‹ Pour causer de toutChapitre 75 sur 138 · MARIAGE · texte numérisé non relu

MARIAGE

L'inamovibilité seule, du moment que le pouvoir central tient ses juges par l'avancement, est insuffisante. Recruter les magistrats au concours, c'était le 'projet Dufaure ; les faire nommer par la Cour de cassation qui, à son tour, serait élue par tous les juges, ;'est ce qu'a proposé M.Faguet; les faire choisir par f!e garde des Sceaux sur une liste de présentation dressée par un collège mixte dans chaque ressort de ;Cour d'appel, c'est ce que j'ai suggéré ailleurs moimême ; tous ces moyens sont bons, et l'on pourrait 3n user parallèlement, en en employant d'autres encore. Plus les sources seront nombreuses, mieux cela vaudrait, car le concours seul produit l'infatuation, le choix seul la servilité, la cooptation seule l'esprit de corps ; mais tous ces modes combinés font la dignité, la modestie et le respect des traditions. Si, en putre, les traitements étaient égalisés, avec suppléments automatiques à l'ancienneté, ou proportionnels au nombre d'enfants, de façon à juguler la fièvre de l'avancement, on aurait une magistrature [l'indépendance à peu près parfaite, et l'on pourrait ;e dispenser de tous autres cadres.

tfariage.

Crise du mariage : sujet d'actualité perpétuelle et l'intérêt universel. Personne qui n'ait quelque chose t dire là-dessus, et qui ne tienne à le dire I II est vrai |[ue presque tout n'est que fatras intéressé. Ne de-

raient être prises, si compte on tenait, que les opinons de gens très heureux en ménage et favorables p l'amour libre, ou très malheureux chez eux et hos-

ilesau célibat, ou de positivistes opposés au divorce,

ou de dévots partisans de la dissolubilité, etc., car que m'importe en vérité que tel romancier dont les infortunes conjugales ont fait garnir la presse, ou que tel journaliste qui a toujours aimé à bail de trois, six, neuf, me vante la supériorité de l'amour libre? J'attends donc patiemment qu'un livre féminin vienne enfin affirmer que c'est la lapine qui a commencé, ou qu'un manifeste masculin éclate qui revendique pour la femme seule le droit à la répudiation. Je voudrais aussi voir, un jour, le féminisme intransigeant soutenu par des gars vraiment en butte à la concurrence professionnelle des femmes, par exem-< pie des coiffeurs ou des typographes, car des forts de la halle ou des chefs d'usines ne courent guère' de danger de se voir évincés par des dames. Et je souhaite enfin, par-dessus tout, voir ces questionslà résolues par les parties elles-mêmes. Cultivons notre jardin au lieu de tant gloser sur le jardinage du voisin. Le bonheur universel est facile à réaliser: i que chaque homme rende sa femme heureuse, et réciproquement. Et quand les autres se gourment, ne cherchons pas à savoir qui a raison. M. Novicow affirme qu'il y a des millions de femmes martyrisées par leurs maris; en pays cosaque, possible. Chez nous je sais un mauvais plaisant qui, lorsqu'on parle d'une femme rossée par son époux, soupire : Le pauvre homme, faut-il qu'elle lui en ait faitl

Marx (Karl).

Que le marxisme n'ait pas le sens commun, croyez bien que cela ne diminuera pas d'une calorie le bon feu dont brûlent ceux qui ne jurent que par Das Kapi-

MÉTAUX PRÉCIEUX 2l7

[/.C'est que ceux-ci se moquent pas mal des camoufîts que la réalité donne à leur catéchisme! Que sur lus les points les prédictions du Grand Homme se ,'ient cassé le nez et ses systématisations muées en Irbosités pures, que l'étalon-heure de travail soit iie niaiserie, et la loi d'airain une fausseté, et l'acfoissement du prolétariat une autre, et la concen- 'ation des capitaux une autre, et la catastrophe fatale

îe galéjade, cela n'empêchera pas que le collectirsme ne soit une force, nous le voyons, et par consé-

ient ne soit éminemment respectable comme toutes B choses puissantes.

létaux précieux.

IProudhon, dont le robuste bon sens s'exerçait à «!îur joie sur le minable Gabet, avait sa panacée : la oppression de l'or ou de l'argent. Les métaux prékux étaient, en effet, allés en se raréfiant dans les «rnières années de la monarchie de Juillet et la i/olution de 1848 avait été, ce dont ses auteurs et llectateursne se doutèrent pas, la conséquence de la l se ; celle-ci fut heureusement calmée par l'arrivée H premier or californien en 1849, mais pouvait-on Ivoir dans le fracas des journées de juin ? Prou- Hon, saisissant bien la cause du mal, avait proposé Ijremède : la généralisation de la lettre de change llrmettant de se passer de numéraire. C'est le sys- Ine, au fond, que préconise, aujourd'hui encore, un pjhe industriel socialiste de Belgique, M. Solvay, le Bnptabilisme social. Mais de deux choses l'une : ou i'-'agit d'améliorations financières de détail, chèque Krré, clearing house, warrant, et nous nageons en

plein hideux capitalisme ; ou il s'agit d'une main mise de la société sur tous les échanges, et cela sup pose la même mainmise préalable sur toutes les pro ductions, théorie sur quoi daubait si bien Proudhor Ici encore, ce qui arrange les choses, ce ne sont pa les faiseurs de systèmes, ce sont les metteurs d main à la pâte, ingénieurs et mineurs. Le monde besoin d'or comme il a besoin de blé et de charbon et de façon grandissante ; la crise deNew-York(190*< a été le résultat de la moindre production depui dix ans des mines du Transvaal. Le moyen vraimen scientifique de prévenir les crises de ce genre, c sera d'accroître l'extraction de l'or, et peut-être d créer une monnaie nouvelle en métal plus précieux platine ou iridium, qui reléguera l'or au rang actue de l'argent et qui, en accroissant le pouvoir libers toire des choses, rendra à la civilisation mille foi plus de services que tous les bémols de M. Jaurès, ( tous les pizzicati de M. Georges Sorel.

Mévente des vins.

On doute de l'efficacité de la répression de la fraude Pourtant si on commençait toujours par là ? Un vi goureux sulfatage de cuivre à la magistrature !

Misère.

M. Novicow pose parfaitement le problème de 1 misère, qu'il définit la pénurie de consommations e la solution d'icelui qui ne peut consister qu'à aug menter la disponibilité des dites consommations Tout ce qui tend à activer la production est bon;tou ce qui tend à la ralentir est mauvais. D'où cette coi

Page 1