COUTUME
Coutume.
Sous un titre assez incomplet, la Coutume de Paris, ît à propos d'une procédure de droit tout à fait techlique, de la liquidation de la communauté à la dissolution du mariage, M. Poulenc, simple clerc de îotaire, a publié un livre en vérité fort remarquable, et )ar l'enthousiasme dionysien qui le fait s'enflammer >our ou contre tels arcanes de la patrocine, et par le :oup d'oeil avec lequel il distingue sous les textes les aits, et sous les arrêts de la jurisprudence les homnes, et enfin par la leçon qui ressort de toutes ses >ages et qui n'irait à rien moins qu'à faire rétablir la Coutume, seule juste et sage, à la confusion de ces aonuments de pédantisme, de réglementation et [uelquefois d'ânerie que sont les Godes. D'où le regret qu'il n'ait pas fait dire à son titre, au risque de allonger à la mode ancienne, ce qu'il voulait: « La Coutume de Paris, ou le Triomphe de la volonté com- Qune,dans lequel il est montré que la pratique habiuellfl continue, en matière de régimes matrimoniaux,
'îrvivre au Gode Napoléon, et malgré lui, parce [u'elle est plus juste, et plus sage, plus commode et lus plaisante que lui. »
Voilà donc un livre que les juristes feront bien de 1 pas ouvi ir,car ils y seraient scandalisés trop contiûment par le fond, et aussi par la forme, mais les honnêtes gens», comme on disait au grand siècle, amuseront à voir traiter en style vivant, parfois lême avec un accent gavroche, des questions de rocédure et de législation qu'on est habitué à ouïr octoraliser par des pontifes en perruques à marteaux.
Ces pontifes sont d'ailleurs d'aussi grands jurisconsultes que les médecins de Molière étaient de grands savants ; il faut avoir suivi les cours des Facultés de droit pour savoir jusqu'où peut aller la frénésie de la glose, le fétichisme de l'a fortiori, et la loufoquerie du qui dicit de uno negat de altero; et comme, sous ces brocards pédants, se jouent la paix, la fortune, l'honneur et la vie des pauvres humains, on peut dire que les légistes sont les animaux les plus dangereux et les plus sots de l'espèce humaine. Aussi prend-on un malin plaisir à les voir culbutés par de compétents et souriants praticiens. Le spectacle de ces illustres rédacteurs du Code Napoléon bafouillant à qui mieux mieux sous l'œil narquois du général Bonaparte, « drapé dans son beau manteau directoire et le chef couvert d'un immense chapeau à longues plumes », oubliant le conjoint dans le droit successoral, comptant les dettes du défunt dans l'actif, obligeant le mineur même rothschildien à faire un inventaire, et le tuteur des mineurs à vendre les immeubles patrimoniaux, évaluant gravement le droit de l'illégitime au tiers de l'autre, se voilant la face devant la réserve coutumière, et confondant d'ailleurs les acquêts et les conquêts, ce spectacle, dis-je, serait bien propre à nous guérir de notre vénération pour les lois et les faiseurs de lois, et à nous réconcilier avec la Coutume, la modeste, la sage, la seule juste Coutume. Mais ne nous berçons d'aucun espoir ; le vent est à la manie législationnelle, et plus que jamais voyons-nous aujourd'hui nos huit ou neuf cents arrière-petit-fils de Minos s'arroger le droit de bouleverser, contraindre, empêcher et confisquer. Le