‹ Pour causer de toutChapitre 46 sur 138 · ENFANTS (CRIMINALITÉ · texte numérisé non relu

ENFANTS (CRIMINALITÉ

dévie le fait à la suite de mauvaises fréquentations. De là le danger du vagabondage des enfants; pour la fille qui quitte la maison paternelle, c'est à peu près sûrement la prostitution ; pour le garçon, c'est la mendicité, le dévergondage, la maraude. Tout cela n'est pas le délit spécifié, mais y mène. Le chemineau n'est supportable que dans les vers de M. Jean Richepin — et encore! Les remèdes à cet état de choses sont malaisés. Pour la mauvaise éducation de la famille, que faire? Rien ne dit que la suppression du divorce relèverait la dignité du mariage, ou qu'une aggravation de sévérité pour l'adultère accroîtrait le respect du lien conjugal. Ce qu'on pourrait au contraire relâcher, ce serait la puissance paternelle que nous concevons par trop à la romaine; il faudrait que, sur la simple adhésion de deux parents ou de quatre voisins, le commissaire du quartier pût faire prononcer par le juge de paix l'émancipation d'un enfant qu'on mettrait dans une école professionnelle aux frais de la famille peu digne ; il faudrait surtout que les parents n'aient plus le droit, sans une enquête sérieuse contresignée par les mêmes parents ou voisins, de faire enfermer leur enfant dans une de ces maisons dites de correction, et qui devraient s'appeler de corruption. M. Joly a raison d'employer ici les mots de « lettre de cachet » et de « Bastille >. Tous ces enfants-là qu'on englobe sous le nom de « moralement abandonnés > valent moins que les jeunes détenus. Pour la mauvaise éducation de la rue, la difficulté est pire, et ceux qui font la chasse aux photographies de poses plastiques se satisfont à vraiment bien bon compte. Tout ce qu'on peut faire,

c'est d'exiger la fréquentation très régulière des écoles ; dans les villages suisses on va jusqu'à mettre à l'amende les parents dont les fils sont trouvés dans les rues après une certaine heure, mais nous ne sommes pas en Suisse. Voilà comme préventif. Pour le répressif, il faudrait remplacer les colonies pénitentiaires à effectif nombreux et à discipline féroce par un vaste choix d'établissements privés (écoles, colonies, fermes) n'ayant chacun que quelques pensionnaires et dont les directeurs, aussi laïcs qu'on voudra, pourraient à loisir poursuivre une œuvre de redressement. Le temps, par malheur, n'est pas favorable à la charité privée, et il est à craindre que l'État, dont les établissements sont pourtant inférieurs à tous les points de vue, finisse par supprimer une concurrence qui lui est humiliante. Enfin, après la répression, il ne faut pas oublier le reclassement • beaucoup d'oeuvres particulières s'en occupent, le Comité de défense des enfants traduits en justice, la Société des prisons, le Patronage des jeunes libérés, la Société de protection des engagés volontaires ; là encore il faudrait que l'État n'intervînt pas trop; la Suisse, où il n'intervient pas du tout, n'a que 4 0/0 de récidivistes parmi ses libérés ; nous en avons dix fois plus.

Enfants (suicide).

Le suicide des entants est toujours le résultat d'un ébranlement psychique, d'un déséquilibre. Tantôt c'est l'enfant qui naît hyperesthésié,soit par suite d'une mauvaise hérédité, soit par l'effet d'une disposition personnelle fâcheuse, tantôt c'est le milieu

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