‹ Pour causer de toutChapitre 36 sur 138 · GRISES AGRICOLES · texte numérisé non relu

GRISES AGRICOLES

a eu des cohéritiers; or toute hypothèque est grosse d'une vente forcée. Ici les efforts qu'on a faits pour faciliter le crédit agricole se sont retournés contre l'agriculteur. Ce qui importe enfin, c'est que la propriété ne soit pas écrasée par les charges de toutes sortes, parmi lesquelles ce ne sont pas les impôts directs qui sont les plus gênants (au bout d'une génération, les impôts nouveaux sont incorporés au sol et ne sont plus ressentis) mais les taxes indirectes de mutation et autres qui gênent les acquisitions et détruisent le crédit personnel, et pis encore les honoraires des hommes d affaires et les abus de procédure; les frais judiciaires absorbent 50 0/0, et pour les petites ventes 100 00, du prix de la terre.

Heureusement il y a des remèdes ; quelques-uns sont si simples qu'on est stupéfait de ne pas les voir adoptés sur-le champ par nos seigneurs. Pour obtenir l'insaisissabilité du patrimoine rural, il suffirait de le placer sous le régime dotal, ce qui évite de recourir à ces termes effrayants de homeslead et de bauerhofy « grands mots que plus d'un croit des termes de chimie. » Pour faire bénéficier le propriétaire rural de la purge des hypothèques, il suffirait d'étendre à tous la procédure simplifiée qui est le privilège du Crédit Foncier. Pour réformer le cadastre, il suturait de laisser se créer de lui-même le grand-livre de la propriété foncière, en permettant aux syndicats agricoles de procéder aux bornages généraux quand ils le veulent. Pour rendre supportables les droits de mutation, il suffirait de les transformer en taxe d'abonnement, comme il a été l'ait pour les valeurs mobilières et les biens de main-morte. Pour couper court

aux extorsions des agents d'affaires et officiers ministériels, il suffirait de dire que l'agriculteur est juridiquement un commerçant, comme il l'est bien en réalité, ce qui lui permettrait d'agir sans intermédiaire obligatoire, d'user de laprocédure commerciale et de trouver le crédit professionnel dont il a besoin. Pour faciliter ce crédit, il suffirait de ne pas gêner les sociétés locales de crédit agricole mutuel qui reposent sur l'idée de confiance rurale personnelle substituée au gage réel; ni l'hypothèque ni le warrant ne valent la signature pour le vrai crédit. Pour favoriser l'échange des parcelles, supprimer les enclaves, arrondir les ténements,il suffirait de laisser les syndicats agricoles de remembrement pousser aux bornages contradictoires à valeur juridique. Et tout cela est facile, très facile. Quant aux réformes plus difficultueuses, plans généraux de l'assurance obligatoire agricole, de l'amortissement de la dette agraire de 20 milliards, de la suppression du monopole de fait résultant des tarifs de chemins de fer, du rachat des offices ministériels, de la liberté testamentaire, et de la plus difficile de toutes, de l'adoucissement des impôts, eh bien, soit, on attendra un peu...

Critique.

En choses d'art ou de littérature, la critique est niaiserie quand elle n'est pas cuistrerie (oh 1 les pondeurs de comptes rendus qui se rengorgent : Comprendre, c'est égaler!); mais en matières conlroversables, c est autre chose; d'abord il n'est pas si commode de « comprendre > un philosophe ou un sociologue, tandis que tout grimaud de lettres peut y

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