‹ Pour causer de toutChapitre 82 sur 138 · NOBLESSE · texte numérisé non relu

NOBLESSE

et à l'expropriation pour utilité publique, il y aura lieu de joindre une expropriation pour convenance privée : voilà tel commerçant qui, pour gêner le développement d'un rival, refuse de lui vendre une enclave, c'est là une mesquinerie qui devrait n'être pas protégée par le dieu Terme. Le fermier devrait avoir le droit aussi d'exproprier son propriétaire, comme les syndicats de remembrement celui de faire des échanges forcés de parcelles. Tout cela avec indemnité, bien entendu, mais réglée d'avance, centuple de l'impôt foncier, par exemple. Par contre la oetite propriété devrait être bien plus rigoureusenent protégée contre le papier, exploit d'huissier ou ;ontrainle administrative ; on ne devrait exproprier e propriétaire d'un champ de 1000 francs que pour Ime dette de 1000 francs ; du coup l'usure agricole lerait réfrénée.

foblesse.

; Qui nous donnera un bon livre sur la Noblesse, lisant combien il y en a eu de successives en France,

it comment chacune s'est élevée, et s'il s'en élèvera 'autres et si nous n'assistons pas à la formation

>.'une, et combien les noblesses seraient autres si lies n'avaient pas l'étiquette nominale, le triple nom es Romains ou la particule des modernes, et si ce ui nous a rendu la noblesse intolérable, à nous si

;iminins de nerfs, ne serait pas la grimace des feîelles titrées beaucoup plus que le parasitisme des lâles à blason. La noblesse française actuelle, si mt est qu'elle existe (car presque tous les noms his- )riques sont éteints, comme on peut s'en convain-

cre, pour sa propre province, en feuilletant les procès-verbaux des élections de 1789) n'a plus qu'une existence mondaine ; mais, chose curieuse à noter, il en a toujours été ainsi, et sous Louis XIV, les nobles de Versailles n'exerçaient pas un rôle social beaucoup plus efficace. Il est vrai que les roturiers qui alors devenaient ministres ou conseillers du roi se hâtaient d'acheter un titre, alors qu'aujourd'hui ils restent Dubois ou Dupont. Beaucoup de choses auraient été peut-être changées dans notre histoire si, comme en Angleterre, le fils aîné avait seul porté le nom nobiliaire, et si les cadets s'étaient remis à « s'appeler comm'tout le monde ». Un peuple supporte une aristocratie de 300 lords, il ne souffre pas une caste de 150.000 nobles....

N'aurait-il pas été possible de créer, en 1789, une seconde assemblée qui aurait forcément amorti la frénésie de la Constituante unique ? Assurément, oui, si les maîtres de l'heure l'avaient voulu; mais Necker était trop indécis, Barentin trop pédant et Louis XVI trop nul ; quant à l'Assemblée, son infatuation et sa couardise ne lui permettaient pas même d'essayer. Ce résultat aurait, d'ailleurs, été, en fait, obtenu, si les trois ordres avaient siégé séparément; la noblesse aurait joué le rôle de modérateur, et s'il y avait eu conflit avec le tiers, le clergé, où les curés avaient l'immense majorité, aurait départagé en faveur du tiers. Si Martin d'Auch, l'unique opposant du Jeu de Paume, avait bien vu cela, son nom mériterait d'être d'être conservé comme celui du plus grand esprit politique, du seul esprit politique de ce temps. Mais il n'en fut pas ainsi, et à quoi cela tint-il ? Peut-être,

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