‹ Pour causer de toutChapitre 22 sur 138 · CITOYENS · texte numérisé non relu

CITOYENS

Champ des idées.

Le champ des idées, tout comme un autre, a son riche sous-sol, et celui-ci pour ne pas connaître les booms et les kracks (les ignore-t-il tant que ça?) n'en est pas moins exploré et exploité à la façon d'un placer. Parmi les fouilleurs, il y en a d'esprit opiniâtre qui ajoutent galerie à galerie et n'abandonnent leur mine qu'après avoir tari le dernier filon, et d'autres de tempérament explorateur qui se contentent de percer çà et là des puits de sonde, et qui laissent aux survenants le soin d'exploiter le gisement reconnu. Taine était plutôt de ceux-là et Tarde serait plutôt de ceux-ci.

Citoyens.

La Cité, dit-on, est représentée par ses citoyens.

C'est faux comme c'est vrai, c'est possible comme s'est absurde. Tout aphorisme de cet acabit devrait *tre mis au rancart inexorablement. D'abord qui est vraiment citoyen ? Gomment décider celui qui doit l'être et celui qui ne le doit pas ? Il y a des cités où un habitant seulement, sur cent ou sur mille, était citoyen. Accorder la qualité à tous les mâles adultes, somme font nos démocraties, n'est qu'une solution particulière, aussi artificielle qu'uneautre. Pourquoi les femmes ne sont-elles pas citoyennes ? Pourquoi les enfants ne comptent-ils pas ? Pourquoi les étrangers même n'ont-ils pas voix au chapitre? Est-ce que la richesse de Nice ou de Pau n'est pas leur fait au moins autant que celui des indigènes? En quoi trouveriez-vous choquant que la colonie étrangère, à

Paris, eût un délégué auprès du Conseil municipj Un riche touriste allemand est beaucoup plus in ressé qu'un rôdeur de Clignancourt à la beauté Champs-Elysées et à la sécurité du Bois de Boulog

Cléricalisme.

Les questions religieuses sont à l'ordre du jo Jamais on n'a tant parlé des querelles de ménage sire État et de dame Église que depuis leur divoi Depuis la Réforme, le catholicisme s'est constitu l'état de contre-réformation perpétuelle ; l'idée ne pas tomber dans le protestantisme le sidère comme celui-ci se pique de hardiesse, d'indépenda et de libre examen, celui-là exagère la docilité, timidité et l'autorité. De là une attitude hargneus boudeuse. Or, toutes les sociétés, les religieuses corr les financières, ne vivent que de confiance. Le P devrait faire crédit aux évêques, comme les évêq aux prêtres, les prêtres aux fidèles et les fidèles ; infidèles. Mais ce n'est pas le chemin qu'on prenc il ne semble pas, par exemple, que, pour la nomi tion des évêques, le Saint-Siège soit enclin à ace der seulement un droit de présentation à l'asseml du clergé de France, ni que, dans une telle ass( blée, les évêques soient disposés à faire place è simples clercs, ni que les uns et les autres accepl d'un très bon œil l'intrusion dans leurs petites af res des « cardinaux laïques ». C'est qu'il est routes si dures à remonter ! Il faudrait, pourtant, remonter. Les mœurs ont changé, le paternalisrr fait son temps, la méfiance n'est plus de mise, la c trainte se retourne contre ses auteurs.

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