FÉDÉRALISME
,es uns s'imaginent que les économies réalisées iraient plantureuses, les autres que les autonomies 3cales s'épanouiraient, et tous que « le Parisien », e retour au pays, ne serait plus sur la grand'place objet de l'admiration et de la jalousie générales, lélas ! la décentralisation a contre elle d'autres obsîcles que la petitesse des Basses-Alpes ou la pauretédes Côtes-du-Nord. Tant que Paris aura 3 unions d'habitants, tant que le réseau de nos voies ;rrées restera en toile d'araignée rayonnante, tant ue la masse allemande pèsera sur notre flanc endo- >ri, tant enfin que notre tournure d'esprit national ardera le pli des dix ou quinze derniers siècles, la écentralisation ne sera bonne qu'à servir de musade oratoire aux naïfs électeurs et aux subtils élus. En matière de réorganisation territoriale de la rance, les novateurs sont, en général, bien timides, eurs plus grandes hardiesses consistent à accoler 2 1 3 départements, 4 au plus, ensemble. Ils arrivent nsi à ramener nos 87 départements aux 19 corps armée, ou aux 26 Cours d'appel ou aux 32 ancienas provinces. Le beau résultat I Qu'on refasse l'anenne Savoie, croit-on (outre qu'Annecy y perdrait 2aucoup, Chambéry n'y gagnant pas grand'chose) ue le Conseil général qui siégerait à la capitale ^présenterait, avec ses 8 arrondissements au lieu 3 4, beaucoup plus de force et d'indépendance visvis de Paris ?
Mais si l'on veut faire véritablement de la décen-
alisation politique, c'est-à-dire avoir des régions
Usez importantes pour vivre d'une vie propre tout
p collaborant à la vie nationale, il faut trancher
dans le grand, et se résigner à ne pas vouloir fair< ] de Nîmes ou de Montpellier, de Besançon ou d I Ghambéry des capitales. La France est, en somme I un petit pays, et depuis les chemins de fer et le I télégraphes, un très petit. Ses régions sont peil nombreuses et toutes tracées par la nature ; les bas j sins de la Seine, de la Loire, de la Garonne, di I Rhône, voilà les principales ; ajoutez-y le plateau central, le littoral méditerranéen, le versant du Rhin Cela nous fait, en somme, sept pays.
La Parisienne, la Nantaise, la Bordelaise, la Mar- 1 seillaise, la Lyonnaise, la Nancéenne, la Biturige I voilà ce qu'on peut dire nos Sept Pays de France. Il: s'équilibrent bien, quoiqu'un n'ait que sept départe- 1 mentset un autre quatorze. Mais surtout ils répondem à des réalités. D'abord à des réalités géographie ques : littoral de la Manche, littoral de l'Atlantique littoral du golfe de Gascogne, littoral de la Méditerranée, vallée du Rhône, plateau central, plaine de l'Est. Ou encore : bassin de la basse Seine, bassin de la haute Seine, bassin du Rhône, sousbassins de la Méditerranée, bassin de la Garonne, bassin de la haute Loire, bassin de la basse Loire. Aussi à des climats : rhodanien, séquanien, limousin, breton, vosgien, girondin, méditerranéen ; à des cultures, à des boissons nationales : vins de Bordeaux, vins du Midi, vins de Bourgogne, vins de Champagne, vins de la Loire, cidre de Normandie ou bière de Flandre. Ensuite à des réalités politiques, chacun des sept pays (sauf le pays de Bourges) regardant vers un peuple différent, Paris vers la Belgique, Nancy vers l'Allemagne, Lyon vers la Suisse,