CLÉRICALISME
croyez, et de ce que vous mangez et si vous avez des dispenses, et de ce que vous lisez et si ce ne sont pas des livres défendus ou mal vus, et de ce que vous observez et pourquoi vous ne pratiquez pas plus souvent tel devoir de dévotion, et où vous allez et avec qui vous flirtez et jusqu'où, et, si vous êtes marié, de ce que vous faites avec votre femme et elle avec d'autres, toutes choses irritantes et exaspérantes, au point qu'il ne servira de rien de lui dire que neuf catholiques sur dix ont la même horreur que lui pour ce genre d'inquisition, et qu'il votera mordicus pour le mangeur de curés; celui-ci, au surplus, sort presque toujours d'un collège congréganiste, et il y aurait gros à parier qu'à la base de son anticléricalisme se trouve quelque rancune, assez légitime, de potache que l'on contraignit à d'intempestives pratiques. Et ainsi la grande faute des catholiques serait plutôt la grande faute du catholicisme II faudrait que l'Église renonçât 5 une foule de gênes inutiles, à la manie de la surveillance, à l'index, à la casuistique d'alcôve, au célibat des prêtres, au mode auriculaire de la confession individuelle, qui n'est nullement lié au sacrement de pénitence, à la manie aussi de « mettre la \vrilé en charades > comme disait à propos du Syllabus un grand prélat belge. Et aussi il faudrait que ses fidèles renonçassent à leur goût fâcheux pour le bras séculier qui implique le plus indéniable manque de confiance en leur propre cause — car si elle est divine, elle se tirera bien d'affaire toute seule. — Que ce soit chez eux sentiment de faiblesse, ou précaution contre autrui, ou vanité simple, leur alliance avec un pouvoir temporel quelconque est regrettable, et ils
doivent voir aujourd'hui qu'ils auraient mieux f; de secouer, quand ils le pouvaient, le Concordat i nom de la liberté, et qu'ils méritent un peu aujou d'hui qu'on le leur colle au corps du côté qui grat au nom du bon plaisir.
Godes.
L'heure du centenaire du Gode Napoléon, aurait < êlre choisie pour reviser nos Codes, et il est à regn ter que nos gouvernants n'aient pas eu l'idée i déléguer leur pouvoir législatif à une Commission p< nombreuse et soigneusement composée qui se sen chargée de cette grande œuvre. Quoique nos Cod tiennent encore, par grandes masses, il y aurait tant i complications à simplifier, tant de fiscalités à détruii tant de maquis de la procédure à débroussailler ! défaut de cette revision qui serait, en somme, u codification nouvelle et qui en aurait les inconv nients très graves, comme il serait à désirer qu'il eût, chaque année, des congrès de jurisconsultes i les magistrats se rencontreraient avec des sociologu et des administrateurs, et où on étudierait, avec 1 peu de largeur d'esprit, la meilleure interprétation donner à tant de textes obscurs. Cela reviendrait, c rez-vous,à faire faire les lois par les congressistes non par les députés. D'abord, pas tout à fait. Et pu quoi ? Les lois votées par le Parlement sont si et diées ! Le pouvoir réglementaire de nos parlemec d'ancien régime qui pouvaient paralyser les ordoi nances des rois en refusant de les entériner, n'avf rien d'absurde; et aujourd'hui encore, on sait qu'ai États-Unis, par exemple, la Cour suprême a le drc