‹ Pour causer de toutChapitre 79 sur 138 · MORALE SEXUELLE · texte numérisé non relu

MORALE SEXUELLE

tendre IMais commentée démographomaneconvaincra-t-il ceux qui ne sont pas si sûrs que cela que la surpopulation soit un bien absolu, ou comment se rassurera-t-il lui-même s'il remarque que notre petit accroissement de population ne vient que de quelques départements où la survivance de la religiosité est plus déplorable que partout ailleurs ?

Morale sexuelle.

La morale sexuelle est un des sujets qui préoccupaient le plus Tarde. Dans ses causeries comme dans ses livres, la hantise de l'amour se faisait jour à chaque instant ; V « éternel féminin » n'était pas pour f lui un simple cliché, toujours quelque fine odor di Idonna parfumait ses subtiles rêveries, et pourtant aucun de ses livres n'est consacré à ce sujet capital .de l'attraction sexuelle. Eros, présent partout, n'a pas de temple à lui dans le vaste domaine de ses œuvres ; il aurait bien fini sans doute par le lui élever, mais la jalouse Atropos ne l'a pas permis, et les quelques pages que, sous ce titre Morale sexuelle, pu- Iblient les Archives d'anthropologie criminelle, ne sont (qu'une esquisse, moins encore, une poignée de frag- •ments de ce qui aurait pu être un si charmant et si capricieux palais. Elles n'en ont pas moins leurséducion mélancolique, comme toutes les choses qui font •'êver, ruinesde monuments ou ébauchesdetableaux. ?< Que serait une société érotisée au plus haut degré concevable ? On dira que... suicides d'amour. .. Donc ■ il faut refouler... Mais d'autre part l'amour n'est-il >as essentiellement égalitaire, quoique source d'inégalité, maiscompensation ?... Aussi le paradis fermé

faut-il déployer ce ciel terrestre. Les (politiques) ont cru devoir ouvrir toute large la porte de l'ambition, ce qui est autrement dangereux... Tout dépend de la culture d'amour, de sa nature acquise, car sous certaines formes et à condition de rencontrer son objet, il est favorable à la paix sociale... Difficultés de la • rencontre de l'objet... L'analogue des bureaux de placement... Utiliser l'amour malheureux... »

Tarde aurait certainement développé quelque jour une des idées indiquées là et qui lui tenait à cœur, le remplacement comme grande force sociale de l'ambition par l'amour, et la mise de l'amour au premier rang des préoccupations des gouvernements futurs. 11 s'étonnait souvent que les refondeurs de société fussent intarissables sur le pain gratuit, l'habitation pour tous, le pouvoir universel, et si muets sur la satisfaction du besoin d'affection. Je me souviens d'un jour où nous alternions, comme des bergers de Théocrite, de suggestives hypothèses sur ce thème que nos socialistes dédaignent : des distribu- ' tions de prix où les jeunes poètes recevraient, au lieu " de couronnes de papier doré ou de bourses de voya-1 ges, d'officielles courtisanes belles comme Cypris, qui enchanteraient leur vie pendant sept ou quatorze lunes; ou, inspiration chrétienne après rêve antique, des refuges où se retireraient les filles de joie que cette joie°ne satisferait plus, mais qui, au lieu d'être1 les nauséeux couvents d'aujourd'hui, seraient de délicats ermitages de transition, où quelque temps bosquets de Paphos et cyprès de Gluny mêleraient amicalement leurs fragances. Et je retrouve à la fin de ces notes posthumes quelques lignes où je crois

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