TRAITEMENTS
François I" signait sire de Vanves, en répondant à Charles Quint dont la liste des titres tenait une page; les fonctionnaires seraient égaux aussi; les grades, les emplois. les décorations, les titres constitueraient de suffisantes différences.
C'est pour l'armée que la nouvelle règle pourrait être le plus aisément appliquée. Trois classes seulement et trois traitements : officier à 3.600 ; officier supérieur à 4.800 ; officier général à 6.000. Ceci serait déjà fort avantageux pour l'immense majorité des officiers qui n'arrive qu'assez tard à la solde de 3.600. Des suppléments d'enfant commençant à 500 francs et allant en progressant, 600 pour le second, 700 pour le troisième, etc. Des suppléments pour certaines garnisons, aussi peu nombreuses que possibles. Des frais de représentation très considérables, mais alloués au corps et non au chef ; le colooel ou le général serait simplement l'administrateur des frais de représentation du régiment ou du corps d'armée. Je n'entre pas dans le détail, et note seulement que la charge pour le budget serait la même; quant au gain moral et pratique, chacun l'imagine.
Une fois la réforme faite pour le corps des officiers, il n'y aurait qu'à l'étendre aux fonctionnaires civils. On préciserait d'abord ceux qui ont droit à ce titre. On les rangerait ensuite en trois grandes classes correspondant à capitaine, colonel et général, et pinsi on triompherait du monstre Avancement et de tout ce qu'il engendre, qu'il soit au choix ou à l'an- ,:ienneté: la routine, la faveur, l'intrigue, le découragement, le desordre.
Traités d'économie politique.
Écrire un cinquantième traité de droit civil est grotesque, mais écrire même un deux centième traité d'économie politique est légitime ; au fond, tout homme n'a-t-il pas le devoir de s'en combiner un pour lui sinon de le publier pour les autres ?
Travaux publics.
Sait-on par combien d'opérations il faut passer quand on veut se faire autoriser à clore son champ d'une haie ? Par dix-neuf. Cela va à six semaines quand il n'y a pas la moindre anicroche. Pour peu qu'un des dix-neuf rouages grince, cela peut durer le double, le triple, le décuple. Il faut dix-huit mois pour décider la reconstruction d'un pont qui menace ruine, trois ans pour déclarer d'utilité publique un tramway. Je sais une délimitation de plage sur la Méditerranée qui a duré une douzaine d'années. Voilà pour le temps gaspillé. Quant à l'argent, on évalue à 30 millions l'économie qu'on pourrait faire au ministère des Travaux publics. « Et c'est le ministère le mieux organisé ! » Or, rien ne serait plus simple que de remédier à cela. Il suffirait de donner la décision en matière de travaux pub ics aux hommes des travaux publics, c'est-à-dire aux services des ponts et chaussées, au lieu de la réserver au préfet qui n'y entend rien ; mais quel est le Gouvernement qui osera diminuer le pouvoir de ses suppôts, et donner un peu d'indépendance à des services techniques? Il y aurait une autre mesure bien simple qui déblaierait beaucoup, ce serait, quand une opération