ESPRITS JUIF ET PROTESTANT
façon ; les morceaux distribués sont moins copieux, mais ils sont beaucoup plus nombreux, et le contribuable perd plutôt au change.
Esprits juif et protestant.
Y a-t-il un esprit juif? Beaucoup d'israélites aujourd'hui le contestent, et notamment M. Georges Brandès, qui traite cette idée de blague française, mais autrefois la plupart revendiquaient volontiers pour eux une singularité, et même supériorité, intellectuelle. C'est pour savoir lesquels avaient raison que M. Maurice Muret, comme M. Duhring en Allemagne, a étudié divers grands hommes de race israélite, et a écrit son livre, V Esprit juif . Livre sérieux, impartial et point suspect, semble-t-il, puisque l'auteur n'est ni catholique, ni français. Or sa conclusion, c'est qu'il y a bien une psychologie des israélites et que, chez les penseurs qu'on pourrait croire le plus complètement libérés de l'esprit de race, et qui, même, furent mal vus de leurs frères, persécutés comme Spinoza, dissidents comme Nordau, transfuges comme Heine, déracinés comme Disraeli ou Karl Marx, persiste de la façon la plus indélébile le sceau ethnique. Tout ceci me semble indéniable. Maintenant en quoi consiste cet esprit juif? C'est ce que M. Muret ne s'était pas donné mission d'étudier, et ce qui serait délicat à éclaircir. Le milieu israélite contient, probablement, comme tout autre milieu, des échantillons de tous les caractères bons et mauvais, et pour ma part je n'oserais rien rattacher à sa race de ce qu'on lui attribue d'ordinaire, pas même le socialisme, en dépit des vieux
prophètes. Il suffit d'ailleurs, pour qu'il soit légitime de parler de l'esprit juif, que cet esprit existe, ou seulement encore que les juifs croient et veuillent qu'il existe. Or, jusqu'à aujourd'hui il en a été ainsi, et c'est parce que ce caractère a été persistant que tous les autres ont varié d'aspect ; pour se différencier des peuples au milieu desquels il vivait, l'hébreu a été obligé de changer lui-même. C'est ainsi, qu'après avoir été d'un monothéisme intransigeant dans le milieu antique, il a été panthéiste dans le moyen âge chrétien, et il est maintenant plutôt athée dans le milieu christianisant moderne ; de même, il a été individualiste en Orient et socialiste en Occident ; encore il fait du mimétisme avec Brandès après avoir exaspéré son caractère d'élection avec Disraeli ; ou bien il est antimilitariste en France et jingoïste en Angleterre ; mais sous tous ces chatoiements subsiste l'idée fondamentale de race, et au fond tous pensent, comme M. Nordau,que «les juifs sont une nation au même titre que les autres nations d'Europe ». Est-il besoin d'ajouter que, pour ma part, je ne trouve cela ni absurde, ni ridicule, ni illégitime ?
La contre-partie, il est vrai, c'est que l'esprit juif peut se trouver en opposition avec l'esprit du milieu habité par les juifs, et cela s'est vu bien souvent dans l'histoire. Nous-mêmes en savons quelque chose. Mais, dans la fameuse Affaire, ce qui fut étonnant ce ne fut pas certes que les événements aient si bien illustré la boutade prophétique de Bismarck trente ans auparavant: « Empoignez un juif quelque part, vous entendrez crier des quatre coins de l'Europe I » ce