‹ Pour causer de toutChapitre 26 sur 138 · CONCORDAT · texte numérisé non relu

CONCORDAT

rançais pour que soit instituée la Liberté spirituelle l'après Auguste Comte, et non seulement la Séparaion despotique des Églises et de l'État. Séparation lespotique, le mot est malheureusement exact. Tout hez nous se fait par voie d'autorité. Je n'irai pas usqu'à dire, comme l'autre, que je n'ai jamais vu en Tance un vrai libéral, mais il faut bien avouer que lotre tempérament national est réfractaire à la toléance. Au fond le Français est toujours un peu jaco- >in, c'est-à-dire fielleux, ergoteur et tape-dur. Ceci ans distinction de parti; d'ailleurs le pur jacobin de 792 était nationaliste et monarchiste. Avec une jareille « cérèbre » la liberté spirituelle n'a pas beau eu, et la fameuse séparation se résoudra sûrement in un régime plus policier que jamais. Tout au plus, •ans couleur d'adoucissement, renforcera-t-on ceraines sanctions des anciens articles 204 ou 207 du >)de, par exemple en remplaçant l'exil, qui n'effraie >lus personne depuis l'ère des billets Cook, par une )onne villégiature à Fresnes. Et voilà comment nous Mit» ndons la liberté des consciences et le libre exerces cultes « sous les seules restrictions ci-après lans l'intérêt de l'ordre public », comme s'exprime suavement l'article 1er de la loi nouvelle. Les écornés crieront. On ne sera pas en peine de leur clore le bec. « L'art suprême du gouvernement est de savoir l'heure exacte où la tolérance devient de la complicité. Malheur à ceux qui masquent la faiblesse criminelle derrière une insuffisante légalité, le pays les rejettera flétris pour n'avoir pas su vouloir, même îu prix du sang, le défendre et le sauver. » Qui parle ainsi? Un Père Didon. Quand je vous disais qu'il y

a des jacobins partout ! Quelqu'un a dit, en mourant : «J'ai toujours aimé la liberté des autres ». Ce quelqu'un n'était pas, soyez-en sûr, un de nos compatriotes.

Au fond, Séparation ou Concordat, cela n'a aucune espèce d'importance, en comparaison de l'esprit dans lequel l'un ou l'autre de ces régimes sera appliqué. Tolérance ou intolérance, tout est là. Quand on va au fond des choses, on voit vite que les concordats sont des séparations, et que les séparations couvrent des concordats. En quoi, dans notre convention, à nous, du 26 messidor an IX, le bras séculier doit-il agir à l'appui du pouvoir spirituel, et en quoi l'arsenal ecclésiastique est-il mis à la disposition du Gouvernement? Je sais bien qu'on a vu un ministre de la Guerre menacerd'une caserneimmédiate des séminaristes qui renâclaient devant une ordination d'évêque suspect, mais cette mauvaise plaisanterie pourra se produire, si l'on a tel ministre de la Guerre, sous le régime le plus séparatiste. Je sais encore qu'actuellement (1905) l'État salarie le clergé, mais l'État pourrait subventionner les églises même sous un régime de séparation. Par contre, une fois la séparation faite, il y aura toujours un concordat latent et quelque négc* ciation en cours avec le Saint-Siège. Croit on que la France se désintéressera de la question de savoir si le Pape va nommer un évoque italien à Tunis, espagnol à Oran, allemand à Nancy ? Il est donc probable qu'après le vote de la loi ce sera à peu près comme avant, sauf pour les fidèles qui auront à sortir 40 millions de plus de leur poche; ils se consoleront en pensant que les non-fidèles en font autant

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