PARLEMENTARISME
de l'agriculture, de l'inspection du travail, des postes et télégraphes, bientôt des chemins de fer ; làbas, presque tous ces services sont remplis par des particuliers, des associations ou des institutions locales très indépendantes du pouvoir central. Dans ces conditions, on comprend que le même régime n'engendre pas les mêmes conséquences des deux côtés de POcéan...
Ce qui est mauvais dans le parlementarisme, ce n'est pas le système représentatif, ni la responsabilité des ministres, ni le vote des impôts et des lois, ni le grand nombre des citoyens appelés à exercer des portions du pouvoir public ; c'est, tout au contraire, l'inexistence de tout cela. Quand l'esprit de parti s'est emparé d'un peuple et qu'une secte politique a accaparé le pouvoir, les élus ne sont plus les représentants du pays, mais d'une coterie; les ministres deviennent alors les serviteurs de la faction, et peu à peu les lois en arrivent à être faites pour les gouvernants contre les gouvernés, et les impôts à être votés par ceux qui ne les paient pas et payés par ceux qui ne les votent pas. Un gouvernement a beau se réclamer de la démocratie, il en arrive bien vite à être aussi restreint que la plus pure oligarchie; le personnel jacobin qui gouverna la France pendant toute la Révolution était moins nombreux que l'eusembledes ordres privilégiés, y compris même le haut tiersétat, d'avant 1789; et aujourd'hui, le rétrécissement de fait du pays légal surprend fort l'observateur. Depuis quinze ans, aucune de nos Chambres, calculs faits, n'a représenté plus de la moitié du pays ; certaines loisont été votées par des députés dont les voixd'élec-
teurs réunies ne représentaient que 14 pour 100 du corps électoral tout entier. Et la façon dont l'ancienne noblesse se soustrayait à la corvée et à la taille a son pendant dans l'habileté avec laquelle l'actuelle bourgeoisie a, si longtemps, réservé à ses fils le moyen, en passant de vagues examens, de ne faire qu'un an de caserne. En somme, au bout de cent ans, la société française, soit pour les charges réelles, soit pour les charges personnelles, soit pour la tenure du sol, soit pour la tenure du pouvoir, s'est reconstituée comme avant 1789.
Parsisme.
Il n'y a peut-être pas de religion qui ait connu plus de décadence après plus de grandeur. Avoir été le culte national du plus puissant empire de l'Asie antique, avoir assis sa gloire sur les plus vénérables panthéons, ceux d'Egypte (Gambyse tua de sa main le bœuf Apis), comme ceux de Chaldée (Phraorte enchaîna non pour mille ans, mais pour toujours, Zohak et ses serpents), avoir failli, lors de l'empire romain, l'emporter sur le christianisme lui-même (les basreliefs de Mithra sont plus répandus au ne siècle que les images de Jésus) et n'avoir plus que quelques milliers de sectateurs, cent mille tout au plus, le spectacle est vraiment mélancolique. Même en Perse, où jadis les rois sassanides persécutèrent si cruellement, au nom d'Ormuzd, les communautés chrétiennes, celles-ci l'emportent aujourd'hui sur les derniers fidèles du Dieu national. Les seuls nestoriens du Kurdistan — et que sont ces pauvres nesto-