‹ Pour causer de toutChapitre 21 sur 138 · CÉSARISME · texte numérisé non relu

CÉSARISME

iré du célibat ecclésiastique qui donne à réfléchir : Depuis dix-huit siècles dans les pays catholiques, )lusieurs centaines de milliers d'adultes (ce qui àquare générations par siècle finit pardonner un énorme otal de personnes) sont détournés de la procréation, itces célibataires sont très souvent d'une haute intelectualité, et presque toujours de la plus solide moraité, cette dernière qualité étant facilement transmisible à l'enfant. Qu'on juge des myriades d'honnêtes jens qui auraient pu naître, et qui, du fait de ce célibat, ne sont pas nés, alors que procréaient tant Palcooliques et de criminels ou seulement tant d'inlividus vulgaires ! Pour se rendre compte de cette : perte sèche», on peut comparer le célibat du prêtre :atholique au matrimoniat du prêtre protestant ; sur 00 membres étrangers de l'Académie des Sciences, À sont fils de pasteurs. Vraiment c'est à se demanler si cette incessante condamnation à l'infécondité les meilleurs éléments d'un peuple au bout de tant 'années, n'amène pas une contre-sélection, et n'exilique pas aujourd'hui la supériorité morale des pays •rotestants ; à 50.000 couples procréant pendant vingtinq ans et ayant chacun une moyenne de cinq ou six niants, ce qui n'est point excessif pour des époux eligieux (on sait la prolificité des pasteurs), la popuation ecclésiastique de France donnerait au pays en in seul siècle plus d'un million d'enfants « eugéni- ]ues ». Le gain en vaudrait la peine.

]ôsarisme.

Des observateurs étrangers comme Bodley contiîucnt à voir dans le côsarismc la forme gouverne-

mentale la mieux appropriée à notre caractère fran çais, et un grand penseur, Cournot, le regardai comme le meilleur régime pour les peuples européens Ce gouvernement, dit-il, n'est « nullement propr aux nations parvenues au dernier degré d'avilisse ment » ; c'est le régime qui a fait la force et la gloir de l'Empire romain, et après lui, de l'Empire d'Orienl et aussi du Saint-Empire. Il consiste en ceci que 1 souverain doit le pouvoir à ses qualités personnelles et le passe à son tour au plus digne (de là les adop tions des empereurs romains) ; il peut, sans dout aussi, le passer à son fils, mais celui-ci ne le gard que si la nation y consent. Ce régime, logique et sim pie, semble bien fait pour l'Occident ; c'est celu qui s'y établit de lui-même quand on laisse la natioi s'organiser librement; la pure monarchie héréditair< avec transmission aux branches collatérales, quelquefois si éloignées, est un système artificiel qui n'î pu durer plusieurs siècles dans nos pays que grâc( à des conjonctures très heureuses. Si les Capétien* ne s'étaient pas appuyés sur des fondations auss solides que celles de la chrétienté féodale, ou s'ils avaient eu à faire face aux mêmes dangers que les empereurs de Rome ou de Constantinople, ils n'auraient pas attendu 1792 pour buter. La conception d'une monarchie élue viagère, ou avec dévolution seulement en ligne directe, et pour ce motif de perspective assez brève, qui est le césarisme, est donc un système qu'on peut légitimement préconiser et qui garde ses avantages à côté de l'hérédité indéfinie et de l'élection à brefs intervalles.

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