JAPON
on conservera ou non les écoles normales, on fait valoir que « le régime républicain n'a peut-être pas de plus fermes soutiens » que leurs nourrissons. Il est bien regrettable, à ce propos, que des succès alternés de partis, comme en Angleterre, où, M. Bardoux en fait le compte, le régime a changé six fois depuis 1874, n'aient pas convaincu les députés de l'inutilité électorale des écoles ; la croyance contraire où se trouve la postérité des 363 que la persistance de sa [vogue tient à l'action de l'instituteur nous coûte le [revenu de quatre milliards par an; c'est un peu beaucoup.
Jacobinisme.
Quel Français aura le courage de s'avouer que i'est de la syphilis jacobine que nous pourrissons ?
(Nous préférons nous étourdir et nous enorgueillir, ransformer nos roséoles en auréoles, et entonner,
Imôme après Sedan, môme après Fachoda, l'inévitable couplet sur la Grande République, la Cité Lu-
|mière, les Principes de 89 et les Géants de 93.
Fapon.
On n'étudiera jamais assez cet étrange monde qui |se révèle. Les événements de ce dernier lustre renversent toutes nos idées sur la hiérarchie des races, Uurle cours de la civilisation, sur la prévision de l'ave- Sans croire précisément au péril jaune, il faut admettre au moins l'équilibre du jaune et du blanc. m devra vivre avec ces nouveaux frères. Sera-ce acile ? Les bons Anglais, qui se figuraient être plus >rès des Japonais que des Russes parce que les Japo-
nais avaient des Chambres et que les Russes n'en avaient pas encore, dépassent les bornes de la naïveté, si naïveté il y a. Déjà beaucoup sentent sinon un abîme, du moins un fossé bien profond entre eux et leurs bons amis ; en dépit de ses merveilleuses qualités intellectuelles, le Japonais est, au moral, un être fâcheux ; il paraît qu'on ne peut avoir confiance ni dans les négociants ni dans les juges du Nippon. Autre mauvaise note : la mousmé qui a vécu avec un Européen ne veut à aucun prix se remettre avec un Japonais. Gela prouve, tout au moins, que cet Extrême- Orient a beaucoup de progrès à faire pour pouvoir vraiment fraterniser avec nous. Il ne tient qu'à lui d'ailleurs de les effectuer ; l'énergie morale que ce peuple a montrée sur les champs de bataille donne bon espoir, beaucoup plus que sa souplesse intellectuelle qui pourrait bien être surfaite ; jusqu'ici, tamtam dans les coins, le Japon contemporain n'a produit ni un vrai grand savant, ni un vrai grand artiste, ni un vrai grand penseur ; ce qu'il a donné de mieux ce sont des généraux, mais on se demande si leurs meilleurs hommes de guerre auraient fait grand'chose contre d'autres chefs que les Russes ; peut-être un jour découvrira-t-on que tous ces glorieux vainqueurs se sont bornés à appliquer docilement et opiniâtrement le plan à longue portée que leur aura fourni quelque petit officier anglais, courbé en silence sur des cartes et des graphiques, au fond d'un palais noir et or de Tokio...
Il faut reconnaître, au Japon, une action du christianisme qu'on aurait été tenté tout d'abord de nier en se rappelant combien peu mystique est la race jaune,