CLÉRICALISME
N'a-t-on pas été jusqu'à l'accusation de gallicalisme à propos du choix conjugué des évêques par ?ux-mêmes et par le pape ? Il devrait être permis pourant de penser que tout bon plaisir a ses inconvenants, et que les élections du Saint-Siège gagne- •aient à s'exercer sur les listes de candidats que dresseraient évêques, clercs et fidèles. La façon imperurbable dont le système contraire est appliqué n'est )as sans susciter quelque inquiétude chez les specateurs désintéressés. Je sais bien qu'en ces matières lélicates les événements sont receleurs de surprises, ;t que les grandes forces obscures qui mènent les îommes se jouent de nos petites prévisions. Rien ne ut plus amusant que de voir les efforts de cet individualiste forcené qu'était Waldeck- Rousseau aboutir à la charte corporative de la loi de 1901, et rien l'est plus intéressant que de regarder ce farouche léfenseur de l'Union de l'Église et de l'État qu'est Pie X forcer tout le monde à vivre sous le régime le ilus séparatiste qui se puisse voir. Car la loi Briand,il aut le reconnaître, était un vulgaire Concordat ; sauf e budget des cultes et la « feuille » de M. Dumay, *ien n'était changé, et Ton pouvait môme prévoir beaucoup plus de relations qu'auparavant entre les ex- :onjoints; tandis qu'avec le non possumus des dernières encycliques, plus le moindre contact, rien ! Et ces nterminables discussions, ces tirades enflammées, ?ur la propriété des biens d'Église, sur la spoliation le la Révolution, sur le vol du budget des cultes, qui aboutissent à un refus absolu des présents d'Artatercès! Vraiment, pour que l'Église fasse fi ainsi de toutes les richesses temporelles, il faut que des cou-
rants invisibles et irrésistibles circulent sous et ce
tre nos petites volitions humaines, et cela enec
n'est pas pour déplaire au désintéressé spectateui
Les vaincus ont toujours tort. Gela est vrai c
salles de scrutin comme des champs de bataille.
partout chacun aime à s'expliquer aisément sa défa
en accusant ses chefs ou ses compagnons d'arm*
Pour tel ou tel, la grande faute des catholiques
France, ces éternels battus du champ électoral, c'*
le manque de discipline. Je crois bien que c'est p]
tôt le manque de gros bataillons, et il est intéressa
alors, de se demander pourquoi la masse indifférer
soutient les anticatholiques de préférence aux cath
liques. Il y a d'abord à ceci une bonne part de co
tingent. La masse soutient toujours le parti au pc
voir, et une série de circonstances a fait que celui
est depuis une génération le parti républicain, leqi
a chez nous une tradition cléricophobe. La sagess
à ce propos, ne consisterait-elle pas pour un pays
dissocier le régime et le parti, à avoir une monarch
servie par des républicains, ou une république ser\
par des monarchistes? L'expérience que nous fîm
de ce dernier régime, après la guerre, ne fut pas ma
vaise. Le malheur est que notre tempérament nati
nal, très logicien et un peu gros, répugne à c
nuances, et que les jours de scrutin voient toujou
écraser ceux qui sont suspects de tiédeur pour l'o
thodoxie régnante. A cette explication logique qu'c
en joigne une téléologique : Jacques Bonhomme
horreur du gouvernement des curés, parce qu'ils o
la manie de s'enquérir tout le temps de ce que voi
croyez et ne croyez pas, et de la façon dont voi