CULINAIRE (ART
lier de son « salon » ou de son « samedi » ; ensuite, n ne peut guère critiquer un système sans en esquiser un autre, le sien propre, et ce genre d'esquisse aut parfois le tableau complet, alors qu'en art plasique, comme disait le sculpteur Danguin, l'indication le la chose n'est pas la chose ; enfin le critique d'idées le peut pas ne pas laisser filtrer un peu du philoso- >he dont il parle, alors que le critique littéraire peut ort bien écrire le livre le plus assommant sur le génie e plus admirable. Et voilà pourquoi Schérerluimême e laisse encore lire, alors que nul ne se souvient l'Armand de Pontmartin.
Culinaire (Art).
Fâcheux produit de notre temps cosmopolite que 'uniformisation de l'artcher à Brillât-Savarin; quand m voyage, c'est la même cuisine qu'on retrouve d'un )Out à l'autre de l'Europe dans tous les « Palaces »; )our goûter les sauces locales il faut aller dans les lôtels secondaires, et c'est un vrai malheur à l'horijon ; déjà les assaisonnements sont d'une banalité iéplorable; que sera-ce si, de par la prédominance les voyageurs anglais, c'est la cuisine anglaise qui init par l'emporter? C'est que nos voisins tiennent erriblement à leurs insipidités 1 Je lisais naguère dans es lettres de la duchesse Decazes la description d'un 'estin londonien en 1825 qu'on jurerait d'hier :« Quel singulier dîner ! Une table très peu servie, des plats recouverts de cloches, le tout en plaqué. Quand on levait la cloche on trouvait quelques pommes de terre bouillies. Il y avait à chaque bout de la table deux autres plats, un de poisson, un de bœuf rôti. Le dîner
fut long. On fit passer beaucoup devins. Tout était bien mauvais. Cependant le dîner coûta 1200 francs.» Si c'est là l'avenir que nous prépare la Compagnie des grands hôtels internationaux, il y a de quoi devenir nationaliste.
Décentralisation.
La décentralisation sera spontanée ou elle ne sera pas. Et tant vaudront les hommes, tant vaudra l'institution. Croire que le bien social va résulter d'une nouvelle répartition géographique, ou que la vie locale va se réveiller à la promulgation d'un décret, autant se gargariser avec du vent. D'autant que la décentralisation est une arme à deux tranchants, et que dans les mains de tels représentants du peuple, ce serait un simple outil à tyranniser sans frein les gens du cru. Il faut bien l'avouer ; avec nos mœurs actuelles, la décentralisation politique serait le pire fléau ; il n'y a pas de plus dangereux adversaires pour les monuments, pour les paysages, pour les traditions, pour les libertés locales que les soi-disant représentants de la localité. Demandez plutôt à M. Charles Normand, à M. André Hallays et à tous ceux qui aiment vraiment et intelligemment les provinces. Je constate la chose pour Nîmes, ma ville, depuis vingt ans : tout naguère encore (1902), le maire de cette ville, un sot nommé Crouzet, vient d'y saccager le Jardin de la Fontaine, d'un rococo charmant, pour y mettre des gazons et de chamaerops; toutes les fois qu'il se commet une niaiserie, un vandalisme, un sacrilège d'art, on trouve la main d'un maire, d'un adjoint, quelquefois, hélas, d'un architecte ou d'un membre de