‹ Pour causer de toutChapitre 52 sur 138 · EXPOSITION UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

EXPOSITION UNIVERSELLE

la persistance du caractère ethnique au cours des tiges, est indéniable. A première vue, chacun de nous se croit aux antipodes de son voisin ; qu'avons-nous de commun avec ceux dont les sottises prétentieuses nous stupéfient dans les conversations ou les discours publics ? Oui, mais qui sait si nous ne leur produisons pas à eux un effet répercutif, et si un Huron ne nous mettrait pas tous dans le même sac ? Il y a dans les jugements que portaient les Romains ;ur les Gaulois des remarques qui nous vont comme an gant. Rien ne ressemble à un marquis de la Cour Je Louis XIV comme un lord du temps de Jacques II, nais enlevez perruques et rhingraves, le marquis ^ouis XIV ne sera-t-il pas plus proche d'un seigneur les Valois ou d'un député aux États généraux de 1789 que d'un compatriote de Shakespeare ou de Pitt ? La question devrait tenter un iconographe.

Sxposition universelle.

M. Charles Gide a publié en quelques pages un )ilan de l'Exposition universelle de 1900 dont les ïhifires seraient à retenir. L'Exposition a coûté 119 millions (juste autant que Versailles, Trianon et kfarly; il est vrai qu'un million sous Louis XIV en vaudrait 4 à 5 aujourd'hui) dont 30 consacrés à des xmts ou palais durables et 90 brûlés ad pompam et >sfen(nlionem. En y joignant les frais faits par les exposants, on arrive à un total de 322 millions, soit

million 1/2 par jour, puisque la foire n'a duré que pn'lques mois. Il ne semble pas y avoir eu trop de roulage; pourtant II. Gide cite la clôture des chaniers, simple palissade, qui a coûté 322.000 francs, et

les rapports officiels qui sont revenus à 16.000 francs le volume. Heureux imprimeurs ! Heureux charn, pentiers ! Des 300 millions, chiffre rond, qu'il a falli trouver pour couvrir les frais, les visiteurs n'en on; fourni que 44 ; le reste a été fourni par les exposants, 200, ou par les contribuables, 54. L'Exposition si on pense à ce dernier apport, ne s'est pas clost en excédent de 7 millions, comme le fait croire soi bilan particulier, mais en déficit de 33. M. Gide s'er console en pensant au boni moral. « Peut-être a-t-ell< préparé les grands actes de fraternisation internationale auxquels nous applaudissons en ce moment. Hélas ! Pencre de cette phrase était à peine sèche que les Peaux-Jaunes se mettaient à fraterniser avec les Cosaques d'une façon toute touchante.

Fédéralisme.

Il est des gens qui, pour résoudre le problème de la décentralisation, n'ont besoin que d'un crayon bleu. Les atlas sont bons enfants, et la géographie politique se prête à tout. Il y a six-vingts ans, nos pères trouvèrent que 32 provinces, ce n'était pas assez; le crayon bleu parut et 86 départements scissiparitèrent. Aujourd'hui, leurs dignes descendants, voyant que les choses ne vont pas mieux, se disent que peut-être bien c'est la faute aux quatre-vingtsix circonscriptions, qui sont trop, et le crayon blei s'appointe qui va les réduire des deux tiers ou des trois quarts. Ce jour-là, assurément, nous monterons au Capitole 1

Ici comme ailleurs, les bonnes intentions — est-il besoin de le dire? — n'ont d'égales que les illusions.

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