‹ Pour causer de toutChapitre 83 sur 138 · OBÉISSANCE MILITAIRE · texte numérisé non relu

OBÉISSANCE MILITAIRE

tout simplement, à la négligence de Necker de ne pas assigner un local différent à chacun des trois ordres! Le pauvre homme n'avait prévu que la grande séance d'apparat. S'il avait fait construire quelque part trois hangars confortables, les ordres n'en étaient pas réduits à se disputer Tunique salle des Menus, la Constituante ne se constituait pas, et rien n'arrivait de ce qui est arrivé I Autre question voisine : Napoléon, au lieu des quelques nobles qu'il a timbrés par vanité, n'aurait-il pas pu créer de toutes pièces une vraie noblesse complète, et le souverain français actuel (qu'importe qu'il soit président ou roi ?) ne pourrait-il pas en faire autant, relever les titres disparus, immobiliser de petits fiefs, créer un tribunal pour les mésalliances? L'idée vaudrait la peine d'être considérée, mais qui oserait l'aborder, le regard clair? Je ne sais que Veuillot qui ait dit : Si je le pouvais, je rétablirais la noblesse et je resterais du peuple.

Obéissance militaire.

Un soldat a-t-il le droit, dans certains cas, de désobéir ? L'amusant, sur cette question, c'est que jce sont ceux qui prônaient le plus intraitablement, (autrefois, les baïonnettes intelligentes, qui s'indi- (gnent aujourd'hui de ce que les baïonnettes demandent à comprendre quand on leur dit : En avant 1 Je jpense, toutefois, que môme ceux-là seraient d'avis que l'armée ne devrait charger, à l'intérieur, qu'après proclamation de l'état de siège ; et que, contre de ùmples manifestants, grévistes, sacristains, viticulteurs, il faudrait recourir à la gendarmerie mobile bu'il est question d'organiser. Mais cela ne fait que

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reculer la difficulté : le gendarme mobile pourrait-il, en conscience, refuser de marcher contre des attroupés qu'il jugerait avoir le bon droit pour eux ? Question délicate ! Tel qui dit oui aujourd'hui pour des noirs, dira non demain pour des rouges. Mais voici, à ce propos, une question bien plus redoutable : N'est-ce pas l'excès d'obéissance passive qui a perdu l'armée de Metz ? Assurément, s'il eût suffi, pour changer la face des choses, d'un coup de tête d'un des généraux se révoltant contre Bazaine, on pourrait plaider la cause de la désobéissance; mais il est malheureusement bien probable qu'avec n'importe lequel de ses divisionnaires le résultat final aurait été le même qu'avec lui. Mieux vaut donc que la pauvre vaillante armée ait subi son triste sort ; au moins pouvons-nous la glorifier de son abnégation et nous bercer de ce vain espoir (vain, encore, qui sait ?) qu'avec un autre chef la fortune aurait pris une face nouvelle.

Oppositions.

En matière sociale, tout se ramène à des oppositions, et ces oppositions en recouvrent d'autres plus profondes. Par exemple, le duel du fédéralisme et de la décentralisation n'est qu'un des multiples aspect9 de l'antinomie liberté et contrainte. Mais ce nouveau duel nous le voyons subordonné en gravité à beaucoup d'autres et d'abord à celui de l'énergie et de la faiblesse... Si nous creusons encore, nous trouvons d'autres duels plus profonds : l'énergie n'est pas bonne par elle-même, elle peut être mise au service du bien comme du mal, et voici un nouveau couple

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