CONSTITUTIONS
fonctionnaires, et d'écarter ceux qui, dans leur indifférence pour les principes, s'attacheraient aux formes d'une Constitution libre, mais laisseraient s'en dénaturer l'esprit. » Rudement inquisitorial. « Le gouvernement a, bien entendu, le droit de mettre en vente les biens du clergé, de refuser l'existence aux ordres religieux, et de réduire la liberté religieuse à une union toute spirituelle pour ceux qui croient aux mêmes dogmes. » C'est, on le voit, le pur libéralisme à la genevoise.
Constitutions.
Toute machine est intéressante à démonter, et une constitution a bien droit à autant d'attention qu'une automobile. Elle peut être d'ailleurs, dans son genre, aussi secourableou aussi dangereuse. Quand on juge de haut les lois « portant organisation des pouvoirs Dublics », il faut se garder de deux illusions, l'une ï'est que tout relève d une constitution, l'autre, c'est que rien n'en dépend. Nos pères ont à l'excès sacriîé à. la première, mais peut-être sommes-nous en rain de trop céder à la seconde. A voir les choses marcher en dépit de tout, et les nations prospérer ou décliner sans que les gouvernants semblent y avoir une part bien claire, on est porté à croire que cette part est nulle: est-ce aux lois qu'il faut faire honneur Je l'application des ouvriers, de l'habileté des patrons, du génie des inventeurs? A cela on pourrait répondre, d'abord, que les constitutions n'ont pas plus à favoriser les découvertes que les laboratoires n'ont à calmer les passions électorales, et ensuile, que justement quand il s'agit de calmer ces passions, on
s'aperçoit vite qu'il y a de bons et de mauvais procédés. Assurément une fois les seconds remplacés par les premiers, tout continuera à dépendre de notre bon sens et de notre bonne volonté à tous. Mais c'est déjà beaucoup que ces qualités soient mises en état de se manifester. Une constitution qui agirait de façon à transformer, par exemple, les salles de scrutin en champs de bataille, ferait juste le contraire. Sans aller jusque-là, nos lois constitutionnelles, dans trop de cas, favorisent la discorde, la rancune, la fraude, la violence, et par suite la mauvaise administration, et la mauvaise direction politique. Tout cela est sans nul doute déplorable. Or si tout cela pouvait changer en modifiant quelques articles de lois, comme on serait blâmable de ne pas le faire !
Contre-révolution .
Il ne suffît pas, pour sauver le monde, d'anathématiser V Equivoque démocratique. Qu'est-ce qui n'est pas équivoque, en politique, et s'il est vrai que démocratie signifie envie et haine, pourquoi ne commencerions-nous pas par tordre le cou à ces deux mégères qui, elles, ne sont pas équivoques du tout ? Démocratie, aristocratie, words, words, comme révolution et contre-révolution. Sur ces derniers, Joseph de Maistre, dès 1797, avait dit le mot définitif : « Faire la contrerévolution, ce n'est pas faire une révolution contraire, c'est faire le contraire de la révolution. » Beaucoup de gens abusent aujourd'hui de ce mot contre-révolution. Bloc, contre-bloc, tout cela, ensanglanté ou enfariné, ne dit trop qui vaille. Nous autres nous préférons dissocier, et en cela notre pointe subtile ne