‹ Pour causer de toutChapitre 39 sur 138 · DÉFENSES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

DÉFENSES PUBLIQUES

toire des sociétés humaines. Au sortir de tant de gros livres de phraséologie pédante ou banale, on hennit ;de plaisir à galoper à la suite de Demolins dans les 'toundras sibériennes ou dans les steppes herbues du ITurkestan. Van Gennep me disait : « Demolins ne (s'est peut-être pas douté de la profondeur de ses vues.» iSi, au contraire, et je crois que cette haute et juste opinion qu'il avait sinon de lui, du moins de sa science rsociale, qu'il regardait comme la seule vraie (sa Revue à lui s'appelait et s'appelle encore la, Science sociale) jest pour beaucoup dans le ton d'assurance avec le- [quel il professe, et qui n'est pas sans lui avoir nui dans l'esprit de certains lecteurs. Ce qui lui a nui encore, c'est la note familière qu'il prend trop volontiers,et qui, chez quelques-uns de ses collaborateurs, M. d'Azambuja ou M. Philippe Ghampault, tourne presque au parler journalistique. Si les études de M. Champault sur la Société Achéenne ou sur les Car.ir.tniers d'Odin avaient été écrites en style grave, leur auteur serait reconnu comme un des érudits les plus personnels de notre temps

Dépenses publiques.

« Saluez ce milliard, vous ne le reverrez plus», disait, à propos du premier, Royer-Collard il y a moins de cent ans. Nous venons de saluer le quatrième (qui en tenantcomptedesbudgetslocaux est le cinquième), et ce ne sera pas le dernier. On verra le pays sécréter mieux que 6 et 7 milliards. Le revenu total des Français s'évalue à 21 ou 22 milliards, dont 7 représentant des revenus et 15 des salaires, et l'histoire aous montre des peuples supportant des impôts qui

leur extorquaient jusqu'à 79 0/0 de la richesse produite (c'est du moins le chiffre que Taine donne pour le paysan de l'ancien régime). Il se pourrait donc que nous vissions un jour des budgets totaux de 12 à 15 milliards, et l'on s'étonnera alors des cris d'effroi qu'on jetait en 1908 à l'idée d'en dépasser 5. Alors, sans doute, on aura atteint la limite extrême; les capitaux auront fondu ou émigré ; les salaires resteront seuls : comme ils auront baissé, eux aussi, par suite de la ruine des capitalistes et de la paralysie progressive du pays, ils ne pourront pas supporter le poids de l'impôt. Il y aura non seulement banqueroute des fonds d'État, cela va sans dire, mais liquidation générale de toutes les lois d'assurance et de prévoyance, de tous les services d'instruction et d'assistance, de tous les organismes de défense et de circulation ; et nous nous trouverons à peu près dans la situation des Gallo- Romains après la liquéfaction de l'Empire, libérés des anciennes entraves, mais ruinés et respirant à peine, avec cette différence qu'au lieu d'être entourés de royaumes barbares aussi faibles que nous, nous serons cernés par un tourbillon d'aigles à une et à deux têtes fort attentifs à nos râles ; nous n'aurons même pas la consolation d'avoir cuit dans notre jus, il n'y aura plus de jus.

Députés.

La non-rééligibilité des députés devrait être un des points décisifs de la future réorganisation politique' Aujourd'hui tout chez nos représentants est soumis à l'idée fixe de la réélection. La chasse aux bulletins de vote devient haletante au fur et à mesure qu'on

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