FRONTON, PIGNON ET GABLE
à une place où il n'a pas sa raison d’être. En un mot, le fronton est, dans l’art classique denos pays, un motif d’ornementation que l'on accroche où l’on veut, sur les niches, sur les baies, dans les remplages, etc. L'architecture du Moyen Age abandonna les frontons ; le pignon (fig. 261) a des FIG. 260. — FRONTON. | côtés obliques répondant aux versants du toit, et ces côtés se rencontrent suivant un angle plus aigu que les rampants du fronton classique ; de plus, les naissances de ces rampants ne sont pas reliées par une moulure horizontale, et le mur monte d'une venue jusqu'au faîte.
C'est de la construction pure.
Quant au gâble (fig. 262), l'idée en est différente. C’est proprement un mur léger, triangulaire comme le pignon, mais qui or- FIG. 261. — PiGNoN. dinairement ne répond pas à la coupe transversale d’un toit. Le gâble est posé au-dessus d’une baie, qu'il enveloppe ; il en. encadre la partie supérieure et en charge les pieds-droits pour les assurer contre la poussée de l'arc ; il sert de prétexte à un peu de mouvement dans les lignes de l'édifice. Les premiers gâbles sont romans. Au xIII siècle, on décore les gâbles de trèfles ou d’autres fgures; peu après 1250, on les ajoure (fig. 263), ou bien le remplage dont ils sont garnis peut être appliqué sur un mur plein. Le gothique finissant a fait des gâbles très compliqués, dont les rampants prennent parfois des formes infléchies.
Pignons et gâbles portent souvent, sur les rampants, des crochets et au sommet, un ornement végétal en forme de bouquet : c'est le fleuron.
La décoration des arcs. — L'archivolte est une moulure
ou un groupe de moulures concentriques à l'extrados de l'arc