‹ Pour causer de toutChapitre 66 sur 138 · INSTRUCTION · texte numérisé non relu

INSTRUCTION

toutes ces pétarades, et Karl Marx nous semble aussi grotesque que Ricardo. Toutefois les passions qui animent ceux qui se réclament de ces deux bonzes n'en sont pas moins vivantes et puissantes. Plus que ïamais il y a des gens qui ne veulent pas être embêtés et d'autres qui veulent embêter tout le monde, et :omrae il en sera toujours ainsi, on peut être sûr que le duel des individualistes et des socialistes n'est 3as à son dernier acte. C'est pourquoi il faut en pren- Ire son parti, et les laisser poursuivre leur intermiîable querelle sans croire que tous les individualistes ont d'abjects bourgeois ventrus, ni que tous les sociaistes sont de sinistres jobards infatués, et même sans e donner trop de mal pour soupeser leurs argu- Qents ; cela n'a aucune espèce d'importance.

nitiatives.

Je n'ai jamais trop compris pourquoi les champions e l'initiative individuelle étaient à priori si hostiles l'initiative de l'État. L'une ne peut guère aller sans autre, puisque c'est du même milieu que sortent les litiatifs tant particuliers que fonctionnaires. Tout ce l'il faut souhaiter, c'est que les uns et les autres ne i paralysent pas, et avec un peu de bon sens et de pn vouloir, on y arriverait vite, ce qui est dire, n'estî pas, qu'on n'y arrivera jamais.

struction.

Jusqu'ici je n'ai trouvé le panégyrique de l'ins-

i«'tion que dans la bouche non seulement de jobards,

; la va sans dire, mais d'ânes bâtés. Les vrais savants

'Dussent la modestie de leur savoir parfois jusqu'à la

coquetterie du contraire. Et ils ont raison. Ce n'est ni l'instruction, ni la littérature, ni l'art qui importent, ce sont les découvertes et les chefs-d'œuvre. Instruire le peuple? Si l'on commençait par désidiotiser les rois? Et nous en avons bien, rien qu'en France, huit à neuf cents !

Instruction publique.

La principale, la seule réforme scolaire devrait être la suppression de l'Instruction publique. On donnerait un milliard aux Universités qui en feraient leurs choux et leurs raves sans avoir comme aujourd'hui à supporter l'intrusion des maîtres Jacques de la politique. On laisserait ensuite l'enseignement secondaire se tirer d'affaire tout seul, c'est-à-dire les neui dixièmes des lycées et des collèges faire faillite, et à leur place se dresser en liberté et en variété quelques Écoles des Roches et force institutions professionnelles. Enfin on supprimerait purement et simplemenl le budget de l'instruction primaire en le remplaçant par un goupillon d'amendes dont on aspergerait les enfants qui ne sauraient ni lire ni écrire ni compter à l'âge de douze ans, et, avec eux, leurs parents, leurs tuteurs, leurs instituteurs, etc. ; ceux qui récidiveraient au moment du tirage au sort ne seraient admis à commencer leur temps de service que quand ilsauraient le strict minimum déjà dit. Et nous gagnerions à cela chaque année 150 millions qui sont carrément jetés à l'eau sous prétexte d'école laïque, gratuite et obligatoire. Il est vrai que le véritable but de l'école primaire n'est ni l'instruction, ni l'éducation mais la politicianisation ; quand il s'agit de savoir

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