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EMPIRE (SECOND

sentants. Le second Empire n'eût-il organisé que ces consultations nationales, et la chose était facile en remplaçant les cartes d'électeur par des enveloppes et en facilitant le vote au moyen d'imprimés sur lesquels les demi-illeltrés n'auraient eu qu'à biffer ce qu'ils repoussaient, qu'il aurait droit à notre reconnaissance. Mais il pouvait faire autre chose encore. Il pouvait, au lieu de chercher un personnel répressif judiciaire avant tout dévoué à la dynastie, établir sa magistrature sur une base indépendante en obligeant, pour chaque nomination ou avancement, le Garde des Sceaux à suivre les indications fournies par une Commission mixte d'hommes de loi et de notables établie au siège de chaque Cour d'appel. Il pouvait, au lieu de chercher à accroître les prises du pouvoir central sur les petits pouvoirs locaux, libérer, au contraire ces pouvoirs, ne pas se contenter des maigres essais de décentralisation qu'il fit vers la fin, mais carrément enlever aux maires leur rôle de fonctionnaires et par suite leur interdire la garantie du fameux article 75 de la Constitution de l'an VIII, proclamer pour tous ces gérants des deniers locaux la responsabilité du droit commun, ce qui aurait été la conquête la plus considérable que les libertés publiques eussent faites depuis 1789. 11 aurait pu encore — et c'était son intérêt de se débarrasser de ce nid de serpents — proclamer toutes les libertés d'association, d'enseignement, des cultes, de la presse ; nous voyons combien celle-ci est inoffensive pour le parti au pouvoir, et nous prévoyons aisément combien celles-là le seraient aussi. Il aurait pu enfin, avant de rétablir le parlementarisme qui, ainsi endi-

gué, n'aurait plus été dangereux, prendre d'autres mesures de précaution contre l'esprit départi; à côté de l'élection brutale dont la candidature officielle soulignait la grossièreté, user de procédés plus savants, représentation proportionnelle, cooptation, tirage au sort môme. Rien de tout cela n'a été essayé, et l'occasion perdue est regrettable, car on ne sait pas quand elle se représentera jamais.

Enfants (criminalité).

Une des préoccupations des criminalistes est le nombre croissant des délinquants précoces. Les mineurs qui ont eu maille à partir avec la justice ont plus que doublé depuis soixante ans. D'où cela vientil? D abord, contrairement à Lombroso, l'hérédité, et contrairement à Durkheim,la socialité, ne jouent pas un grand rôle dans la criminalité juvénile. S'il y a plus de suicides ou de délits de jeunes gens au printemps, ce n'est pas à cause de la reprise des affaires à ce moment de l'année, mais de l'excitation à l'école buissonnière ou au plaisir des sens que provoque cette saison, La grande source de l'enfance coupable, c'est la mauvaise éducation, celle de la famille et celle de la rue. Presque toujours le mineur qui tourne mal vient d'un foyer fâcheux, faux ménage ou mauvais ménage. On a même remarqué que les orphelins de père et de mère, souvent recueillis par des établissements charitables, donnent une proportion de délinquants bien moindre que les orphelins d'un côté seulement, le conjoint survivant se refaisant une famille, légitime ou non, où l'enfant du premier fit est maltraité. En outre, toujours, le mineur qui

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