré de quelquesuns, qui le composeraient, savants de l'Institut, anciens ambassadeurs ou généraux, etc., mais rien n'empêcherait les 250 membres déjà nommés d'y

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