AUSTRALASIE
a pas et ne peut pas y avoir d'esthétique catholique. Il y a seulement des artistes qui pourront être catholiques, ce qui n'est pas la même chose. L'important serait que ces artistes se produisissent, car, comme, historiquement et psychologiquement notre race française est vouée au catholicisme, synthèse harmonieuse de la Grèce, de Rome, et de la Galilée, cette renaissance ne pourra qu'être catholique. Aussi qu'elle ne cherche pas à l'être, ni ne se proclame telle I
Australasie.
Australie, Nouvelle-Zélande, le paradis des ouvriers, a-t-on dit, en tous cas le firmament d'où nous vient la lumière pour cent questions à l'ordre du jour, arbitrage obligatoire, minimum de salaires, journée de huit heures, retraites ouvrières, etc. Et les champions de ces réformes ont beau jeu à invoquer l'exemple de ces pays antipodes, où, quoi qu'en disent pessimistes et grincheux, les choses ne vont pas si mal, le commerce général augmentant plus que dans bien des pays où les ouvriers peuvent se dire en purgatoire, sinon en enfer. Pourtant, il ne faudrait pas trop se hâter de conclure. D'abord l'Anglo-Saxon de làbas est bien différent de nous : le puritanisme biblique, le fétichisme du home font chez lui obstacle à l'alcoolisme et à la prostitution; il n'aurait aucun goût pour notre vie urbaine, et même il se scandalise que nos municipalités organisent des théâtres gratuits. Son bon sens pratique, ou, si l'on veut, son absence d'idéal en politique, le préserve de bien des bévues; il ignore les beautés du credo électoral, et il fait du socialisme sans s'en douter; c'est pourquoi
les purs marxistes (il y en a un groupe à Sydney) n'ont que mépris pour ces hérétiques, presque ces mécréants. Notons encore leur défiance du fonctionnarisme, leur féminisme qui se manifeste par la chasse aux mastroquets et aux raccrocheuses, l'influence sociale énorme d'une congrégation religieuse, f Armée du Salut, toutes particularités qui ne se produiraient pas chez nous. Et malgré ces différences si favorables, il y a des ombres au tableau ! Cette législation de « grand'mère », comme disent les Anglais, n'est pas sans inconvénients ; une sollicitude si minutieuse paralyse le bien et n'empêche pas le mal ; la concorde sociale ne règne pas plus sous la Croixdu-Sud que sous la Grande-Ourse, et le paupérisme n'est pas inconnu ; chose plus grave pour un pays neuf, le développement général se ralentit; ni les capitaux ni les ouvriers ne se portent plus versl'Australasie; les uns et les autres préfèrent la libre Amérique ; c'est dans des proportions effrayantes que la natalité baisse et que les impôts augmentent ; la Nouvelle-Zélande, qui tient le record de la protection des ouvriers, vient également en tête pour la dépopulation, à peine moins forte que la nôtre, et pour les contributions, deux et trois fois plus lourdes que les nôtres. De sorte que quand les pessimistes et grincheux vous disent : « Ils vivent encore de leurs fonds, de leur capital d'énergie morale puisée dans l'ancienne Angleterre ; attendez la prochaine génération ! »on est un peu embarrassé pour leur répondre.
Belgique.
Serait-il vrai que l'Angleterre, pour fortifier la