‹ Pour causer de toutChapitre 32 sur 138 · CRÉDIT RURAL · texte numérisé non relu

CRÉDIT RURAL

dernier tarif successoral voté par le Parlement avec sa progression justicière venant mourir aux pieds des millionnaires, comme le soldat de Marathon devant les Dieux de la cité, restera un de ces monuments à côlé duquel les rédacteurs des Codes eux-mêmes se sentiraient dépassés. Il ne nous reste qu'une lueur de chance à nous autres, serfs de l'article, c'est que les magistrats finissent par s'asseoir sur la loi, et je pense ici moins aux actes du président Magnaud qu'aux idées des professeurs Bufnoir et Saleille, mais combien il est dur d'attendre son salut de derrières môme magistratoriaux I

Crédit rural.

Il est attristant d'avoir à constater que tout ce qu'on fait pour le crédit agricole se retourne contre la terre; la propriété foncière ne meurt pas du défaut d'argent, elle meurt de sa dette. Tout ce qu'on a dit sur le crédit agricole est agio ou bluff ; le Crédit Foncier et toutes les institutions de banque analogues n'ont jamais servi à la culture, pas même à l'acquisition, puisque la plupart des prêts à long terme consentis aux propriétaires ruraux sont résiliés au bout de quatre à six ans; sous prétexte de favoriser le crédit on pousse à l'emprunt, et on ruine l'exploitation. Sur un capital foncier de 107 milliards, la spéculation financière a gagé 125 milliards de valeurs de papier, et les émissions se sont faites dans des conditions (tirages de valeurs à lots, parexemple)qui ne laissent aucun doute sur le peu de préoccupation de l'intérêt agraire. En réalité, il n'y aurait de bon crédit agricole que celui qui serait ouvert dans l'intérêt exclu-

sif de l'exploitation, et pour cela il faudrait substituer le principe du crédit personnel à celui du crédit réel ; le propriétaire n'emprunterait plus sur hypothèque mais sur signature, c'est-à-dire qu'il ne trouverait plus de prêteurs que parmi ses amis et voisins ; il les trouverait d'ailleurs suffisamment, car l'exploitation agricole n'a pas besoin de grands capitaux comme la bâtisse ou l'achat des domaines ; à ce point de vue les syndicats agricoles, en provoquant les caisses rurales, sont appelés à renouveler le crédit des campagnes.

Credo.

Pour nos habitudes latines, le spectacle est tout d'abord incohérent d'un pays à la fois de plus en plus chrétien et de plus en plus incrédule, dans le sens d'indifférent aux credos. Et pourtant cela est, aux États- Unis. Une des raisons des progrès du catholicisme au pays yankee, c'est justement qu'en faisant admettre tout de suite son credo il permet de ne plus en entendre parler. Aussi bien on va vers l'unitarisme ou le méthodisme qui, eux, n'ont pas de credo du tout. Le résultat est le même. Alors en quoi dans ces pays-là consiste le lien religieux? Mais tout simplement en une sympathie de sentiments tendres et forts, ceux qu'on voit si bien exprimés dans les Psaumes et les Prophètes (d'où l'importance dominante de la Bible) et si bien personnifiés dans les Évangiles (d'où la persistance non moindre du christianisme). Et assurément de ce point de vue bien des choses changent. Il importe peu qu'on réponde oui, oui, oui à un formulaire quelconque. Mais il importe énormément

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